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" Un fonds pour la défense" européen...Une nouvelle CED ? Pour quelle guerre ?
" Un fonds pour la défense" européen...Une nouvelle CED ? Pour quelle guerre ?
" Un fonds pour la défense" européen...Une nouvelle CED ? Pour quelle guerre ?

 

Federica Mogherini et Jyrki Katainen, vice-présidents de la Commission européenne, lors de la présentation pour le future de la défense européenne | AFP

"canempechepasnicolas" :

Déjà, en 1954, il y a 63 ans, les croisés de l'Europe - PS et centristes de l'époque - avaient tenté leur coup : la "Communauté Européenne de Défense", c'est-à-dire la création d'une armée essentiellement franco-allemande, quelques neuf années après la victoire sur justement ...l'Allemagne. Le monde était en pleine 'guerre froide'contre l'Union soviétique, devenue l'ennemie, alors que la France  lui devait sa libération. Mais notre peuple, communistes et gaullistes unis, ont alors dit NON et leurs députés rejetaient la CED. 

Aujourd'hui, "ils" remettent ça : l'Europe de la Défense, toujours axée contre la Russie, qui n'est plus soviétique, mais toujours "l'ennemie" de l'Europe allemande !

Alors, comme en 1954, faisons ensemble échouer cette nouvelle tentative prônée par Macron et l'oligarchie au nom de l'Europe, qui ne pourrait que nous mener à la guerre !

 

  Alors que le Parti communiste mène campagne contre la CED,

le Général de Gaulle se déchaîne également contre cette armée européenne, qui signifie, selon lui, la fin de la France. « La C.E.D., cela consiste à rassembler les forces européennes pour les mettre collectivement à la disposition des États-Unis ». Et de préciser : « Il faut que la France ait une épée ; il faut que ce soit la sienne ! »

Ce qu’il fera plus tard, lorsqu’il reviendra aux affaires.

Robert Lacoste reçu à cette époque par le Général raconte : « A contre jour, un visage pâle, émacié, un visage à la Goya. Il parle comme toujours par idées Générales, avec un étrange détachement : « La France doit se défendre elle-même. Une armée européenne intégrée n’est pas compatible avec ses besoins. La France a besoin de paix, de longues années de paix (sa gravité est extraordinaire). Il ne faut pas se laisser entraîner par les uns ou par les autres, sinon la France disparaîtra. Je ne dis pas qu’il ne resterait pas des médecins ou des coiffeurs, mais la France disparaîtrait. 

il manifesto

Fonds pour la « défense », nouveaux milliards pour la guerre
 
par  Manlio Dinucci
 
Le « Fonds pour la défense », que l’Union européenne a lancé le 22 juin, a été défini comme un « pas historique » par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Reste à voir dans quelle direction.
 
  Le Fonds représente une injection massive d’argent public dans l’industrie de guerre européenne. Il commence avec l’allocation de 90 millions d’euros en 2017-2019 pour la recherche sur de nouvelles technologies militaires, en particulier  de systèmes robotiques pour les forces navales et terrestres. A partir de 2020 l’allocation pour la recherche militaire grimpera à 500 millions d’euros par an.
 
   A cela s’ajoute une allocation encore plus importante pour encourager la coopération entre les pays Ue dans le développement conjoint et dans l’acquisition de systèmes d’armes : ils peuvent par exemple investir conjointement pour développer le même type de drone ou acquérir en bloc le même char d’assaut pour en réduire le coût (une sorte de « groupe d’achats solidaire » pour la guerre).

   Pour ce secteur le Fonds alloue 500 millions d’euros pour 2019 et 2020 et un milliard d’euros par an après 2020. Grâce à l’ « effet multiplicateur » on prévoit de générer des investissements d’ensemble dans l’industrie de guerre Ue équivalents à 5 milliards d’euros annuels après 2020.
 
   Le Fonds n’est pas alternatif mais complémentaire aux engagements financiers que les pays Ue membres de l’Otan ont pris dans l’Alliance, dont font partie (après le Brexit) 21 des 27 membres de l’Union européenne. En 2014 ces pays ont pris l’engagement, requis par l’administration Obama, de destiner au militaire au moins 2% du PIB. Jusqu’à maintenant, outre les USA, seuls Grèce, Estonie, Grande-Bretagne et Pologne ont dépassé ce seuil. L’Italie, calcule le Sipri, dépense pour le militaire 1,55% du PIB, c’est-à-dire environ 70 millions d’euros par jour d’argent public. En montant au niveau de la Grèce (2,36% malgré la crise économique), elle dépenserait plus de 100 millions par jour ; en montant à celui des USA (3,61%), elle dépenserait plus de 160 millions d’euros par jour. Ces 2%, insiste Trump, sont désormais insuffisants pour les missions croissantes de l’Alliance.

   La dépense militaire de l’Italie, que le Sipri place au 11ème rang mondial en 2016, est en réalité plus haute que celle inscrite dans le budget du ministère de la Défense. Dans la dernière Loi de finance sont inscrits (toujours en argent public) presque 10 milliards d’euros pour produire des chars d’assaut Freccia et Centauro 2, des frégates Fremme, des hélicoptères d’attaque Mangusta. Au poste « Construction publique, y compris scolaire » 2,6 milliards sont alloués pour le Pentagone italien, voulu par la ministre Pinotti pour réunir en une unique structure les sommets de toutes les forces armées. Cette structure se trouvera dans la zone aéroportuaire de Centocelle à Rome, où a déjà été transférée la Direction générale des armements avec son staff de 1500 personnes.
 
   La Direction des armements devra à présent s’agrandir pour gérer l’ultérieure montée en puissance de l’industrie de guerre italienne, déjà en excellente forme. En 2016, l’export italien d’armes a augmenté de plus de 85% par rapport à 2015, grimpant à 14,6 milliards d’euros. Par la vente de 28 chasseurs-bombardiers Eurofighter au Koweit, grâce à la ministre Pinotti, efficiente représentante de commerce en armes.
 
  Dans le projet de loi pour la mise en oeuvre du « Livre Blanc pour la sécurité nationale et la défense », approuvé en février dernier par le Conseil des ministres, l’industrie militaire est qualifiée de « pilier du Système Pays ». Il se trouve maintenant renforcé par le Fonds Ue pour la « défense », pendant qu’on démolit l’Article 11, pilier de la Constitution.
 
Edition de samedi 24 juin 2017 de il manifesto
Traduit de l’italien par M-A Patrizio
Tag(s) : #Europe, #Histoire

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