La liste des victimes de la politique de “décommunisation” des lieux publics, relancée en 2016 par le parti ultraconservateur polonais Droit et justice (PiS), pourrait peut-être bientôt compter… John Lennon. De l’avis d’un conseiller municipal de ce parti à Varsovie, le célèbre membre des Beatles serait coupable d’avoir écrit un manifeste communiste – la chanson Imagine.

Holà, Lennon n’est pas Lénine !”, rappelle le quotidien d’opposition Gazeta Wyborcza.

Depuis l’année dernière, les villes polonaises ont pour obligation de rebaptiser tous les lieux publics qui “célèbrent des personnes, des organisations, des événements ou des dates en lien avec le communisme ou avec un autre régime totalitaire”.

Le journal remarque cependant que le PiS a une définition très large du communisme, qui englobe “tout ce qui est lié à la gauche et au ‘gauchisme’ : l’État-providence, la social-démocratie occidentale, le politiquement correct, la contre-culture”.

 

La chasse aux symboles communistes

 

De Lénine à Karl Marx, le parti conservateur au pouvoir ratisse large dans sa volonté d’éradiquer les signes du passé.  ​​​​​​​

En vertu d’une loi votée au printemps 2016, les villes polonaises avaient jusqu’au 2 septembre de cette année pour rebaptiser les rues et tous bâtiments ou lieux publics qui “célèbrent des personnes, des organisations, des événements ou des dates en lien avec le communisme ou avec un autre régime totalitaire”.

Cette loi s’insère dans la politique historique du parti ultraconservateur Droit et Justice (PiS), au pouvoir en Pologne depuis près de deux ans et déterminé à parachever la révolution de 1989. Selon le PiS, les négociations qui avaient alors conduit à une transition pacifique entre dictature communiste et démocratie ont eu pour défaut de n’avoir pas marqué de rupture nette avec l’ancien système.

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