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Accord de libre-échange avec le Mercosur : le torchon brûle entre paysans et industriels suissesSource: Reuters
Manifestations d'agriculteurs à Bern (Suisse) en novembre 2015 (illustration).

RT en français

Convaincus que la signature d'un accord de libre-échange entre l'UE et les pays du Mercosur est imminente, les lobbys industriels suisses plaident pour l’accélération des négociations. Mais comme dans l'Union, les agriculteurs se sentent menacés.

Les paysans de la Confédération helvétique sont en colère. L’organisation patronale qui défend les intérêts du commerce et de l’industrie veut en effet accélérer les négociations avec le Mercosur (marché commun rassemblant l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et la Bolivie) pour la signature d’un accord bilatéral de libre-échange.

 

Avec leurs 280 millions d’habitants, les cinq pays de cette communauté économique née en 1991 représentent en effet un débouché tentant pour l’économie suisse, dont le PIB dépend à 40% de ses exportations. Or, en Suisse, on est convaincu que les négociations qui traînent depuis des années entre l’Union européenne et le Mercosur sont sur le point d’aboutir. C’est en tout cas ce qu’affirme Heinz Karrer, président de l’organisation patronale dans une interview publiée le 30 mars par Le Temps, quotidien francophone basé à Lausanne. «Pour notre part, il y a urgence. L’Union européenne (UE) est sur le point de conclure un accord. Sans un accord Suisse-Mercosur, nos exportateurs seront discriminés par rapport à ceux de l’UE», assure-t-il.

Plus loin, il explique qu’il faudrait absorber quelques milliers de tonnes de viande bovine supplémentaires en provenance des pays du Mercosur. Une perspective angoissante pour l’Union suisse des paysans (USP). Fin février, Jacques Bourgeois, son directeur, déclarait dans les colonnes du même quotidien : «Dans un pays où entre trois et quatre exploitations agricoles disparaissent chaque jour et où le revenu paysan se situe autour de 45 000 francs (38 000 euros) par année, l’ouverture du marché suisse représente la mort de l’agriculture indigène.» 

Un pays exportateur, mais sans débouchés extérieurs pour son agriculture

L’organisation a d’ailleurs boycotté un sommet consacré à l’avenir de la filière agricole suisse tenu à Lausanne le 20 février. Plus récemment, la directrice du lobby patronal, Monika Rühl, a consterné le milieu paysan par ses déclarations lors d’une interview, le 26 mars, dans la matinale de la première chaîne de la Radio Télévision Suisse. Alors qu’étaient évoquées les difficultés du monde agricole suisse, elle avait livré sa recette radicale : «Je les encourage à s’engager dans d’autres filières, comme celle d’ingénieur, plutôt que dans l’agriculture.» Dans la même interview, elle avait invité les éleveurs mécontents des futurs accords de libre-échange (un accord avec les Etats-Unis est également en court de négociation) à saisir la «chance» que ceux-ci représenteraient pour l’exportation.

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https://francais.rt.com/economie/49323-suisse-libre-echange-mercosur-agriculteurs

 

Tag(s) : #Contre l'impérialisme, #Suisse
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