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Rassemblement pré-électoral du KKE, sur la place Syntagma, devant le Parlement grec

Rassemblement pré-électoral du KKE, sur la place Syntagma, devant le Parlement grec

Solidarité Internationale PCF

 

Article de Giorgos Marinos, membre du Bureau Politique du Comité Central du Parti communiste de Grèce (KKE) dans l'édition d'août 2018 d'African Communist - la revue théorique du Parti communiste sud-africain (SACP)

Traduction en français NK pour Solidarité Internationale PCF
 

Nous aimerions remercier le Parti communiste sud-africain de nous avoir donné l'occasion de tenter de partager avec nos camarades quelques éléments fondamentaux de l'expérience du Parti communiste de Grèce (KKE). A notre avis, l'échange de vues sur les questions de la lutte de classe et du mouvement communiste renforce nos connaissances et notre expérience.

INTRODUCTION

Le KKE a été fondé en tant que parti de la classe ouvrière il y a un siècle, en novembre 1918, à la suite de la fusion du mouvement ouvrier avec le communisme scientifique, sous l'impact décisif de la révolution socialiste d'Octobre.

Dans les années 1920 et 1930, le parti faisait ses premiers pas tout en étant à l'avant-garde de la lutte populaire. Il fut confronté à la répression de l’État bourgeois, à la dictature en 1925 et 1936, à de sévères conditions d'illégalité, d'emprisonnement et d'exil.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de la lutte pour la libération, il a joué un rôle de premier plan dans la fondation du Front de libération nationale (FLA) et de l'Armée populaire de libération nationale grecque (ELAS) qui ont libéré une grande partie du pays des forces d'occupation nazies, où des cellules du pouvoir populaire, des milices populaires, des structures de justice populaire, des gouvernements locaux furent formés.

Après l'éviction de la machine de guerre allemande et la libération du pays, le parti, en raison de sa stratégie erronée, n'est pas allé de l'avant pour affirmer le pouvoir d’État. Au contraire, il s'est enfermé dans un effort pour assurer un développement démocratique sans heurts ; il a signé des accords inacceptables avec les forces bourgeoises ; il a participé au gouvernement bourgeois en septembre 1944 avec 6 ministres et, en février 1945, il a rendu ses armes.

En d'autres termes, notre Parti n'a pas été en mesure d'utiliser la situation révolutionnaire créée fin 1944 et qui a pris fin en 1946 après une période de déclin.

Dans des conditions de dure répression, en 1946, notre parti s'est lancé dans la guérilla, il a fondé l'Armée démocratique de Grèce qui a combattu héroïquement pendant trois ans, une lutte qui constitue le point culminant de la lutte de classe en Grèce. La guerre civile a été gagnée par la classe bourgeoise soutenue par l'impérialisme britannique et américain et en 1949, les militants de l'ADG ont cherché refuge dans les pays socialistes.

Des milliers de communistes tombèrent sur les champs de bataille, furent exécutés par les pelotons d'exécution de la bourgeoisie, des milliers furent emprisonnés et envoyés en exil. Le KKE a été interdit de 1947 à 1974. Cette période a été la plus longue période d'illégalité pour notre parti.

Après la guerre civile et dans les dures conditions d'illégalité, le parti a maintenu des organisations du parti illégales. Dans le même temps, après 1951, le parti opérait dans les rangs de la coalition "Gauche démocratique unifiée" (EDA), une alliance avec un programme social-démocrate qui comprenait des forces communistes et sociales-démocrates. Malgré ses luttes pour les intérêts des travailleurs, l'EDA s'est révélée être un terreau fertile pour les positions opportunistes et les illusions.

En 1958, la direction du parti a décidé la dissolution des organisations du parti et l'adhésion des communistes à l'EDA, qui participait aux élections, et qui en 1958, occupa la deuxième place avec 24%.

