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Pays-Bas : l'anglais à la place du néerlandais comme langue officielle ? Demain, en France aussi l'idiome de Wall Street , langue nationale ?

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Par Christelle GUIBERT

 

Aux Pays-Bas, tous les étudiants parlent anglais

 

En 2014, le président de la Vrije Universiteit d’Amsterdam a fait son discours de rentrée en anglais, après ce préambule :

« À terme, l’anglais deviendra notre langue de communication. » Prémonitoire ?

 

Le rapport de l’Académie royale a particulièrement ému le député socialiste Jasper Van Dijk. Le Néerlandais craint que se forme « une élite intellectuelle isolée, qui, au propre comme au figuré, ne parle plus la même langue que les gens, dit-il, citant le rapport de l’Union linguistique. Bientôt l’architecte diplômé ne pourra plus expliquer en néerlandais ce qu’il attend des ouvriers ; le médecin ne sera plus en mesure d’expliquer à son patient de quelle maladie il est atteint. »

 

Le néerlandais est une langue vivante qui peine à garder ses 28 millions de locuteurs dans le monde. Ils résident essentiellement aux Pays-Bas, ainsi que dans quelques-unes de leurs anciennes colonies comme le Surinam et dans la partie flamande de la Belgique. Mais la génération étudiante prend une méchante habitude : elle parle anglais, la langue que l’on utilise majoritairement dans les treize universités du royaume des tulipes.

 

Aux Pays-Bas, le journal NRC Handelsblad vient de publier un manifeste alarmant sur le choix de l’anglais au détriment de la langue néerlandaise. Signé par des écrivains, des linguistes et des scientifiques, il révèle des chiffres et des faits sans appel.

L’enseignement supérieur a sauté le pas : « De 2009 à 2013, l’ensemble des matières enseignées est passé de 64 % à 80 % », constate l’Académie royale des sciences des Pays-Bas, dans un rapport écrit à la demande des députés néerlandais.

En 2014, le président de la Vrije Universiteit d’Amsterdam a fait son discours de rentrée en anglais, après ce préambule : « À terme, l’anglais deviendra notre langue de communication. » Prémonitoire ?

 

 

L’anglais, langue de la fac

 

Mises en accusation, les universités se défendent avec des arguments. C’est la faute de l’internationalisation de l’enseignement, de la recherche, des sciences. Et du succès des programmes Erasmus qui facilitent la mobilité des étudiants.

 

Petit pays possédant une langue peu répandue et rarement enseignée en dehors de ses frontières, les Pays-Bas ont dû ouvrir la voie à l’introduction de l’anglais, pour attirer des étudiants étrangers. Précision : les universités néerlandaises sont payées par l’État au prorata des élèves qu’elles diplôment.

 

« Par ailleurs, le recrutement des professeurs est international. Donc, si le meilleur prof de maths est américain, on l’embauche », explique l’écrivain marocain Fouad Laroui, également professeur de français à l’Université d’Amsterdam. Ce polyglotte passionné de langues, auteur d’un recueil de poème en néerlandais, sa « nouvelle langue d’adoption », précise par ailleurs qu’il n’existe pas de manuels en néerlandais, dans de nombreuses matières, en mathématiques ou en économie, notamment.

 

Des étudiantes afghanes et pakistanaises profitent de cours en anglais à la Vrije Universiteit d’Amsterdam. 

Le fossé se creuse avec les élites

 

Contrairement à la France, les Flandres n’ont pas pris soin de pérenniser leur langue. Le milieu du cinéma et de la télévision n’a jamais investi dans le doublage, par exemple. Tous les longs-métrages d’Hollywood sont diffusés dans la langue originale, sous-titrés en néerlandais.

 

Tag(s) : #Impérialisme, #Wall STreet
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