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De quoi Macron est-il le nom ? Quel est le devoir des communistes ? par Georges Gastaud

La signification historique du quinquennat MACRON et les tâches des communistes et des progressistes de France

par Georges Gastaud (PRCF) – Le 18 mai 2017

La triste mission historique du gouvernement Macron : enterrer les acquis du CNR et l’Etat-nation issu de la Révolution française

Il ne s’en cache même pas : Macron et son gouvernement de droite ont pour but même plus dissimulé de poursuivre et d’accélérer la guerre de classe menée par l’oligarchie contre les conquêtes sociales, culturelles et politiques issues de la part progressiste notre histoire nationale. En ce sens, le nouveau chef d’Etat, qui veut  cyniquement dynamiter le Code du travail, ubériser tous les rapports sociaux (guerre aux statuts et aux conventions collectives !), remplacer les retraites par répartition issues de la Résistance par la très aléatoire « retraite à points », substituer la concurrence sauvage entre établissements à l’Education nationale (donc aux diplômes et aux qualifications nationales, avec d’énormes dégâts prévisibles sur les salaires…), se situe nettement dans la continuité des Raffarin, Sarkozy et autre Hollande… pour ne pas remonter à Mitterrand-Delors et à Pompidou-Giscard (1) qui leur ont, de longue main, préparé le terrain.

Mais l’essentiel n’est sans doute plus là : Macron, l’ « homme nouveau » porté par la finance internationale, encensé par la « grande presse » et parrainé par le tandem Merkel/Obama, est investi – à tous les sens du mot – d’une mission de classe proprement historique : Macron est en effet mandaté pour substituer à l’Etat-nation français, incurablement marqué par l’héritage jacobin, communard, laïque, dreyfusiste, communiste et résistant, les futurs « Etats-Unis d’Europe », la « reconfiguration » régionaliste du territoire national, l’ « Union transatlantique » (combien de temps le TAFTA mettra-t-il après l’élection allemande pour revenir à l’agenda ?). Il s’agit aussi pour Macron, qui affirme cyniquement que « la langue française n’a pas besoin d’être défendue », d’officialiser le tout-anglais totalitaire que le syndicat patronal Businesseurope veut imposer comme « la langue des affaires et de l’entreprise » (dixit le Baron Seillères, parlant en 2004 au nom de Businesseurope devant le Conseil européen). Tout cela  figurait déjà dans le Manifeste du MEDEF intitulé Besoin d’aire et publié en décembre 2011 par Mme Laurence Parisot, soutien éminent d’En Marche. Et ce paquet fort cohérent de mesures antinationales et antisociales devrait bientôt prendre, tambour battant, la forme du « saut fédéral européen » qui était le véritable enjeu, en forme de revanche sur le 29 mai 2005, de ce second tour de la présidentielle que certains ont cru bon de travestir en « scrutin antifasciste ». Par « saut fédéral européen », on entend très concrètement :

  • Un nouveau pacte supranational hyper-contraignant qui, tout en « sanctuarisant » le noyau dur des traités actuels (austérité sans fin, gestion de l’euro par une BCE régentant les budgets nationaux, Partenariat stratégique de l’UE et de l’OTAN sur fond d’« économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée ») qui parachèverait le transfert de la souveraineté des Etats-nations vers le « gouvernement de la zone euro ». Un Pacte auquel le « parlement de la zone euro » cher à l’euro-atlantiste Hamon (2) viendrait apporter une apparence de légitimité.
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  • Déjà un nouveau traité européen concocté par Merkel et Hollande attend dans les cartons des eurocrates bruxellois. Décidément, le « socialiste » Hollande et le « républicain » Edouard Philippe, et surtout, Mme Merkel, doivent bien rire du farcesque « barrage antifasciste » que toute une partie de la « gauche radicale » s’est escrimé à scénariser pour (se) dissimuler le véritable enjeu de classe du 6 mai : l’obtention du consentement populaire biaisé à la future constitution de l’Etat fédéral européen dont l’écrasante majorité des Français ne veulent pourtant toujours pas ! Il est pourtant très improbable que le Non populaire du 29 mai 2005 et les grandes luttes qu’il a permises (révoltes pour les retraites, contre le CPE, contre la Loi travail…) s’avèrent rapidement solubles dans le brillant numéro d’illusionnisme auquel se livre Macron pour euro-réinitialiser la vie  hexagonale…
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  • La construction d’une « défense européenne » encadrée par l’OTAN », portant les dépenses militaires à 2% des PIB nationaux (comme l’ont exigé à la fois Trump et Clinton) et dessaisissant la France de sa maîtrise sur l’arme nucléaire. Ce qui, dans les conditions présentes et alors que l’armée française de métier, réduite dans ses moyens de défense nationale, empêtrée dans des missions de maintien de l’ordre et dispersée dans des opérations néocoloniales caractérisées, reviendrait à priver la France – et surtout une future France 100% insoumise à l’ordre dominant – de toute capacité à défendre ses choix contre les diktats de l’Axe Washington-Berlin-Bruxelles et de leurs collabos hexagonaux.

Briser la Nation pour rendre irréversibles la casse sociale…

De la sorte, l’ubérisation générale de la société par Macron, avec n’en doutons pas, le soutien direct ou indirect des LR et du PS peu ou prou débarrassé des « frondeurs », sera en quelque sorte « parée » et « calée » à l’international au sein d’une nouvelle Sainte-Alliance contre-révolutionnaire et « contre-réformatrice » ; car telle est cette «construction européenne » que bénissent dans son principe Pierre Laurent et aussi hélas, les dirigeants des confédérations syndicales affiliées à la Confédération Européenne des Syndicats. Le nouvel Etat fédéral supervisé, de près par Berlin, et de loin par Washington, veillera alors à ce que les énormes régressions sociales, sociétales, culturelles, institutionnelles, pédagogiques, linguistiques même, qui s’annoncent, soient frappées au sceau de l’irréversibilité, et par là même protégées contre une éventuelle «insoumission » française par la conjuration institutionnalisée, voire «constitutionnalisée », des oligarchies euro-atlantiques coalisées par un Super-Maastricht II. Car que pourrait à l’arrivée une France carrément insoumise au MEDEF et à l’UE si dans un avenir proche, toutes les décisions véritables se prenaient officiellement à Bruxelles (et officieusement à Berlin) ? Le peuple français serait ainsi placé sous tutelle pendant que l’approfondissement de la régionalisation (en fait, de la « länderisation » à l’allemande) du pays se poursuivrait « en marche forcée », mettant fin à la « République une, laïque et indivisible » issue de l’An II… et que les négociations sur les conditions de travail, les salaires, les horaires, se mèneraient en fait à l’échelle des entreprises poussées au moins-disant social par la logique de la « concurrence libre et non faussée » ?

 

 

Bref, si l’on accepte une minute de se mettre dans la tête des oligarques qui méprisent notre vieux pays frondeur et qui se fantasme tous peu ou prou en « traders » anglo-saxons, Macron a reçu pour mission – et le fait qu’il y parvienne ou pas dépendra contradictoirement de sa détermination et de nos résistances ! – de devenir l’homme historique, au sens hégélien du mot, qui, tout en chantant la Marseillaise (les yeux ridiculement clos et la main sur le cœur, à l’américaine !), mettra le point final à l’histoire du trop remuant pays des « Jurées-Communes » et d’Etienne Marcel, de Jeanne d’Arc et des « Jacques », de Marat et de Louise Michel, de Jaurès, de Jacques Duclos et d’Ambroise Croizat. Voire de De Gaulle et de Jean Moulin, ces graines d’« Astérix » devenues totalement insupportables dans le cadre d’une Europe en marche vers le globalisme atlantique…

Un projet antinational certes, et qui devrait dresser contre lui tout patriote digne de ce nom, mais aussi un macro-projet terriblement réactionnaire AUSSI à l’échelle mondiale : en effet, l’euro-dissolution finale de ce qui reste du pays de Robespierre dans le bloc militaro-atlantique, viendrait parachever, en ce 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917, les énormes attentats contre le progressisme universel qu’ont été successivement l’implosion contre-révolutionnaire de l’URSS, la mise au pas berlino-formatée du peuple grec et la tentative impérialiste en cours, dans toute l’Amérique latine, visant à déstabiliser les pouvoirs progressistes pour isoler Cuba. Mais n’est-ce pas Lénine qui, dès 1915, qualifiait l’impérialisme, ce « stade suprême du capitalisme », de société « pourrissante, parasitaire, agonisante, réactionnaire sur toute la ligne » ?

Politique de guerre euro-atlantique et « tenaille » politique hexagonale

Pour assombrir encore ce lugubre tableau, il faut en outre considérer deux données majeures :

 

  • Sur le plan international, la Trilatérale impérialiste qui domine le monde (USA, Japon, Europe allemande) est à la fois unie pour régler leurs comptes aux BRICS, notamment à la Russie et à la Chine (fût-ce par Corée du nord, Syrie ou Ukraine interposées), et divisée depuis que l’accord inter-impérialiste souterrain entre le dollar et la zone euro (dollar faible mondialisé contre euromark fort régionalisé (3)) a été rompu de facto parl’euro-austérité (1), laquelle a provoqué l’écroulement des débouchés commerciaux sud-européens de la grande industrie allemande : chacun a vu la manière humiliante dont Trump a récemment « accueilli » Mme Merkel, mais personne n’a souligné qu’en amont de cette rencontre et depuis plusieurs années, la Banque européenne de Francfort avait de facto fortement dévalué l’euromark en faisant massivement marcher la planche à billets, le but de la BCE étant de permettre au « made in Germany » d’envahir le marché américain que protégeait jusqu’alors l’euromark fort. Et les guerres impérialistes ont toujours été le moyen pour « réguler » le capitalisme en crise, soit par des conflits inter-impérialistes ouverts, soit par des croisades communes derrière l’impérialisme le plus fort et contre les « Etats voyous » désignés comme boucs émissaires.
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  • Sur le plan national, le paysage politique est en pleine décomposition/recomposition. Le FN a certes effectué un bond en avant, notamment en milieu ouvrier, il s’est tristement étendu et banalisé (10 millions de voix au second tour ralliant un fort contingent des voix «versaillaises » de Fillon !), mais en même temps, le parti des Le Pen s’est démasqué en renonçant publiquement à toute idée de rupture avec l’UE et en repoussant aux calendes grecques ses pseudo-réformes « protectrices » (dont l’emblématique retraite à 60 ans) …
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  • J.-L. M. a certes obtenu un excellent score, qui constitue un socle progressiste non négligeable pour les luttes futures, mais à l’approche du second tour présidentiel, JLM a fortement tempéré sa critique de l’UE pour finir d e siphonner les voix de Benoît Hamon (n’eût-il pas mieux valu occuper le terrain ouvrier déserté par le FN suite à l’euro-recentrage revendiqué de Marine Le Pen ?) pendant que la direction du  rabattait insidieusement sur Hamon, puis appelait sans retenue à voter Macron au second tour en présentant ce vote grossièrement patronal comme un « barrage antifasciste ». Si les vrais communistes continuent de refuser ...
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Tag(s) : #Politique française

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