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Vietnam, Irak, Syrie : qui était vraiment John McCain, «héros» regretté par l'exécutif français ?© Valérie Hache Source: AFP
Le sénateur républicain John McCain lors de l'ouverture du 57e festival de la télévision à Monaco, le 16 juin 2017 (image d'illustration).
RT France

 

Plusieurs membres de l'exécutif français, chef de l'Etat en tête, ont rendu hommage au sénateur républicain. Qualifié de «héros américain», John McCain était partisan d'un interventionnisme américain sans limite.

Dans le sillage de nombreuses personnalités politiques américaines, plusieurs membres du gouvernement français ont tenu à saluer la mémoire du sénateur républicain John McCain, décédé le 25 août des suites d'un cancer du cerveau. 

«John McCain était un vrai héros américain. Il a consacré sa vie entière à son pays. Sa voix manquera. Nos pensées respectueuses vont à ses proches», a tweeté le 26 août, en anglais, le chef de l'Etat français Emmanuel Macron.

 

Le ministre des Armées Florence Parly a usé de termes similaires pour rendre hommage à celui qui fut candidat à la Maison Blanche. Elle a notamment affirmé que ce dernier avait «inspiré des générations de part et d'autre de l'Atlantique». 

 

Même tonalité du côté de Jean-Yves Le Drian. Le ministre des Affaires étrangères a entre autres regretté la disparition d'un «analyste subtil de la vie internationale».

Des remarques qui amènent à s'interroger sur cet homme, peu connu du grand public en France : quelles étaient ses positions internationales ?

Pilote lors de la guerre du Vietnam 

La vie de John McCain fut intimement liée aux conflits internationaux, à commencer par la guerre du Vietnam, conflit qui causera la mort de centaines de milliers de civils. Petit-fils d'amiral, il y effectue plusieurs bombardements en tant que pilote pour l'armée américaine, alors que l'opinion publique dénonce les opérations militaires contre la population vietnamienne en lutte pour son indépendance. 

Capturé en 1967 à Hanoï après s'être éjecté de son avion abattu par un missile, il reste prisonnier durant cinq ans et demi. Lors de cette période de détention, il subit plusieurs mauvais traitements dont des actes de torture, qui lui laisseront des séquelles physiques. Libéré en 1973, il est décoré à son retour par le président Richard Nixon. De l'armée à la politique, il n'y a qu'un pas pour John McCain qui entame sa carrière au sein des Républicains en 1982. 

 

Promoteur de la déstabilisation des «Etats voyous»

Au cours de sa longue carrière politique, l'ancien sénateur de l'Arizona a notamment été un fervent partisan de l'interventionnisme américain à travers le monde. En 1999, alors que Bill Clinton est à la tête des Etats-Unis, il soutient les bombardements américains (et de l'OTAN) de cibles serbes pendant la guerre du Kosovo. Alors que l'ONU peine à imposer une solution politique au conflit, John McCain reproche au président démocrate de ne pas envoyer davantage de troupes sur le terrain. 

Le journaliste Ben Norton a par exemple tweeté une carte datant de 2013 qui recense tous les pays dans lesquels «le belliciste» John McCain souhaitait voir «une intervention de l'armée américaine»

Ben Norton

En 2000, alors qu'il est candidat aux élections primaires du parti Républicain dans l'optique de concourir à l'élection présidentielle, il milite pour une politique internationale clairement interventionniste incarnée par son projet de «Refoulement des Etats voyous» (Rogue State Rollback). Ce projet consiste à appuyer financièrement et militairement les opposants politiques de différents dirigeants comme le Nord-Coréen Kim Jong-il et l'Irakien Saddam Hussein, au sein même de ces pays, désignés unilatéralement comme «voyous» par Washington. 

Fervent partisan de la guerre en Irak 

Trois ans plus tard, en 2003, les Etats-Unis de Georges W. Bush adoptent une ligne politique interventionniste, proche de la sienne, et décidant d'envahir l'Irak sous le prétexte de la présence sur place d'«armes de destruction massive». Malgré l’opposition de trois membres permanents du Conseil de sécurité (la Chine, la France et la Russie), l’ONU ne peut empêcher l’intervention américaine unilatérale en Irak.

Outre les centaines de milliers de morts du conflit, l’invasion américaine a conduit à l'effondrement de ce pays, et plus largement du Moyen-Orient, avec notamment la multiplication des attaques terroristes. C'est entre autres durant cette guerre qu'Abou Bakr Al-Baghdadi, futur numéro un de l'organisation djihadiste Daesh, a fait ses armes, passant cinq ans dans une prison américaine.

Alors que l'intervention de Washington se révèle être un fiasco, John McCain s'oppose au départ des troupes américaines décidé par Barack Obama, face à qui il échoue lors de l'élection présidentielle de 2008. Sa position : les Etats-Unis resteront en Irak «cent ans s'il le faut».

Le journaliste américain Michael Tracey rappelle sur son compte Twitter : «Souvenez-vous quand [John] McCain a suggéré en 2008 que l'armée américaine reste 100 ans en Irak, ce pour quoi il a été largement fustigé.»

Défenseur acharné des frappes de l'OTAN en Libye

En 2011, en Libye, John McCain soutient, une fois encore, l'interventionnisme américain dans le cadre de l'intervention militaire menée par l'OTAN. S'il ne défend pas alors l'idée d'une intervention au sol, il appelle à une intensification des bombardements. 

En outre

Lire aussi : Syrie : Moscou accuse les terroristes de préparer une attaque chimique, prétexte à des frappes US 

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https://francais.rt.com/international/53554-vietnam-irak-syrie-qui-etait-vraiement-john-mccain-heros-regrette-executif-fran%C3%A7ais

Tag(s) : #Etats-Unis, #Impérialisme
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