Il faut croire que le numéro de charme d’Emmanuel Macron commence à porter ses fruits... Alors que le plafonnement des indemnités prud’homales, défendu bec et ongle par le gouvernement, apparaissait il y a encore quelques jours comme un point non-négociable pour l’ensemble des syndicats, la CFDT, FO et la CFTC se disent désormais ouverts à la discussion. Reçu jeudi 1er juin sous le soleil, dans le jardin verdoyant de l’hôtel du Châtelet, résidence de la ministre du Travail, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, est arrivé tout sourire, semblant confirmer la lune de miel “macronienne”.

Pour lui, un plafonnement est maintenant envisageable s’il s’accompagne d’un plancher. Évidemment, le leader de FO a bien précisé qu’il attendrait de voir quel serait le “niveau du plafonnement”, tout en appelant de ses voeux la possibilité pour les juges d’une “dérogation”, pour leur laisser une “possibilité d’appréciation”. Il s’attend, de plus, à ce que le gouvernement concède quelques contreparties, notamment “l’amélioration des indemnités légales de licenciement”, tout comme celles versées en cas de rupture conventionnelle.

La CGT ne lâche pas mais se montre quasi-défaitiste

Même si la CFDT a rappelé, lundi 29 mai, lors d’une rencontre avec le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud, son opposition de principe au plafonnement des indemnités prud’homales, Laurent Berger, le leader du syndicat, a lui aussi semblé vouloir ouvrir la porte à la négociation. “Un plafonnement ne peut se faire avec un plafond bas, sans plancher et sans dérogations possibles”, a-t-il déclaré en marge de la rencontre, adoptant la position que Jean-Claude Mailly a rejointe trois jours plus tard.

Ça bloque toujours, en revanche, du côté de la CGT. Lui aussi reçu lundi, Philippe Martinez a pu discuter une bonne heure en tête-à-tête avec Édouard Philippe. Si le leader cégétiste n’a pas lâché du lest sur son opposition au plafonnement, il s’est néanmoins montré presque défaitiste. Reconnaissant que le Premier ministre avait une “feuille de route” bien établie, il a déclaré que la “marge de manoeuvre” de l’ancien maire du Havre était “étroite”.