Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Il n’y a pas que les associations et élus d’extrême-gauche qui fustigent les projets de censure des rues « communistes » en Pologne. Henri Dudzinski, consul honoraire de Pologne dans la région, a écrit au Premier ministre et au Président de la République pour dire son point de vue sur le sujet. Et plus largement sur la politique menée par le gouvernement ultraconservateur actuellement au pouvoir.

Fils de mineur polonais, Henri Dudzinski a grandi dans le bassin minier. Il a été nommé consul honoraire de Pologne à Lille il y a trois ans. PHOTO ARCHIVES PHILIPPE PAUCHET

Un consul qui prend la parole pour critiquer la politique du pays qu’il représente ? On ne voit pas cela tous les jours. Henri Dudzinski a choisi de sortir de sa réserve diplomatique pour dire ce que lui inspire la politique menée par le gouvernement ultraconservateur du PiS, au pouvoir depuis deux ans en Pologne.

Une position d’autant plus intéressante que cette politique a des répercussions jusqu’ici, dans le bassin minier  : depuis le début de l’année, de Sallaumines à Auby, des associations et élus locaux protestent contre la censure qui menace la mémoire de militants et résistants du Nord – Pas-de-Calais, au motif qu’ils étaient communistes. (...)

 

Quelques repères

Mai 2015 : le candidat du PiS Andrzej Duda est élu présidence de la République de Pologne.

Octobre 2015 : le PiS (parti ultraconservateur appelé aussi Droit et justice) obtient la majorité absolue au Parlement. Dans la foulée, il vote une loi visant à renforcer le contrôle du gouvernement sur les médias publics.

Octobre 2016 : une loi de décommunisation impose aux communes de débaptiser les rues et monuments portant le nom de militants communistes.

Février 2017 : le président de la Maison de Bretagne à Walbrzych, Bogdan Krol, tire la sonnette d’alarme : sa ville menace de débaptiser la rue Burczykowski, du nom d’une famille de Résistants communistes décimée par les nazis. L’association Les Amis d’Edward Gierek et le maire de Sallaumines, Christian Pedowski, montent au créneau. Ils adressent à la ville de Walbrzych un courrier signé par 133 membres du Parti communiste et de la CGT du bassin minier.

8 juillet : des élus et militants de gauche rebaptisent l’A21 « Autoroute de la liberté Kania-Rabiega », du nom de deux militants du bassin minier dont la mémoire est elle aussi menacée de censure.

13 juillet : c’est officiel, la ville de Walbrzych renonce à débaptiser les rues Burczykowski, Bronislaw Kania, Aleksy Czeredziak et Roman Piotrowski (toutes des figures de la Résistance).

24 juillet  : après plusieurs jours de manifestations, le président Duda met son veto au projet de réforme de la justice, très controversé. Une claque pour la majorité conservatrice du PiS

Tag(s) : #Europe, #Pologne
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :