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Jean-Luc Mélenchon : " Je me suis fâché avec Hocine Aït Ahmed, ancien dirigeant du FLN, le jour où il a signé un accord à Rome avec le FIS. J’ai toujours dit, comme le docteur Saïd Sadi, que l’islamisme politique c’est comme la mort, c’est une expérience qu’on ne fait qu’une fois.»

 

par Houari Achouri 

La plateforme de Sant’Egidio, tombée dans l’oubli peu après sa signature, il y a près de vingt-trois ans, a été implicitement citée par l’ex-candidat à l’élection présidentielle française en 2017 Jean-Luc Mélenchon comme un exemple de compromission avec l’islamisme politique à ne pas suivre.

 

En une vingtaine de secondes, dans un entretien de plus de 42 minutes accordé à la journaliste Ruth Elkrief sur la chaîne de télévision française BFM TV, et pour illustrer son hostilité à ce que la religion vienne en politique, le fondateur du mouvement La France Insoumise a évoqué, à propos de feu Hocine Aït Ahmed et Saïd Sadi un fait anecdotique que tout le monde, en Algérie, ignore certainement : «Je me suis fâché avec un homme que j’estimais et que j’admirais, Hocine Aït Ahmed, qui était un personnage flamboyant de la lutte berbère et de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Je me suis fâché avec lui le jour où il a signé un accord à Rome avec le FIS. J’ai toujours dit, comme le docteur Saïd Sadi, que l’islamisme politique c’est comme la mort, c’est une expérience qu’on ne fait qu’une fois.»

En révélant son rejet de la plateforme de Sant’Egidio, Jean-Luc Mélenchon rappelle en même temps les profondes divisions qui traversaient le Parti socialiste dont il faisait partie en 1995, quand cette réunion eut lieu. Il était à la tête du courant La Gauche socialiste dans un PS dont le chef, François Mitterrand, était Président de la République.

Tout le monde sait que François Mitterrand a manifesté une sympathie sans limite pour les islamistes dont il a salué la «victoire» aux élections législatives douteuses de décembre 1991 puis a facilité leur accueil en France. A l’époque, François Mitterrand, obnubilé par une revanche à prendre sur l’Algérie indépendante, voyait d’un  bon œil une prise de pouvoir par les islamistes, qui aurait été le prélude à un chaos inévitable. Il ne cherchait pas à voir loin et à prévoir comment évolueraient les événements. C’est son fidèle François Hollande qui héritera de la bombe posée vingt ans avant.

Le PS avait des relations avec le FFS dans le cadre de l’Internationaliste socialiste. C’est vraisemblablement dans ce cadre qu’Aït Ahmed et Jean-Luc Mélenchon se sont côtoyés. La divergence exprimée par l’homme politique français à l’égard du leader du FFS sur la question de l’islamisme est sans doute de la même nature que celle, plus globale, avec Mitterrand et qui a conduit à la distanciation du futur leader de LFI puis sa rupture avec le PS.

Pour rappel, en janvier 1995, à Rome, à l’issue d’une rencontre organisée par l’association catholique Sant’Egidio, à laquelle ont participé des démocrates, par naïveté ou inconscience ou dupés par les ruses islamistes, le leader du FFS signait avec le représentant du FIS – parti dissous par la justice algérienne – et avec d’autres personnalités politiques une plate forme qui portera le nom de ce lieu et symbolisera la compromission avec l’islamisme. Le contexte en Algérie était alors dominé par le terrorisme qui ne connaissait aucune trêve et assassinait à tout va, personnes ciblées ou aveuglément, en ville ou en milieu rural comme dans les régions enclavées.

H. A.

 

 

 

 

Tag(s) : #Algérie, #Politique française
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