La dissolution des organisations du parti a été une grave erreur du parti qui a eu des répercussions négatives sur l'indépendance organisationnelle, idéologique et politique du parti.

Les illusions parlementaristes ont encore été entretenues ; le parti a coopéré avec les forces sociales-démocrates bourgeoises "centrales", alors que ses forces n'étaient pas préparées lorsque la dictature militaire a été établie en Grèce en avril 1967. Néanmoins, les communistes, avec leurs activités illégales, ont joué un rôle de premier plan dans la lutte contre la dictature, et beaucoup ont été envoyés en prison et en exil.

Dans les années 1960, l'opportunisme s'est renforcé à l'intérieur du parti, conduisant à une intense confrontation politique idéologique. En 1968, après une dure bataille lors de la 12ème session plénière du Comité Central, dans des conditions d'illégalité, le groupe opportuniste de droite fut vaincu et le parti scissionna.

Le parti s'est relevé et a poursuivi sa lutte. Après la chute de la dictature en juillet 1974, il a imposé sa légalisation de fait.

Les années 1980 ont été marquées par le développement des organisations du parti, qui avaient été reconstruites sous la dictature, ainsi que par le développement de la Jeunesse Communiste de Grèce (KNE), fondée en 1968. Les communistes ont conquis de nombreuses positions dans le mouvement syndical et ont joué un rôle de premier plan dans la lutte des classes.

A une époque où les signes de contre-révolution et de renversement du socialisme étaient évidents, le KKE a coopéré avec les forces opportunistes qui avaient été expulsées du parti en 1968 ainsi qu'avec les forces sociales-démocrates. En 1989, il a formé la "Coalition de la gauche et du progrès - Synaspismós", prédécesseur de SYRIZA, qui est actuellement le parti au pouvoir dans notre pays.

Cette évolution a donné lieu à une nouvelle vague d'opportunisme.  L'existence du KKE était en jeu étant donné la contre-révolution et le renversement du socialisme en Union soviétique et dans les autres pays de construction socialiste. Les communistes ont résolu le problème lors du 13ème Congrès du parti en 1991. Lors de ce Congrès, le parti a décidé de retirer ses forces de la "Coalition", il a clarifié ses lignes et a avancé sur la base du marxisme-léninisme, et s'est engagé dans le changement révolutionnaire.

L'étude de l'histoire du KKE à cette époque nous a permis de tirer des conclusions significatives :

Premièrement, sur la nécessité d'une stratégie révolutionnaire, qui doit être en phase avec le caractère de notre époque, une époque de transition du capitalisme au socialisme.

Deuxièmement, sur la préparation idéologico-politique et organisationnelle multiforme du parti pour faire face aux conditions complexes créées par la lutte de classe, sur la nécessité de rejeter les illusions parlementaristes et d'utiliser la situation révolutionnaire pour la révolution socialiste et la lutte pour le pouvoir ouvrier.

Troisièmement, sur la sauvegarde de l'indépendance organisationnelle, idéologique et politique du parti dans toutes les conditions, y compris dans l'illégalité, dans la guerre impérialiste, dans la dictature ou le fascisme, ainsi que sur le rejet de la participation aux alliances bourgeoises, aux "coalitions de gauche" (ou quelque soit leur nom) qui dans la pratique nient l'indépendance du parti et conduisent à des compromis au détriment de la lutte pour le pouvoir.

Quatrièmement, sur le refus de la participation ou du soutien à des gouvernements bourgeois et la sauvegarde du parti afin qu'il ne se retrouve pas sous la bannière de sections de la classe bourgeoise.

Cinquièmement, la lutte résolue et sans compromis contre l'opportunisme qui est un vecteur pour la pénétration de l'idéologie bourgeoise dans le mouvement ouvrier et communiste, ce qui peut conduire à la liquidation.

PÉRIODE RÉCENTE

Après la crise de 1990-1991, le parti a pris des mesures décisives pour reconstruire les organisations du parti ; il a renforcé son orientation vers la classe ouvrière, en gagnant des forces et des syndicats, et lors du 15ème Congrès en 1996, il a commencé l'élaboration de nouvelles directives programmatiques. Dans ce contexte, il a remplacé la stratégie des étapes de transition qui a abouti à la conclusion qu'en Grèce, pays occupant une position intermédiaire dans le système impérialiste, les conditions matérielles préalables à la nouvelle société avaient mûri et que la lutte devait donc viser à résoudre la contradiction fondamentale entre capital et travail.

Il s'agit là d'une réalisation importante qui s'est développée avec l'étude des causes et des facteurs qui ont conduit au renversement du socialisme en Union soviétique et dans les autres pays de construction socialiste, une question qui a été traitée par le 18ème Congrès en 2009, et par le débat pertinent qui a contribué à enrichir la stratégie du parti.

Sur la base de l'élaboration de ce matériel et de nouvelles études sur le développement du capitalisme en Grèce, ainsi que de l'expérience du mouvement communiste international, notre parti a approuvé un nouveau programme lors de son 19ème Congrès en 2013.          

Le programme précise en outre que les renversements contre-révolutionnaires ne changent pas le caractère de notre époque, le caractère de la révolution comme élément clé de la stratégie du Parti communiste qui agit dans les conditions du capitalisme monopoliste, c'est-à-dire de l'impérialisme, n'est pas déterminé par la corrélation actuelle des forces mais par la maturité des conditions matérielles du socialisme et la contradiction à résoudre selon l'évolution historique (à savoir la contradiction entre capital et travail).

Le programme du parti stipule que le peuple grec sera libéré des liens de l'exploitation capitaliste et des syndicats impérialistes lorsque la classe ouvrière, avec ses alliés, mènera la révolution socialiste et ira de l'avant pour construire le socialisme-communisme avec le pouvoir ouvrier, socialiser les moyens de production concentrés, développer l'économie avec une planification scientifique centrale, désengager le pays des organisations impérialistes de l'OTAN et de l'UE.

Les forces motrices de la révolution socialiste seront la classe ouvrière comme force principale, les semi-prolétaires, les couches populaires opprimées des travailleurs indépendants urbains, les paysans pauvres, qui sont négativement affectés par les monopoles, et qui pour cette raison ont un intérêt objectif dans leur abolition, l'abolition de la propriété capitaliste, dans la chute de son pouvoir, dans les nouveaux rapports de production. Aujourd'hui, dans une situation non révolutionnaire, le KKE s'efforce de préparer le facteur subjectif à la perspective d'une révolution socialiste, bien que la période de son déclenchement soit déterminée par des conditions préalables objectives, à savoir la situation révolutionnaire ("ceux qui sont au-dessus" ne sont plus capables de gouverner et "ceux qui sont en dessous" ne veulent plus vivre comme avant).

La nécessité de la préparation du parti et du mouvement populaire ouvrier implique les tâches suivantes : le renforcement du KKE, le regroupement du mouvement ouvrier, l'alliance sociale qui exprime les intérêts de la classe ouvrière, les semi-prolétaires, les travailleurs indépendants dans les centres urbains et les agriculteurs pauvres, les jeunes et les femmes de la classe ouvrière et les couches populaires dans la lutte contre les monopoles et le capital.

Le travail du parti dans tous les domaines de la lutte de classe est guidé par la stratégie du parti et la ligne correspondante pour le rassemblement des forces. De même, par l'intervention des communistes dans le mouvement syndical, dans le travail parlementaire, dans l'administration locale, sur tous les fronts qui concernent les problèmes de la classe ouvrière, des couches populaires, de la jeunesse.

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http://solidarite-internationale-pcf.fr/2018/09/la-politique-parlementaire-et-le-parti-communiste-l-arene-electorale-l-experience-et-les-lecons-de-la-grece-et-du-kke.html

Tag(s) : #Europe Grèce
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