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"Pour gagner, il faut choisir"   par Brigitte Dionnet, ancienne membre du Conseil National du PCF.

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Nous vivons aujourd’hui les tristes conséquences pour le peuple d’un refus par la direction du PCF de rompre avec la stratégie d’union avec le PS en lieu et place d’un objectif politique de transformation sociale. Depuis le « programme commun » puis l’élection de François Mitterrand, nous n’avons eu de cesse de courir derrière le PS pour d’hypothétiques positions électorales se soldant à chaque fois par, au contraire, un affaiblissement électoral de notre parti. Et plus on s’affaiblissait, et plus on se mettait en position de demandeur à son égard….Jusqu’au choc de 2002 !
 
Nous osons alors en 2004 présenter des listes autonomes du PS aux élections régionales dans certaines régions, et en 2005 affronter la social-démocratie en affirmant à propos du TCE « quand on est de gauche on vote non ». Nombreux sont celles et ceux qui se souviennent avoir eu à subir alors les assauts de certains dirigeants communistes contre cette affirmation! Pourtant, la victoire de ce rassemblement, sur un contenu et non sur des ententes d’appareil, ouvrait  tous les espoirs pour qui croyait que l’ambition révolutionnaire avait encore de l’avenir dans notre pays.
 
Mais il y a eu 2007 et le 1,9% de la candidature communiste. La rudesse du choc n’a eu d’égal que l’audace de la rupture stratégique qu’il provoqua  avec la décision de travailler à une autre construction à gauche trouvant, avec la sortie de Jean Luc Mélenchon du PS, la possibilité de créer le « Front de Gauche ». Malheureusement, là encore, dès les régionales de 2010 il fut impossible d’envoyer un message clair à notre peuple avec partout de belles listes « Front de gauche » autonomes.
 
Et au congrès de 2010 les mêmes qui, aujourd’hui, ont condamné le Front de gauche au prétexte qu’il était trop structuré « par le haut »,  repoussaient la proposition de créer une « association des partisans du Front de gauche » pour permettre à des femmes, des hommes , des syndicalistes responsables d’associations ou autres de participer, à  égalité, à une dynamique politique et citoyenne originale.
 
Et le bon résultat de Jean Luc Mélenchon en 2012 a provoqué dans la direction du PCF une véritable angoisse alors que le PS allait de nouveau avoir toutes les clés des affaires de la France en mains. Et plutôt  que de mener le débat politique et de permettre qu’il se développe au sein de notre parti, la direction lança en pâture aux adhérent-e-s les leurres des « egos »  alors qu’elle  refusait, en fait, de porter l’idée d’une « opposition de gauche » dans le pays et au sein de l’Assemblée Nationale.
 
Ce que nous vivons aujourd’hui est la triste suite logique de ce long processus. Une tristesse partagée par de nombreux adhérent-e-s  qui sont aussi  en colère de ne pas être écoutés par leur direction dans leur volonté de construire du neuf. 
 
Car,  le 10 janvier 2016, un appel à une primaire « de gauche » était lancé dans Libération par Thomas Piketty, Daniel Cohn-Bendit, etc… et la direction de notre Parti lui emboitait le pas sans demander l’avis des communistes. Jean Luc Mélenchon  annonçait alors sa candidature en février, après le refus du Parti communiste de sortir de ce processus qui cassait la démarche du Front de gauche. Que dire enfin des atermoiements à mettre en discussion dans le parti la proposition de candidature de Jean Luc Mélenchon, y compris au congrès en juin. Et pour finir, jusqu’à ce que les sondages témoignent du piètre résultat qu’allait réaliser Benoit Hamon, la même direction du Parti ne ménageait pas ses efforts pour en appeler au retrait de la candidature de Jean Luc Mélenchon au nom d’une pression politique insistante en faveur d’une « candidature de rassemblement à gauche ».
 
La situation à la veille de ces élections législatives n’a donc rien d’étonnant. Elle tient encore au refus de la direction de notre parti à rompre une bonne fois pour toutes avec une stratégie d’alliance avec le PS- ou ce qu’il en reste- pour construire autrement et avec d’autres l’alternative politique indispensable à la nouvelle révolution que comme communiste on peut avoir envie de construire. 
 
Non, on ne peut plus louvoyer et espérer conserver des positions électorales sur  «  le tapis vert » des alliances de couloir. Soit on choisit une nouvelle construction politique soit on tente de colmater des brèches avec des alliances à géométrie variable continuant d’inclure le PS ou ses satellites.
 
Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il ne faut pas exclure «  les électeurs socialistes » de cette construction. C’est justement par respect pour ces femmes et ces hommes qu’il faut définitivement retirer au social- libéralisme toute possibilité de capter les aspirations populaires pour mieux les étouffer. Un des aspects les plus encourageants de cette campagne est justement d’avoir permis à notre peuple de se mêler de son avenir en débattant d’un projet politique et d’un contenu programmatique fondamental. Alors que d’aucuns voulaient le cantonner au seul objectif de lutter contre le FN sans mettre en avant les raisons qui conduisaient à sa montée.
 
Alors maintenant les cris d’orfraie et les nouveaux mensonges et sous-entendus pour faire passer les pilules de l’inconsistance politique ça suffit !
Il faut à l’Assemblée Nationale des député-e-s incorruptibles et engagés sur une politique résolument ancrée sur les intérêts populaires. Et pour cela, des alliances claires entre les forces qui veulent y contribuer. La politique de l’alliance de la carpe et du lapin n’a plus lieu d’être.
 
Il faut reprendre le chemin de la démarche qui a conduit à construire le Front de gauche : celle de la résistance au libéralisme, de la confiance dans le peuple  et du courage politique pour faire valoir, avec lui, ses intérêts.
Tag(s) : #Politique française, #Lutte de Classe

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