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Marx, le Capital, et la critique des droits de l'homme

Réveil Communiste

Citations du capital, volume 1, en italiques, et texte substantiel par Olivier Imbert, professeur de philosophie, posté le 10 juillet 2018 en commentaire de celui-ci

:https://www.legrandsoir.info/universalite-des-droits-universels.html

Voilà ce que j'ajoute à la question du droit et des droits de l'homme, pour montrer que la critique de ces droits comme bourgeois et superstructurels surdéterminés par la base économique bourgeoise n'est pas juste un passage dans "la question juive" et erreur de jeunesse, mais bien une position de principe présente de manière scientifique dans le Capital livre 1 que je commente un peu en deux temps id est en passant à une phénoménologie de la lutte des classes dans la production !

« En réalité, la sphère de la circulation ou de l’échange de marchandises, entre les bornes de laquelle se meuvent l’achat et la vente de la force de travail, était un véritable Eden des droits innés de l’homme. Ne règnent ici que la Liberté, l’Egalité, la Propriété et Bentham. Liberté ! Car l’acheteur et le vendeur d’une marchandise, par exemple de la force de travail, ne sont déterminés que par leur libre volonté. Ils assent un contrat entre personnes libres, à parité de droits.
 
Le contrat est le résultat final dans lequel leurs volontés se donnent une expression juridique commune. Egalité ! Car ils n’ont de relation qu’en tant que possesseurs de marchandises et échangent équivalent contre équivalents. Propriété ! Car chacun ne dispose que de son bien. Bentham ! Car chacun d’eux ne se préoccupe que de lui –même. La seule puissance qui les réunisse et les mette en rapport est celle de leur égoïsme, de leur avantage personnel, de leurs intérêts privés.
 
Et c’est justement parce qu’ainsi chacun s’occupe de ses propres affaires, et personne des affaires d’autrui, que tous, sous l’effet d’une harmonie préétablie des choses ou sous les auspices d’une providence futée à l’extrême, accomplissent seulement l’œuvre de leur avantage réciproque, de l’utilité commune, et de l’intérêt de tous.
Au moment où nous prenons congé de cette sphère de la circulation simple et de l’échange des marchandises, à laquelle le libre-échangiste vulgaris emprunte les conceptions, les notions et les normes du jugement qu’il porte sur la société du capital et du travail salarié, il semble que la physionomie de nos dramatis personae se transforme déjà quelque peu. L’ancien d’argent marche devant, dans le rôle du capitaliste, le possesseur de force de travail le suit, dans celui de l’ouvrier ; l’un a aux lèvres le sourire des gens importants et brûle d’ardeur affairiste, l’autre est craintif, rétif comme quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché et qui, maintenant, n’a plus rien à attendre…que le tannage.
»

K.Marx, Le Capital, Chapitre IV, page 197 trad ES puis PUF puis ES.

Marx part de la sphère de l’échange marchand mais il note que cela se fait jusqu’à l’achat et la vente de la force de travail… Il affirme que tant qu’on en reste au seul échange comme circulation l’expression de la vie sociale se fait directement dans les valeurs morales ou juridiques des droits de l’homme : liberté, égalité, propriété ici.
Ironiquement il les fait tomber sur le nom propre et approprié de Bentham qui consiste à reprendre la thèse de Hobbes ou de Mandeville, sur l’aspect cupide par essence de l’individu humain, individu cherchant son bonheur et son intérêt particulier mais qui en ne s’occupant que de lui-même contribue alors au plus grand bien de tous, ainsi le lien entre la philosophie utilitariste pure et l’expression un peu idéalisée des droits de l’homme est établi comme l’unité systémique avec son expression en économie politique non scientifique donc idéologique ou fétichiste et illusoire, à savoir la main invisible de Smith, qui ici prend directement la figure germanique de l’expression métaphysique leibnizienne d’harmonie préétablie, ce qui d’ailleurs peut donner lieu à l’usage qui est celui de Tocqueville dans l’introduction de la Démocratie en Amérique, à savoir la providence conduisant vers l’égalité, ce qui donc sait mieux que les acteurs ce qui est bon pour eux…
 
Cette critique de l’aspect religieux du libéralisme et de l’économie politique bourgeoise, en ses limites dues à sa fétichisation ou chosification statique éternelle du capitalisme, apparaît déjà dans Misère de la philosophie, où Marx dans la seconde partie intitulée la métaphysique de l’économie politique, sixième et septième observations critique la téléologie ou finalité attribué à l’égalité ou à la réalisation du genre humain, cela pages 129/130 des Éditions sociales…
Mais l’aspect illusoire et cynique à la fois se voit en cela que dès qu’on sort de la sphère de l’échange on tombe alors dans l’univers de la production et là se révèle comme le négatif passant dans son révélateur se révèle à l’envers, ici se révèle à l’envers l’exploitation dans sa facture lourde à porter pour la majorité travailleuse de la population.

La propriété, ici est en terme de droit, ce qui montre là où se cache et se dévoile aussi l’inégalité, à savoir qu’il y a aussi un marché de l’emploi où se rencontre des propriétaires de monnaie sous forme de capital, et un propriétaire de force de travail qui n’est pas par essence un travailleur propriétaire du produit de son travail comme le dit la robinsonnade de Locke ou de Hobbes, reprise par A. Smith, mais, en tant que l’esclavage est aboli, propriétaire de sa force de travail.
 
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Tag(s) : #Idéologie
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