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 Hommage à ces héros

 par Jean LEVY

Arsène Ttchakarian, combattant  du groupe Manouchian, vient de nous quitter.

Il demeurait le seul survivant de ces combattants FTP, issus pour beaucoup d'entre eux de l'immigration, qui se sont jetés dans le combat antifasciste au sein de la Résistance armée animée par le Parti Communiste Français contre l'occupant allemand. Ils ont participé ainsi à la libération de la France aux côtés des patriotes de notre pays. 

Honneur et gratitude à ces hommes et femmes, venus d'ailleurs, pourchassés par des régimes fascistes et qui ont donné leur vie pour notre liberté. Craints et haïs par les nazis et les collaborateurs, ces résistants communistes ont subi l'outrage suprême d'être traités de bandits par leurs bourreaux, qui ont, sur les murs de Paris, placardé cette affiche infâme. 

N'est-ce pas la même calomnie que subissent encore aujourd'hui leurs frères communistes quand le combat de ceux-ci est toujours calomnié par l'idée, toujours répandue par les chiens de garde du Capital : Staline = Hitler ?

En mémoire d'Arsène Ttchakarian et de ses camarades du groupe Manouchian, écoutons à nouveau la belle chanson du poète communiste Louis Aragon, chantée par Léo Ferré 

L'affiche rouge
 
Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE

Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

Tag(s) : #Histoire
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