Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mais qui est Alexandre Benalla, le protégé du Président ?
Mais qui est Alexandre Benalla, le protégé du Président ?

Au plus près d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla,

décrit comme "malin" mais "sanguin", a pris de plus en plus d'assurance à l'Elysée. Au point de vouloir y supplanter gendarmes et policiers.

Europe 1 JDD 21.7.2018

… En 2017, Benalla, réserviste de la gendarmerie, intègre (avec le grade de lieutenant-colonel) la "réserve opérationnelle spécialisée", un club VIP assez fermé, qui ne compte qu'une centaine de membres.

En 2016, Cazeneuve "dit niet" à Macron

C'est en juillet 2016 qu'il rejoint Macron. Quand le ministre de l'Économie quitte le gouvernement, il est privé de l'appui du Service de la protection (SDLP) : seuls les ministres régaliens bénéficient d'une protection prolongée. L'équipe de Macron fait bien une demande officielle, sans succès. "Cazeneuve a dit niet", raconte Christian Guédon, ex-officier du GIGN, qui fut le premier garde du corps recruté par Macron. C'est Ludovic Chaker, membre fondateur d'En marche, ancien des forces spéciales et spécialiste de kung-fu, qui recrute Benalla. D'abord comme "helper" (bénévole), puis comme salarié

…Alexandre Benalla : "Le préfet, je l'emmerde!"

Voilà qui crée des liens. Le nouveau chef de l'État, qui a conquis le pouvoir en quelques mois en s'appuyant sur un commando de fidèles, saura le remercier : le voilà signataire d'un "CDD à durée de mandat" en tant que chargé de mission auprès du chef de cabinet. Quand ceux qui le croisent à l'Élysée l'interrogent, il répond crânement : "C'est moi qui gère toute la sécurité privée." Alors que les déplacements du chef de l'État sont traditionnellement protégés par les policiers et gendarmes d'élite du GSPR, voilà un jeune homme de 25 ans, à l'expérience limitée, installé au même niveau de responsabilité… On l'aperçoit, en photo, derrière le Président, sur les pistes de ski ou dans la maison des Macron au Touquet. "C'est celui qui veille au grain sur la partie privée, résume un proche de Macron. C'est un fidèle. Et pour Macron, les fidèles, c'est les fidèles…"

L'homme de confiance est bien en cour, de plus en plus sûr de son importance. "C'est un cow-boy, un shérif", décrit un familier du palais. Des vidéos le montrent éconduisant sans ménagement un militant communiste, en novembre 2016 à Bobigny lors de l'annonce de la candidature de Macron, ou un journaliste de Public Sénat, en mars 2017 lors d'un meeting à Caen. En mars dernier, à Tours, il avait vivement pris à partie un responsable policier local : "Casse-toi! Tu nous gênes!" Plus récemment, lors du retour des Bleus champions du monde à l'aéroport de Roissy, Benalla s'était montré très autoritaire à l'égard d'un chef d'escadron de la gendarmerie : "Attention, vous ne savez pas à qui vous parlez!" Et d'ajouter : "Le préfet, je l'emmerde!" "Il a pété un plomb", estime un socialiste qui le connaît bien. "Être à 26 ans aux côtés du Président, ça ferait vriller n'importe qui", dit un ami du chef de l'État.

La reprise en main de la protection du chef de l'Etat a irrité Beauvau

Péché d'hubris? Le garde du corps du roi s'est senti pousser des ailes. Avec la nomination à l'Élysée, auprès du chef de cabinet, d'un commandant de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), une sorte de cellule parallèle semble avoir vu le jour, en liaison directe avec la préfecture de police. Selon David Le Bars, secrétaire général du SCPN (syndicat des commissaires), "Laurent Simonin (le contrôleur général de la DOPC placé en garde à vue) avait noué des relations particulières avec Alexandre Benalla, qui selon les éléments qui m'ont été rapportés lui faisaient espérer un avenir professionnel".

 

Et Benalla voulait aller plus loin : avec d'autres, il faisait partie du comité de pilotage sur la création d'une direction de la sécurité de la présidence de la République (DSPR), destinée à chapeauter toute la protection du chef de l'État. "L'idée était de reprendre la main, de devenir autonome par rapport au GSPR, qui dépend de l'Intérieur, d'ouvrir le recrutement à des profils mieux adaptés, tout en ayant la main sur la formation. C'était un projet de la présidence, validé au plus haut niveau."

 

Macron en avait accepté le principe, ce qui ne plaisait guère à la Place Beauvau. "Ça ne se fera pas", avaient assuré des responsables policiers, refusant même de participer aux réunions budgétaires. De quoi attiser les rivalités. "Ce jeune de 26 ans qui recadre tout le monde ne pouvait que se créer des inimitiés dans la police", poursuit cet ami pour lequel, si les premières vidéos ont été diffusées par les réseaux de La France insoumise, l'identification ultérieure de Benalla semble signée : "Le coup vient de l'Intérieur."

 

Un salaire de 7.113 euros brut mensuels

 

Au-delà d'une sanction initiale (deux semaines de mise à pied avec suspension de salaire), de nouvelles révélations sur l'appartement de fonction qu'il s'était vu attribuer à Paris, quai Branly (là où résidait jadis Mazarine, la fille cachée de François Mitterand), sur sa Renault Talisman de fonction ou sur son confortable salaire de 7.113 euros brut mensuels posent question : pourquoi tant de faveurs? Volonté de préserver un proche qui connaît nombre de ses secrets? Dérive du système monarchique français, où le chef de l'État donne ses ordres au GSPR, à la différence du Secret service américain, qui impose ses exigences? Le chef de l'État, qui a dû se résoudre à trancher cette protection trop rapprochée, lui a parlé au téléphone cette semaine après les premières révélations du Monde.

Prévu samedi, le mariage de Benalla à la mairie d'Issy-les-Moulineaux puis au Chalet des Îles, un restaurant du 16e arrondissement, a été annulé. Le chargé de mission devait aussi accompagner le couple présidentiel à Brégançon en août. Depuis sa garde à vue, son bureau à l'Élysée est fermé à double tour.

 

 

Tag(s) : #Macron
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :