Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Jean-Luc Mélenchon place de la République, à Paris, le 3 juillet 2017

  Résultat de recherche d'images pour "les inrocks logo"

Gilles Perret, réalisateur de “La Sociale” et des “Jours heureux”, a suivi Jean-Luc Mélenchon pendant trois mois au cœur de sa campagne présidentielle. Il en a tiré un documentaire de 52 minutes diffusé sur Public Sénat, et un film d’1h30 à paraître en janvier en salles. Il nous révèle les secrets d’une campagne haute en couleur.

Quelle approche avez-vous privilégiée pour ce documentaire ? Que souhaitiez-vous m
ontrer de Jean-Luc Mélenchon ?

Gilles Perret – Je lui ai dit que je voulais faire un film avec lui pendant sa campagne, mais à condition que j’ai accès à tout, que je sois vraiment dans son intimité. Je ne voulais pas faire un reportage journalistique comme peuvent en produire BFM, TF1 ou France Télévision, ils l’auraient fait mieux que moi. Je lui ai expliqué que je tournais seul, sans équipe, et il a accepté parce qu’il fonctionne beaucoup à la confiance, et qu’il connaissait mes films. Au début il voulait que je passe par Sophia Chikirou [sa directrice de la communication, ndlr] pour avoir les autorisations de tourner, mais au bout de deux jours, j’ai pu filmer n’importe quand et n’importe où, je n’ai pas eu de barrage. Le projet d’origine est un film d’1h30 qui sortira en janvier. Pour Public Sénat, c’est une chronique de campagne de 52 minutes. La version longue sera plus politique, plus humaine et cinématographique.

Le documentaire est sans voix off. Qui raconte l’histoire de cette campagne dans ce cas ? Avez-vous effectué des entretiens ?

Il y en a, mais je n’ai jamais posé un pied de caméra. Ce sont des discussions en marchant, dans le train ou quand il se fait maquiller. On discutait quand il avait un moment de pause. A aucun moment il n’y a une image d’archive. Si on parle du passé ou de ce qu’il veut faire à l’avenir, c’est dans l’action, ce qui donne du rythme au film. On assiste ainsi à des réunions de stratégie de com’, à des réunions politiques, au QG de la France insoumise ou dans les bistrots vers chez lui. C’est dans l’esprit de sa campagne, on n’est jamais dans des hôtels guindés. Je travaille toujours sans voix off, et en l’occurrence le film est très centré sur lui, pour comprendre comment il est dans ces moments cruciaux. D’autres personnes s’expriment, mais c’est marginal.

Quelles scènes vous semblent les plus marquantes ?

La scène de fin, quand il apprend les résultats. Il était dans une chambre d’une auberge de jeunesse qu’il avait réservée au-dessus de l’hôtel où il avait organisé l’annonce des résultats. Il y a deux lits superposés, et une table au milieu, avec sa petite équipe autour de lui. Je pense qu’on comprend mieux sa réaction à l’annonce des résultats quand on voit à quel point il s’était progressivement auto-assuré qu’il serait au deuxième tour. On mesure à quel point c’est dur pour lui. Tout le monde attendait qu’il appelle à voter Macron ou qu’il soit plus clair dans son discours dimanche soir, mais il faut voir la séquence pour comprendre.

 

 

Tag(s) : #Politique française
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :