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L’ex-président de l’Équateur Rafael Correa dénonce la « torture » infligée à Julian Assange, par Glenn Greenwald

Les Crises

Assange est confiné dans l’ambassade depuis près de six ans, depuis que l’Équateur lui a accordé l’asile en août 2012. L’asile a été octroyé au motif que l’extradition d’Assange vers la Suède pour une enquête sur une agression sexuelle aurait probablement eu pour conséquence son transfert vers les États-Unis pour y être inculpé et potentiellement encourir la peine de mort.

Dès le début, l’Équateur a dit aux gouvernements britannique et suédois qu’il enverrait immédiatement Assange à Stockholm en échange d’une promesse de la Suède de ne pas utiliser cela comme prétexte pour l’extrader vers les États-Unis, ce que le gouvernement suédois avait le pouvoir de faire mais qu’il a refusé.

Correa a également souligné que l’Équateur, dès le début, a dit aux enquêteurs suédois qu’ils étaient les bienvenus pour interroger Assange dans leur ambassade, mais que près de cinq ans se sont écoulés avant que les procureurs suédois ne le fassent finalement – en 2016. En se basant sur ces faits, une commission des Nations Unies a statué en 2016que les actions du gouvernement britannique constituaient une « détention arbitraire » et une violation des droits humains fondamentaux d’Assange, décision que les autorités britanniques ont rapidement déclaré avoir l’intention d’ignorer.

Bien que les procureurs suédois ont abandonné en mai dernier leur enquête pour crimes sexuels (non pas parce qu’ils ont conclu à l’innocence d’Assange, mais parce qu’ils ont pensé que des démarches supplémentaires pour l’amener en Suède seraient vouées à l’échec), les autorités britanniques ont juré de l’arrêter pour ce qu’elles prétendent être des violations de la liberté sous caution.

Assange courrait donc de graves dangers s’il devait quitter l’ambassade, au vu notamment d’un discours très menaçant prononcé l’an dernier par Mike Pompeo. Ce dernier, alors directeur de la CIA et maintenant secrétaire d’État du président américain Donald Trump , y qualifiait WikiLeaks de « service de renseignement non-gouvernemental hostile », niant que ses publications de documents fussent protégées par le Premier amendement, et jurant que « leur laisser la possibilité de nous anéantir avec des secrets dérobés est une perversion de notre grande Constitution. C’est fini maintenant ».

En janvier, des médecins qui ont examiné Assange dans l’enceinte de l’ambassade ont averti que le confinement constant auquel il était soumis représentait une grave menace pour sa santé physique et mentale. La mère d’Assange a dit plus tôt cette semaine que sa santé « se détériorait rapidement » et était devenue « extrêmement préoccupante ».

Correa a invoqué ces faits, ainsi que les obligations légales de l’Équateur en vertu du droit international envers les personnes bénéficiaires du droit d’asile, pour dénoncer la violation, par l’Équateur, du droit d’Assange à recevoir des visites comme étant « fondamentalement de la torture ». L’interdiction de visites est, selon Correa, « une violation claire de ses droits. Une fois que nous accordons l’asile à quelqu’un, nous sommes responsables de sa sécurité et nous devons lui assurer des conditions de vie humaines ». Mais « en le privant de communications avec le monde extérieur et de visites par qui que ce soit, le gouvernement porte atteinte à la santé mentale de Julian ».

L’ex-président a dit qu’il estimait qu’il serait opportun de limiter les communications d’Assange s’il agissait de manière « irresponsable » en s’immisçant dans la politique d’un autre pays. Lors de l’élection de 2016, a dit M. Correa, son propre gouvernement a signifié à M. Assange qu’il pensait que ses attaques contre Hillary Clinton devenaient excessives, et il a un temps suspendu sa connexion Internet pour appuyer ses préoccupations.

« Mais ce n’était que temporaire », dit Correa. « Nous n’avons jamais eu l’intention de lui enlever Internet pour bien longtemps. Ca aurait été nettement excessif ». Le ministre des Affaires étrangères de Correa, Guillaume Long, a également déclaré dans un entretienavec The Guardian, plus tôt ce matin, qu’il pensait lui aussi que refuser les visites à Assange et bloquer son accès à Internet pendant aussi longtemps – supposément à cause de ses nombreux tweets à propos du mouvement indépendantiste catalan en Espagne – était injuste.

Quant aux informations selon lesquelles l’Équateur négocie avec le gouvernement britannique pour livrer Assange, M. Correa a déclaré qu’il n’avait aucune connaissance de ces discussions, mais qu’il serait « impensable » que l’Équateur le fasse sans d’abord obtenir des garanties applicables pour les droits d’Assange, notamment que le gouvernement britannique n’utilise pas les manquements aux conditions de la mise en liberté sous caution comme prétexte pour remettre Assange aux États-Unis.

Soulignant que le gouvernement américain a clairement indiqué qu’il veut poursuivre Assange pour avoir publié des informations dignes d’intérêt en vertu de lois qui autorisent la peine de mort, M. Correa a déclaré que tout accord ne prévoyant pas de protection contre l’extradition vers les États-Unis constituerait « une terrible trahison, une violation des règles d’asile et un manquement à la responsabilité de l’Équateur de protéger la sécurité et le bien-être de Julian Assange ».

Durant son mandat, Correa a été particulièrement déterminé à défendre le souveraineté de son pays contre les intrusions d’États plus puissants, en particulier les États-Unis. En 2007, il a ordonné la fermeture d’une base militaire américaine sur le sol équatorien, à moins que les États-Unis ne soient disposés à accorder à l’Équateur le droit réciproque d’établir une base militaire à Miami.

Mais plus tôt ce mois-ci, le successeur de Correa, l’actuel président équatorien Lenín Moreno, a annoncé qu’il avait « récemment signé un accord axé sur la coopération en matière de sécurité [avec les États-Unis], ce qui implique le partage d’informations, de renseignements et d’expériences dans la lutte contre le trafic illégal de drogue et la lutte contre la criminalité transnationale organisée ». Beaucoup en Équateur y voient un prélude à un retour à l’époque où les États-Unis dominaient l’Équateur, y compris avec de nouvelles bases militaires, un soupçon que le gouvernement de Moreno dément.

Mais pour Correa, Moreno ramène l’Équateur à l’époque où il était soumis aux diktats du gouvernement américain...

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Tag(s) : #Amérique latine Equateur
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