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SNCF, après le clash de Montparnasse...Pourquoi nous en sommes arrivés là !
Avec des moyens , les cheminots savent et veulent faire.

Avec des moyens , les cheminots savent et veulent faire.

Stop à cette gestion

Pépytoyable

Quand la casse dépasse les Bornes

Ce n'est pas de la prémonition mais l'analyse d'une dérive qui devait aboutir à ce 30 juillet.

Déjà dès le début juillet dans son édito la fédération CGT des cheminots déclarait :

"La préoccupation de la SNCF n’est plus de faire circuler des trains, servir les usagers dans des conditions décentes, de sécurité et de sûreté optimales, mais la recherche permanente d’économies.

Cette obsession de la part de la direction, les usagers en subissent les conséquences quotidiennement. Des emplois en moins à la SNCF, ce sont des guichets, des gares, des ateliers, des lignes qui ferment, des trains, des installations, des infrastructures qui sont supprimés. Ce qui se traduit par une dégradation du service public ferroviaire avec des retards et suppressions de trains qui sont le lot quotidien de nombreux voyageurs.

Les usagers du rail et les cheminots ont donc des intérêts communs à défendre. Ensemble, ils peuvent représenter une force de propositions alternatives pour améliorer le service public ferroviaire de la SNCF qui nécessite des moyens humains et matériels, alors que la concurrence que certains appellent de leurs vœux, ne vit que sur ce qui est en place et est considéré comme rentable".

COMMENTAIRE QUE SE PERMET D'INTRODUIRE
"CANEMPECHEPASNICOLAS"...

C'était hier, au temps où la SNCF était au service de la population, où c'était un plaisir de voyager en train, avec le Mistral ou le Capitole dont le prix était fixé au Klm de distance parcourue, où le réseau desservait, de jour comme de nuit,la presque totalité des villes françaises, avec la certitude d'arriver à l'heure.

Aujourd'hui, l'oligarchie, dans le cadre européen, compte mettre la Cie en concurrence avec les chemins de fer étrangers, avec l'objectif de rentabilité et de profits maximum. Elle en sacrifie sa raison d'être en réduisant les investissements du réseau ferré, jusqu'à sa maintenance. D'où les retards quotidiens, le matériel vétuste, les gares supprimées, les lignes clochardisées, la sécurité compromise.

D'où le clash de dimanche 30 juillet et l'immense pagaie un jour de grands départs et de retours de congés.

Tant pis pour les voyageurs qui, pour la direction de la SNCF, ne sont plus des usagers, mais des clients ...! C'est cela la politique poursuivie depuis des décennies par les différents gouvernements de droite comme "de gauche", les uns et les autres appliquant avec zèle les directives de Bruxelles et la mise en concurrence prévue entre les réseaux européens.

Le 20 juillet, la Fédération des Cheminots CGT enfonçait le clou  

avec la mise en ligne du communiqué suivant : 

RAPPORT ROBUSTESSE, DES ALERTES CONFIRMÉES !

Avenir du service public ferroviaire

 | Fédération CGT
 

En février 2017, face à la multiplication des dysfonctionnements dans la production, les présidents PEPY et JEANTET ont mandaté un groupe d’experts indépendants pour réaliser un diagnostic de la situation et établir des recommandations pour améliorer la situation.

Les experts viennent de rendre leur rapport qui légitime les multiples alertes opérées par la fédération CGT des cheminots sur l’état du réseau, les conséquences de l’organisation de l’entreprise, les moyens humains, la formation professionnelle, …

La CGT n’a eu de cesse de dénoncer les méfaits de la gestion par activité/produit, accentués par la réforme de 2014, sur la réalisation de la production et la non-qualité de service rendu aux usagers. Non qualité dont le coût est estimé par l’Autorité de la Qualité de Service dans les Transports (AQST) à 1,5 milliard d’euros. Cette somme pourrait être beaucoup plus utile à la régénération du réseau, au développement de l’emploi en nombre et en qualité et ainsi améliorer la robustesse du réseau.

Les experts pointent les difficultés inhérentes au cloisonnement des cheminot-e-s, ce découpage demande des efforts conséquents et peu productifs pour créer un semblant de cohésion, de cohérence et fixer des objectifs compris et portés par tous quel que soit l’EPIC de rattachement.

La formation professionnelle, le turnover important des dirigeants, la transmission des savoirs et des parcours professionnels défaillants, les moyens sont aussi présentés comme des éléments de fragilisation du système.

Les experts recommandent de revisiter les conditions et les contenus de la formation afin de développer la compréhension du fonctionnement global du système ferroviaire. La CGT a toujours dénoncé les méfaits de la formation au seul poste de travail et au contraire, porte l’exigence d’une formation initiale et continue au métier qui doit reposer sur une connaissance globale de l’entreprise.

Si nous partageons un certain nombre de constats et de préconisations, nous n’oublions pas le contexte politique dans lequel paraît ce rapport. La vigilance reste de mise !

C’est notamment le cas concernant la recommandation qui vise à faire de SNCF Réseau le pilote de « l’exploitation du réseau structuré selon les axes de trafics voyageurs et marchandises ». Cette préconisation interpelle sur l’organisation future de SNCF Réseau et sur les conséquences vis-à-vis du réseau dit « capillaire ».

Une présentation du rapport et de ses suites devrait être faite aux AO ainsi qu’aux parties prenantes du système ferroviaire. Si cette démarche peut relever du bon sens, la direction a seulement omis d’intégrer les représentants des salariés dans les parties prenantes du système ferroviaire !

La direction a annoncé vouloir adopter l’ensemble des recommandations du rapport. La fédération CGT des cheminots sera très attentive à la manière dont celles-ci seront déclinées et invite d’ores et déjà les cheminots à être vigilants quant aux décisions qui pourraient être prises.

 

Quand le critère premier des modernisations et investissements est l'augmentation du trafic liée à une obligatoire baisse des effectifs, la réalisation par la sous traitance entraînant la dépossession de la maîtrise technique et, au nom des économies, le refus de prévoir des boucles de rattrapage permettant d'assurer le trafic, la gestion par axe interdisant aux cheminots de construire des organisations de secours en réseaux cela donne cet infarctus majeur.

Un incident même lourd peut toujours arriver. Mais rester démuni pour en diagnostiquer les causes durant plus de deux jours démontre la faillite d'une conception commerciale, la défaillance programmée en personnel pour faire face. Cela impose l'urgence de revenir à la construction d'une organisation industrielle en réseaux, maîtrisée par une entreprise publique disposant des moyens d'une gestion intégrée, qui s'oppose à toute filialisation privatisation segmentation des activités d'exploitation et d'entretient des infrastructures et des circulations. 

C'est cette bataille pour le service public qui est à l'ordre du jour. Les cheminots s'y sont engagés, les usagers parce que la SNCF, pour reprendre les termes de la pétition qui conduira à la grande grève de 1995, appartient à la nation doivent s'y inscrire. C'est leur droit au transport, leur liberté de circulation qui est en jeu.

 

Tag(s) : #Services publics
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