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D'hier à aujourd'hui
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NOTE de Ca n'empêche pas Nicolas

par Jean LEVY

Depuis 1933, et même depuis les années 1980, l'évolution du capital par sa financièrisation et sa mondialisation, s'est concentré à l'extrême : l'espace national ne correspond plus aux intérêts des sociétés transnationales : celles-ci  ont besoin d'un vaste champ d'action débarrassé de toute entrave, droits sociaux nationaux, frontières et douanes, qui limitent et  ralentissant leurs opérations.

Tel est l'objectif d'une "Europe souveraine" prônée par Emmanuel Macron, dans le cadre d'une Union européenne fédéralisée aux mains de Business Europe.

Mais cela dans un contexte géopolitique contraire aux vues de leur stratéges, face à l'émergence d'Etats à l'économie largement étatisée qui rivalisent avec les anciennes puissances impérialistes en en renduisant le champ économique, politique et stratégique d'action.

Cette situation exaspère la concurrence au sein même de l'oligarchie mondiale ,de ses entreprises multinationales, à travers les disparités des balances du commerce international d'Etat à Etat, créant des conflits d'intérêt au sein de l'impérialisme 

Aussi les sociétés transnationales n'ont plus la faculté de partager leurs profits avec d'autres couches bourgeoises. Les lois internes au capital financier obligent celui-ci a acaparer, non seulement les richesses dépendant encore du champ public, mais de larges secteurs de l'économie bourgeoise non encore mondialisés, ayant encore des liens avec l'espace national. Cette situation crée des félures au sein des différents niveaux de la bourgeoisie aujourd'hui éclatée. 

C'est dire que les shémas hérités du nazisme et de la seconde guerre mondiale se sont modifiés : ils nécessitent une stratégie renouvelée tenant des objectifs actuels des secteurs dominants du capital mondialisés, des répercussions de leur politique, en tenant compte des nouveaux rapports de force, tant en France qu'en Europe et dans le monde.

Calquer la situation et la stratégie d'hier sans tenir compte des changements intervenus dans l'évolution du capital aujourd'hui largement mondialisé et profondément financiarisé, des rapports de force au sein de notre pays entre celui-ci et la bourgeoisie encore liée à l'espace national, ne pas voir cela réduit le champ d'action des forces de progrès engagées dans un combat de classe contre la politique développée directement en France par l'oligarchie.

Le combat qui se développe depuis trois mois en France, grâce en grande partie au mouvement des gilets jaunes,  ouvre de nouvelles perspectives. Leur action a politisé des couches populaires, jusqu'ici retranchées dans l'abstention sociale et politique.

Cette intevention a aussi permis à des secteurs bourgeois de prendre conscience de leur aliénation à l'ordre oligarchique. Cette attitude nouvelle encore en gestation, devrait permettre d'agir plus aisément à la réalisation en France à la constitution d'un front large contre la minorité du capital mondialisé qui gére aujourd'hui notre pays, conduisant celui-ci à sa dislocation en tant qu'Etat souverain et à la mise sous tutelle de sa population, promise à un rôle d'esclave.

Saisir quel est l'ennemi principal demeure en ces temps de changement la question essentielle.

Ceci devrait réfléchir ceux qui, parlant au nom du "marxisme-léninisme", s'en tiennent aux clivages d'hier et de faire de "l'antifachisme" la pierre de touche des clivages d'aujourd'hui.

Nous ne sommes plus du temps du Dictateur.

Mais à celui de la Banque Rothschild...

Nazisme et grand capital

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Sans vouloir déconsidérer le message humaniste du film de Chaplin , on peut quand même regretter que la caricature qu’il donne d’Hitler n’aide pas à comprendre pourquoi et comment un mouvement aussi répugnant que le nazisme soit parvenu au pouvoir légalement dans un pays considéré comme un des fleurons culturels de l’Europe.

On peut même penser que le succès qu’a rencontré ce film en Occident doit beaucoup au fait qu’il a contribué à faire oublier qu’Hitler et le nazisme n’ont dû leur victoire qu’à l’appui politique et financier des représentants des firmes les plus puissantes du capitalisme allemand.

Soutenu seulement par certains cercles de l’armée, Hitler et le parti nazi ont longtemps été marginalisés. Au point que leur putsch de Munich en novembre 1923 tournera à la farce lamentable.

C'est que craignant une réaction trop vigoureuse de la classe ouvrière, la bourgeoisie souhaitait mettre fin à la République de Weimar et instaurer un pouvoir autoritaire, mais de manière constitutionnelle. A partir de 1924, Hitler, qui a retenu la leçon, décide de lancer son parti dans les compétitions électorales - toutefois sans succès jusqu’en 1929. C’est alors que, la conjoncture se dégradant après une période de relative stabilité, les milieux les plus réactionnaires du grand capital se tournent vers le parti nazi.

Parmi eux, Emil Kirdorf fondateur du consortium houiller de Rhénanie-Westphalie et de la société minière de Gelsenberg, et Alfred Hugenberg, représentant la grande industrie de la Ruhr, qui deviendra le ministre de l'Economie du premier cabinet de Hitler. 

Grâce à ces nouveaux appuis financiers, le parti nazi peut diffuser plus largement et plus intensément sa démagogie sociale et ainsi devenir, aux élections fédérales de 1930, le deuxième parti du pays avec plus de 6 millions de voix et 109 députés.

Hitler et son parti avaient ainsi prouvé à la grande bourgeoisie qu’ils représentaient l’instrument dont elle avait besoin pour assurer une transition de la démocratie parlementaire à un régime ouvertement dictatorial. Pour parfaire sa respectabilité, le 25 septembre 1930, Hitler prête serment de fidélité à la légalité devant la Cour suprême du Reich et nomme à des fonctions importantes de son parti des hommes de confiance du capital financier parmi lesquels des représentants de la banque Schröder, de la Deutsche Bank, du groupe des aciéries Thyssen,...

Le 27 octobre 1931, devant un parterre de financiers américains, Carl Friedrich von Siemens, PDG de la firme Siemens, fait l'éloge des nazis et de leur volonté d'éradiquer le socialisme en Allemagne.

Toutefois, lors des élections fédérales de novembre 1932, le parti nazi perd 2 millions de voix et 40 sièges. Les grands industriels et des grands propriétaires terriens qui le soutiennent décident alors d’accélérer le mouvement. Le 19 novembre 1932, ils adressent une requête collective au maréchal Hindenburg, président de la République, lui demandant avec insistance la nomination d’Hitler au poste de chancelier.

Ce sera chose faite le 30 janvier 1933 après qu’une rencontre entre Hitler et l’ancien chancelier Franz von Papen, dans la villa du banquier Kurt von Schröder, ait permis de sceller les derniers arrangements.

Source : Kurt Gossweiler, Hitler l'irrésistible ascension ? Essais sur le fascisme, Ed. Aden, 2006.

Jean-Pierre Dubois

Source : Le Petit Blanquiste

 

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