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Macron en visite virtuelle au Sénat

Macron en visite virtuelle au Sénat

franceinfo

Ce que les sénatoriales vont changer pour Emmanuel Macron

après la défaite des candidats de La République En Marche

C’est le premier revers électoral pour La République en marche. Le mouvement initié par Emmanuel Macron devra se contenter de 24 sièges au palais du Luxembourg, à l'issue des élections sénatoriales du dimanche 24 septembre, contre 29 auparavant. L’opposition, elle, renforce son emprise. Les Républicains comptent désormais 171 élus, contre 142 auparavant. Quant aux socialistes, ils perdent moins d’influence que prévu : avec 69 sièges contre 86 avant, ils limitent la casse. Les communistes conservent 10 députés

Cela va ralentir le processus législatif

Minoritaire à la Haute Assemblée, le groupe LREM va devoir batailler pour construire une majorité de circonstance au Sénat. La droite aura les moyens de ralentir certains textes, ce qui oblige le président de la République à trouver des alliés.

 

Pour LREM, il faudra sans doute faire les yeux doux aux Républicains "constructifs", ces élus loin de la ligne filloniste emmenée par Bruno Retailleau, le chef de file LR au Sénat. Au moins dix d’entre eux s’apprêtaient à déposer les statuts d’une association, mais ont fait machine arrière. Le groupe, qui devait s’appeler "République et territoires (Les indépendants)", devrait plutôt prendre la forme d’une amicale.

Autre option pour la majorité, l’Union centriste. Le groupe rassemble 42 parlementaires : des membres de l’UDI proches des Républicains, des élus du MoDem proches de LREM et des radicaux valoisiens. Enfin, LREM pourrait lorgner du côté du Rassemblement démocratique et social européen, qui rassemble 16 sénateurs de gauche.

Cela risque de compromettre sa réforme constitutionnelle

Cette défaite pourrait sérieusement entraver les velléités réformatrices d’Emmanuel Macron. Le président avait annoncé, le 3 juillet à Versailles, un projet de révision de la Constitution à mettre en œuvre d’ici l’été 2018. Avec plusieurs objectifs affichés : limiter le cumul des mandats dans le temps, réduire d’un tiers le nombre de parlementaires, supprimer la Cour de justice de la République, réformer le Conseil économique et social et introduire une dose de proportionnelle à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Pour cela, Emmanuel Macron devait réunir 3/5es des parlementaires, soit 555 sur 925. Entre les députés et les sénateurs, il peut compter sur au moins 376 voix : 331 élus LREM et au moins 45 élus du MoDem, sans parler des Républicains "constructifs". Il manquerait environ 179 voix au président pour enclencher les révisions. Un gouffre.

Si une majorité n’est pas obtenue, il reste la voie du référendum. Mais cette méthode est risquée car un refus est synonyme de manifestation d’un mécontentement dans l’opinion. Une seule révision de la Constitution a d’ailleurs été adoptée par référendum : celle de 2000, qui a réduit la durée du mandat du président de sept à cinq ans.

 

 

 

Tag(s) : #Politique française
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