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Manuel Valls et Emmanuel Macron, le 8 février 2016. Depuis fin 2015, ces deux-là se sont lancés dans une guerre de tranchées. 

"canempechepasnicolas"

Notre blog n'a pas l'habitude de publier des articles de rumeurs et de cancans. Cependant la relation faite par "Le Point" des rapports entre Manuel Valls et Emmanuel Macron démontre, s'il en était besoin, des meurs  en cours dans le marigot du pouvoir. Et quand l'un s'est fait propulser Président de la République au nom de morale, il est bon de soulever le voile sur ce Rastignac de la politique...et sur son concurrent !

Le Point

Valls-Macron, une lutte à mort

Entre l'ancien chef du gouvernement et son ministre, après l'idylle, les rapports sont vite devenus explosifs. Retour sur une rivalité sans merci.

Il faut entendre Emmanuel Macrondans le documentaire sur les coulisses de sa campagne diffusé sur TF1 lundi soir, évoquer le cas de Manuel Valls... « C'est une vraie trahison sans prise de risque personnelle. S'il y a un traître là, quelqu'un qui a flingué Hollande, c'est Valls. » Et d'aller plus loin en parlant d'une tentative « d'impeachment de l'intérieur ». Des mots d'une rare violence dans la bouche de celui qui ne cesse de prôner « la bienveillance » à l'égard notamment de ses adversaires politiques.

Mais Manuel Valls, c'est autre chose. Manuel Valls, c'est celui qui l'a humilié lorsqu'il était à Matignon et alors que lui, alors ministre de l'Économie, avait travaillé comme un acharné pendant des mois. Manuel Valls, c'est celui qui a saboté son minutieux travail pour faire passer sa loi pour la croissance et l'activité en lui imposant le 49.3. Le chef du gouvernement sentait déjà que le jeune secrétaire général adjoint de l'Élysée devenu ministre pouvait lui disputer quelques parts de marché.

Tous deux jouaient dans la même cour, celle du renouvellement de la vie politique, des têtes et des pratiques, sur un positionnement social-libéral assumé. Au point que c'est même lui, Valls, trouvant Macron brillant, qui initialement avait supplié François Hollande, à deux reprises ( !), de le faire entrer au gouvernement...

Comment pouvait-il penser qu'il se retrouverait, au lendemain de cette présidentielle qui devait être la sienne, à quémander l'investiture pour les législatives à La République en marche, le tout jeune parti d'Emmanuel Macron, président de la République élu ? Qu'Emmanuel Macron l'inviterait à postuler sur son site internet comme tout le monde, avant de faire savoir qu'il ne correspond pas aux critères ? Et que le PS, en retour, lancerait à son encontre une procédure d'exclusion ? Pour comprendre une telle humiliation, retour sur la lente détérioration des relations entre les deux hommes.

Août 2014, l'idylle

 

C'est Manuel Valls qui a insisté pour que Emmanuel Macron entre au gouvernement.  © DR

 

 

Couverture

 

Valls et Macron sont les deux faces d'une même pièce. Inspirés par Michel Rocard, qui déplorait dans sa dernière interview au Point, en juin 2016, que tous deux soient « loin de l'Histoire ». Puis propulsés par François Hollande comme des figures surnageant dans un quinquennat cauchemardesque. Le brun ombrageux, raide et tranchant, et le châtain solaire, accommodant et diplomate.

Valls, militant pur jus, professionnel de la politique, entré au PS il y a trente-cinq ans, a gravi tous les échelons classiques du parti à coups d'obscurs congrès et d'âpres élections, naviguant tantôt derrière Jospin, tantôt derrière Royal, Fabius, Strauss-Kahn et finalement Hollande.

Macron, ancien banquier d'affaires, a vraiment découvert les arcanes de la politique en 2012 seulement, avec l'élection de Hollande, qu'il a suivi à l'Élysée en tant que secrétaire général adjoint. Un parcours assidu et classique contre une ascension éclair insolente. Un discours solide sur la République, la sécurité, la laïcité du côté de Valls ; une vision aiguë et structurée de l'économie et du travail pour Macron. L'ironie de l'histoire veut que ce soit Valls qui ait propulsé Macron. Il le trouvait brillant, sympa ; il voulait dynamiser son gouvernement, la photo était belle. François Hollande a d'abord refusé, avant d'appeler Macron à la rescousse fin août 2014, après le départ fracassant d'Arnaud Montebourg.

Le 29 août 2015 : provocation

Nul ne se doutait à ce moment-là que Macron prendrait si vite autant de place. Une hypertrophie médiatique inacceptable pour Valls. Il fallait le voir maugréer, le 29 août 2015, dans une des froides salles à manger de l'hôtel Mercure de La Rochelle. « Il aurait dû venir ! Il est brillant, il aurait dû débattre avec les militants. Moi, c'est ce que j'ai toujours fait », s'énervait le Premier ministre. La veille, Emmanuel Macron avait encore une fois critiqué les 35 heures. Là, il avait fait fort puisqu'il s'était emporté contre cette mesure phare de la gauche devant un parterre de patrons. « La gauche a pu croire à un moment, il y a longtemps, que la politique se faisait contre les entreprises. Elle a pu croire que la France pouvait aller mieux en travaillant moins. C'étaient de fausses idées », avait lancé, lors de l'université d'été du Medef, la « nouvelle coqueluche » du gouvernement. Coincé à La Rochelle pour l'université d'été du PS, voilà que Valls était contraint de recadrer Macron dont la sortie avait provoqué un tollé tellement attendu à gauche. « Les vrais sujets sont l'emploi et la croissance. Les petites phrases font mal à la vie publique », tançait le Premier ministre. Cocasse. Valls n'était-il pas le premier, dès le 2 janvier 2011, à dire publiquement vouloir « déverrouiller » les 35 heures ?

Le 17 février 2015, un « croche-patte à 10 mètres de l'arrivée »

 

FRANCE-POLITICS-ECONOMY © CITIZENSIDE/AURLIEN MORISSARD

Le 17 février 2015, Manuel Valls engage le 49.3 pour faire passer la loi qu'Emmanuel Macron avait préparé, le privant de débat parlementaire.  © CITIZENSIDE/AURLIEN MORISSARD

 

Couverture

 

Le conclave se réunit une dernière fois dans le salon Delacroix de l'Assemblée nationale. Ils comptent et recomptent. Emmanuel Macron pense encore que « ça passe ». « Cela ne passe pas. À moins de 10 voix d'avance, on n'y va pas », rétorque le Premier ministre. Le ministre de l'Économie tente d'argumenter une dernière fois, sous les yeux du secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen, du patron du groupe PS Bruno Le Roux et du rapporteur du projet de loi Richard Ferrand. Mais il revient au Premier ministre d'avoir le dernier mot. François Hollande a déjà donné son accord de principe. Manuel Valls finit par dégainer le 49.3, l'arme tant redoutée par Macron.

Quelques minutes plus tard, il entend, ce 17 février 2015 dans l'hémicycle, le chef du gouvernement annoncer que sa loi pour la croissance et l'activité ne sera pas soumise au vote. Trop de risques qu'elle soit rejetée. L'exécutif passe en force. « Macron n'a rien dit, personne n'a rien dit. Mais personne n'était dupe de rien, se souvient Richard Ferrand, devenu secrétaire général d'En marche !. Il était comme un marathonien à qui on fait un croche-patte à 10 mètres de l'arrivée. » Des mois de travail, 400 heures de débats à l'Assemblée, 9 000 amendements étudiés, 2 000 amendements adoptés... balayés d'un trait de plume sur un parapheur.

19 novembre 2015, la guérilla s'engage....

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Tag(s) : #Politique française