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La plateforme d'Amazon avait été bloquée le 22 novembre 2018 à Montélimar.
La plateforme d'Amazon avait été bloquée le 22 novembre 2018 à Montélimar.

La plateforme d'Amazon avait été bloquée le 22 novembre 2018 à Montélimar.

Amazone, qui ne paie pas d'impôts en France - contrairement à ses salariés - se croit tout permis sur le plan du droit syndical. Nul doute que la firme US, invitée au Chateau de Versailles par le Président de la République, ne sera pas critiquée par Emmanuel Macron : contre les gilets jaunes, chacun utilise ses armes le licenciement pour l'un, le flash ball pour l'autre;  La caste des super-richesest solidaire entre elle.

Aux salariés, gilets jaunes ou pas, d'agir ensemble le 5 février.

Jean LEVY

Le Parisien logo

Amazon met à la porte des salariés pro-Gilets jaunes

Trois employés ont récemment été licenciés pour «faute grave» par le géant du commerce en ligne. La raison ? Avoir, sur les réseaux sociaux, soutenu des actions ou tenu des propos contre leur employeur.

L’un a eu cette petite phrase, en forme d’encouragement : « Franchement, vous gérez, les gens, ne lâchez rien ! ». L’autre a fixé rendez-vous à ses collègues à l’aube devant la porte de son lieu de travail pour partir bloquer un entrepôt voisin, à Lesquin (Nord). Un troisième, enfin, a lancé à la cantonade : « il faut du renfort et des palettes, les amis ! ».

Philippe, Lionel ou encore Sylvain*, trois salariés âgés d’une vingtaine d’années et employés sur les plates-formes logistiqued’Amazon à Montélimar (Drôme) ou encore Lauwin-Planque près de Douai (Nord) ont été un peu trop bavards ces dernières semaines sur leur compte Facebook. Le tort de ces trois hommes, ouvertement « pro-Gilets jaunes » ? Avoir tenu des propos « d’une singulière gravité […] en opposition totale aux valeurs de l’entreprise », avoir manqué, également, à leur « obligation de loyauté », peut-on lire sur les lettres de licenciement pour faute grave, que nous nous sommes procurées, envoyées par le géant du commerce en ligne depuis un mois.

 

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Un extrait de la lettre de licenciement./DR.

LIRE AUSSI >Un des salariés licenciés : «C’était une bricole !»
 

Dans ces entrepôts, qui emploient quelque 3 000 salariés chargés de remplir les paquets de la firme américaine avant qu’ils soient expédiés partout en France, ces licenciements en série ont provoqué un émoi. Deux débrayages ont été organisés en soutien à l’un de ces hommes la semaine dernière sur le site de Montélimar (Drôme), tandis qu’un appel à la grève a été lancé pour mardi par les syndicats Sud-Solidaires, CGT et les Gilets jaunes Hauts-de-France et Drôme.

Peu probable que la justice leur donne gain de cause

« Chez Amazon, la majorité des collègues sont sympathisants des Gilets Jaunes, quelques-uns sont activistes, assure Habib Latreche, représentant syndical (CGT) sur le site de Douai. La direction a pris la décision de les licencier pour en faire des cas exemplaires et dissuader les autres d’agir », poursuit le syndicaliste qui demande la « réintégration » des salariés licenciés. D’après Guillaume Reynaud, représentant syndical CGT à Montélimar, l’un de ces ex-salariés, au moins, aurait désormais l’intention de faire appel au tribunal des prud’hommes pour contester son licenciement.

Contacté, le groupe Amazon, qui reconnaît avoir envoyé « une dizaine de notifications » à des salariés sur ses différents sites en France, persiste et signe. « Ces personnes ont été licenciées car elles n’ont pas respecté leurs obligations contractuelles, soutient, laconique, une porte-parole du géant américain. Mais elles sont libres de leur opinion politique », assure-t-elle, se défendant de toute « chasse aux Gilets jaunes ».

* Les prénoms ont été modifiés

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