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La désertion fiscale : un sport de riches
 

 

La fraude, accélérateur d’inégalités
 
 

On ne pas soupçonner The Economist de démagogie anti-élites, mais son papier sur l’étude de trois économistes sur l’ampleur de la désertion fiscale dans les pays scandinaves est accablant. Les économistes ont utilisé les Swiss leaks et les Panama papers pour mesurer précisément le montant de la désertion fiscale par niveau de richesse. En moyenne, les ménages ont payé 3% de taxes de moins qu’ils devraient, et moins de 5% pour 99% de la population. Mais le 1% le plus riche, qui possède en moyenne près de 2 millions de dollars a payé environ 10% de moins qu’ils devraient. Et les 0,01% les plus riches, qui possèdent plus de 40 millions, ont payé plus de 30% qu’ils devraient à la collectivité.

 
Même le très peu progressiste The Economist soutient que « cela signifie que les estimations passées des inégalités de richesse, en général basées sur les données fiscales, ont sous-estimé le problème », d’autant plus que les ménages des pays scandinaves placent deux fois moins leur richesse en dehors de leur pays. Il conclut également que « la globalisation a profité de manière disproportionnée aux riches en partie en récompensant bien mieux le capital que le travail. Mais la globalisation permet aussi aux plus riches de cacher plus facilement leur richesse ». Triste constat qui n’appelle pourtant pas la moindre demande d’action spécifique de la part de la bible des élites globalisées.
 

 

Comment ne pas penser à la belle phrase de Tocqueville qui disait que : « préoccupés du seul soin de faire fortunes, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous ». Avec la globalisation, non seulement les élites ne perçoivent pas pleinement l’envolée des inégalités qu’une partie n’a même plus honte de tricher.
Tag(s) : #Economie