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Une démarche de P. Martinez inacceptable !

 

On apprend par Les Echos (voir ci-après) l'existence d'une démarche commune P. Martinez et de Laurent Berger de la CFDT.

Cette démarche commune auprès des autres organisations syndicales avant une rencontre avec le patronat prévue pour le 11-12 décembre, si elle ne précise pas l'objectif visé s'inscrit incontestablement dans la logique des propositions de la CFDT et du pouvoir face au mouvement des gilets jaunes : réduire le rôle des syndicats dits « corps intermédiaires » à un rôle institutionnel de régulation et d'amortissement des conflits sociaux.

Il ne s'agit pas d'un procès d'intention mais d'une appréciation fondée sur les faits, la réaction au mouvement des « gilets jaunes », la caractérisation de ce mouvement étant profondément révélatrice des orientations des uns et des autres :

Dans un premier temps, pour justifier une mise à distance et une forme d'attentisme c'est l'argument de la présence du F_haine qui a été utilisée, alors que le mouvement était/est un authentique mouvement, un véritable soulèvement populaire.

Tandis que Berger participait à la stigmatisation du mouvement et pour voler au secours du pouvoir, sérieusement mis en cause, se comportait comme d'habitude en véritable pompier du mouvement social en proposant ses services et ceux des organisations syndicales.

En invitant à la réunion des "corps intermédiaires" pour construire un "pacte social de la conversion écologique" en réponse à la crise des "gilets jaunes".

Autrement dit, en vérité, en voulant faire jouer aux syndicats le rôle d'éteignoir et en légitimant les mesures de classe, injustes, inégalitaires et les contre-réformes Macron-Medef-UE se servant de la transition énergétique comme un prétexte et une justification.

Une telle attitude étant par ailleurs de nature à conforter le rejet et la méfiance à l'encontre de toutes les organisations, syndicats compris considérés - à juste raison souvent et malheureusement en tout cas à leur tête - comme des institutions destinées à conforter et faire perdurer le système d'exploitation et de mépris des plus humbles en particulier.

Par conséquent, entamer dans cette situation une démarche commune avec Laurent Berger, sans que de plus, aucune critique ne soit formulée sur sa démarche constitue une faute profonde

C'est ce en quoi cette démarche est inacceptable, car elle s'inscrit sans conteste dans une trajectoire du cadre imposé par la classe dominante aux syndicats, comme en atteste la lamentable lettre commune au patronat du 25 septembre dernier revendiquant l'attachement au "dialogue social".

VOIR à ce propos nos articles sur le dialogue social  :

http://www.frontsyndical-classe.org/-204

http://www.frontsyndical-classe.org/-59

http://www.frontsyndical-classe.org/2017/10/cgt-du-92-en-finir-avec-l-imposture-du-dialogue-social.html

http://www.frontsyndical-classe.org/2016/01/le-dialogue-social-comme-outil-d-integration-du-mouvement-syndical.html

 

En dépit de cette attitude de la direction confédérale de très nombreuses structures de base de la CGT ont cependant entrepris des initiatives visant à la convergence avec les "gilets jaunes" à partir du constat de la similitude de très nombreuses revendications visant à s'opposer aux régressions sociales, aux contre-réformes et à la situation imposée par le capital aux classes populaires.


C'est d'ailleurs cette montée incontestable des convergences y compris dans les manifestations de ce samedi 1er décembre comme par exemple à Marseille qui explique à la fois le silence abyssal des médias sur ces manifestations et ces convergences, et la tentation du pouvoir d'encourager et de mettre en scène la violence afin de déplacer la question sociale et politique à laquelle il est confronté sur le terrain du rétablissement de l'ordre et de la paix civile.

En brandissant l'arsenal répressif de toutes les bourgeoisies en difficulté !

Pour la CGT dans son ensemble le choix est donc binaire : OU persister dans le funeste et détestable "syndicalisme rassemblé" de compromissions de sommets intersyndicaux et d'unité factice OU donner sans aucune espèce d’ambiguïté la priorité absolue à la connexion aux revendications populaires à partir de ses propres objectifs.

Sans renoncer au débat, à l'échange et à la confrontation d'idées avec le mouvement.

Objectifs qui rappelons le combinent - dans la fidélité à la Charte d'Amiens dont la CGT se réclame toujours - la lutte revendicative la plus concrète au quotidien ET la lutte pour "l'émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste".

Une question d'orientation majeure qui devra bel et bien être tranchée au prochain congrès de la CGT.

Dans l'immédiat la condamnation de la démarche entreprise avec la CFDT doit s'exprimer fortement pour que prévale la CGT de combat fidèle à sa glorieuse tradition historique au moment même où une situation de révolte populaire se développe dans le pays.

Le Front Syndical de Classe

2 décembre 2018

 

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