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Le nouveau chef de l’Etat sud-coréen, Moon Jae-in, salue ses partisans à proximité de la « Maison Bleue » (siège de la présidence), à Séoul, le 10 mai 2017. LEE JIN-MAN / AP

Le nouveau chef de l’Etat sud-coréen, Moon Jae-in, salue ses partisans à proximité de la « Maison Bleue » (siège de la présidence), à Séoul, le 10 mai 2017. LEE JIN-MAN / AP

Le Monde

Moon Jae-In, un ancien avocat spécialisé dans la défense des droits de l’homme, a commencé mercredi matin son mandat de président de la Corée du Sud, scellant l’élan de son pays vers le changement, après un scandale de corruption retentissant. Ce scrutin anticipé, organisé sur fond de tensions aiguës avec la Corée du Nord, a été organisé pour remplacer l’ancienne présidente, Park Geun-hye, au centre d’une énorme affaire de concussion qui a provoqué sa chute. En cause notamment, une confidente de l’ombre de l’ex-présidente, Choi Soon-sil, accusée d’avoir profité de son influence pour extorquer des dizaines de millions de dollars à de grands groupes.

Selon les résultats définitifs de la commission électorale nationale, M. Moon, 64 ans, candidat du Parti démocratique de centre gauche favorable à une forme de dialogue avec Pyongyang, a obtenu 13,4 millions de voix, soit 41,1 % des suffrages. Son plus proche rival, le conservateur Hong Joon-pyo, issu du parti de la présidente déchue, est arrivé loin derrière, avec 24,03 % des voix, suivi du centriste Ahn Cheol-soo (21,4 %). « Je serai le président de tous les Sud-Coréens », s’est exclamé M. Moon devant ses partisans sur la place Gwanghwamun, à Séoul, où des millions de citoyens s’étaient massés plusieurs mois durant pour exiger le départ de Park Geun-hye.

La campagne s’est largement focalisée sur l’économie, la Corée du Nord étant passée à l’arrière-plan. Le futur locataire de la « Maison Bleue » veut réformer les chaebols, ces conglomérats familiaux comme Samsung ou Hyundai qui contrôlent l’économie et dont le scandale Park Geun-hye a mis en lumière les travers. Il souhaite aussi créer 500 000 emplois par an. Il devra pour cela constituer des alliances, son parti comptant 119 des 299 élus à l’Assemblée nationale.

Mais après dix ans de règne conservateur, la victoire de M. Moon pourrait signifier un changement considérable de politique vis-à-vis de Pyongyang et de l’allié et protecteur américain. M. Moon prône le dialogue avec la Corée du Nord afin de désamorcer les tensions et de l’inciter à négocier. Il veut aussi plus de distance avec les Etats-Unis. « Si besoin, je partirais tout de suite à Washington, a-t-il déclaré. Je me rendrai également à Pékin et Tokyo, et même à Pyongyang si les conditions sont réunies. » 

M. Moon a déclaré qu’il mènerait des « négociations sérieuses » avec les Etats-Unis et la Chine au sujet du déploiement en Corée du Sud du bouclier antimissile américain Thaad. Donald Trump a laissé entendre récemment que la Corée du Sud devait payer la facture pour le déploiement de Thaad, soit un milliard de dollars, ce qui a déplu à Séoul.

Cette annonce a semé le trouble quant aux relations entre Séoul et Washington, 28 500 soldats américains étant déployés au pays du Matin-Calme.

Tag(s) : #Asie, #Corée du Sud

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