Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pour la défense des retraites à Nantes

Pour la défense des retraites à Nantes

Le Figaro

La concertation prévue ce premier lundi de janvier est retardée . Le député de la majorité veut aller plus loin.

Effet collatéral de la crise des « gilets jaunes », la concertation sur la réforme des retraites, suspendue par le gouvernement depuis le début du mois de décembre, ne reprendra pas, comme c'était prévu, ce lundi. Le haut-commissariat chargé de sa mise en œuvre et piloté par l'ex-médiateur de la République Jean-Paul Delevoye l'a annoncé samedi matin, confirmant une information du quotidien L'Opinion.

Les discussions devaient reprendre le 21 janvier, soit avec deux nouvelles semaines supplémentaires de décalage (en plus de deux intervenues début décembre) sur le calendrier annoncé.

La raison ? La priorité laissée au lancement, dans les jours qui viennent, du grand débat national voulu par Emmanuel Macron pour redonner la parole aux Français en cette période socialement tourmentée. Et éviter ainsi tout parasitage inutile et malvenu dans la discussion.

L'objectif visé n'est nullement, à en croire l'exécutif, de reporter la présentation, prévue au printemps ou début de l'été, du projet de loi visant à « changer en profondeur le système de retraite pour le rendre plus juste », comme l'a rappelé le chef de l'État le 31 décembre. Et encore moins le vote du texte, qui doit intervenir, après avoir été annoncé avant l'été, dorénavant « courant 2019 », selon le président de la République. Le calendrier reste inchangé et c'est la poursuite de la concertation préalable, qui a débuté en mai 2018 et devait reprendre ce lundi, qui est juste décalée.

Reste que, compte tenu du contexte actuel, rien ne dit que le calme reviendra suffisamment dans le pays pour permettre une reprise sereine, avec les partenaires sociaux, du débat. Avenir des réserves de certaines caisses de retraite, type de gouvernance, modalités précises de départ, niveau des taux de cotisation, convergence des régimes spéciaux… les questions à trancher lors de cette nouvelle phase de concertation sont explosives et nécessiteront énormément de pédagogie pour en faire partager les réponses sur le terrain.

C'est pourquoi un premier député LaREM, Olivier Damaisin, réclame maintenant le report officiel de la réforme à 2020. L'élu de Lot-et-Garonne s'explique dans nos colonnes.

LE FIGARO. - Vous demandez depuis la fin décembre que le gouvernement sursoie à l'actuelle concertation sur la réforme des retraites et reporte d'un an la loi prévue pour 2019. Pourquoi ?

Olivier DAMAISIN. - Après la révolte des « gilets jaunes », je ne me vois pas aller parler des retraites sur le terrain. Ce n'est pas la priorité du moment. Il faut d'abord réussir le grand débat citoyen voulu par le président de la République, qui va s'engager mi-janvier et nous occuper jusqu'à fin mars. Je reste convaincu à 200 % de la nécessité de faire la réforme des retraites, il me paraît simplement judicieux de reporter la loi à 2020 au lieu de 2019.

Cela nous laissera plus de temps pour expliquer, or il y a un gros besoin de pédagogie. En tant que rapporteur des pensions et des régimes spéciaux au sein de la commission des finances de l'Assemblée, j'ai auditionné les syndicats, notamment de la SNCF et de la RATP. Ils ne sont pas du tout prêts à accepter un départ en retraite à 62 ans alors que les agents partent en moyenne à 53 ans. « Après la révolte des “gilets jaunes”, je ne me vois pas aller parler des retraites sur le terrain »,explique Olivier Damaisin(ici à l'Assemblée nationale).

Vous aviez été sélectionné à la rentrée pour intégrer le groupe des « ambassadeurs des retraites » constitué par 38 parlementaires de la majorité, dont la mission était de porter politiquement la réforme sur le terrain. Vous venez de démissionner de cette fonction. Pourquoi ?

Je ne peux pas tout faire ! Je viens d'être nommé référent de la région Aquitaine pour le grand dé-bat : on ne peut pas courir plusieurs lièvres à la fois. Ce n'est pas du tout par défiance vis-à-vis de la réforme des retraites, qui est absolument nécessaire, je le répète, et que je soutiens. Je ne suis pas frondeur, je ne cherche pas à polémiquer, mais nous avons quand même une liberté de parole. Élu d'un territoire rural, j'avais senti le mécontentement monter sur les 80 km/ h et la taxe gazole, et j'avais alerté le gouvernement dès octobre.

Cette fois encore, je dis attention de ne pas mettre la charrue avant les bœufs. J'ai fait une proposition, d'autres députés pensent comme moi, mais personne ne l'a reprise. Le gouvernement reste calé sur un texte fin juin, avant la fermeture de la session de printemps.

Quels points de la réforme en cours risquent, selon vous, d'être les plus délicats ?

J'ai beaucoup entendu sur les rondspoints les « gilets jaunes » dire que la réversion allait être supprimée. J'ai beau leur affirmer que c'est faux, on voit que c'est un sujet très sensible. L'âge de départ va être aussi un autre sujet de tensions. De même que les régimes spéciaux. La faiblesse des retraites agricoles est aussi un sujet. Les agriculteurs ont peut-être cotisé peu, mais ils ont travaillé beaucoup, et ils ne comprennent pas pourquoi certains partent avec seulement 600 euros.¦

par Marc Landré @marclandre et Marie-Cécile Renault 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :