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Arme du capitalisme, le chômage tue...Une étude de l'Inserm

Déjà en 2014, une étude menée par Pierre Meneton chercheur Inserm (unité 1142 Laboratoire d’informatique médicale et ingenierie des connaissances pour la e-sante (Limics), Bobigny) intitulée Unemployement associated with high cardiovascular event rate and increased all-cause mortality in middle-aged socially privileged individuals a été publiée dans la revue International Archives of  Occupational and Environmental Health.

L’étude a été réalisée à partir d’une cohorte de 6 000 volontaires en bonne santé, âgés de 35 à 64 ans, répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain français et suivis pendant 12 ans (1995-2007).

Le volontariat et le choix d’étudier des personnes en bonne santé aboutissent nécessairement à sélectionner des personnes plus éduquées et socialement plus favorisées que la moyenne.

Ainsi, les pourcentages de personnes ayant atteints un niveau d’éducation universitaire ou occupant un poste de cadre sont presque deux fois plus élevés dans la cohorte étudiée que dans un échantillon représentatif de la population française auquel elle est comparée.

Les analyses montrent que la condition de chômeur au début du suivi est associée à un risque d’accidents cardiovasculaires (infarctus du myocarde et accidents vasculaires cérébraux) presque deux fois plus élevé et à une mortalité toutes causes confondues presque trois fois plus élevée par rapport à des personnes de même âge et de même sexe occupant un emploi.

Cette association dépend en partie des facteurs de risque habituels que l’on retrouve plus fréquemment chez les chômeurs (tabagisme, alcoolisme, alimentation déséquilibrée, sédentarité) mais pas seulement. Indépendamment de ces facteurs de risque, il existe un effet propre au chômage qui suggère que ce dernier favorise l’apparition de troubles du sommeil et de dépressions, connus pour augmenter le risque cardiovasculaire.

C’est bien la condition sociale représentée par le chômage qui a été étudiée par les chercheurs et non l’inactivité professionnelle en soi, puisque l’augmentation du risque cardiovasculaire et la surmortalité ne se retrouvent pas chez les personnes volontairement inactives ou chez les retraités.

Les résultats publiés en 2015 ont mené l’équipe de recherche à poursuivre ses investigations dans le cadre de la cohorte épidémiologique généraliste Constances constituée de 200 000 adultes, dont l’Inserm est partenaire.

Tag(s) : #Capitalisme, #Santé
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