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Elections européennes, en France et ailleurs

et consumimur igni 

Ce n’est pas facile d’analyser les élections pour le parlement européen parce qu’en effet il se mêle au-delà des considérations générales sur l’Union européenne, des enjeux nationaux.

Le premier gagnant en France est, quoiqu’on en dise, l’abstention. Les européistes se sont gargarisés d’une forte progression de la participation, et en effet elle arrive à dépasser le chiffre magique des 50%. Mais si nous regardons le contexte, nous voyons qu’il y avait 34 listes en présence, donc une « offre » très large qui allait de la droite extrême macronienne qui vise la dissolution de la France à la liste de l’UPR qui prône une sortie directe de l’Union européenne et de l’OTAN pour retrouver une souveraineté véritable.

Malgré cette large palette d’opinions, l’abstention est à 49,88% [il me semble qu’un tel chiffre diffusé par le ministère de l’intérieur est calculé opportunément pour arriver à moins de 50%, sans doute trafiqué en avançant que les résultats ne sont pas définitifs] mais à cela on doit ajouter 2,32% de votes blancs et 2,21% de votes nuls. On arrive ainsi à un taux de non-participation à cette farce de 54,4% ! Si j’ajoute à ces 54,4% les scores de l’UPR et de Debout la France, et quelques autres qui se sont perdus dans des calculs politiciens, il y a potentiellement en France 60% de l’électorat qui est mûr pour le Frexit.

Cependant celui-ci pour des raisons sur lesquelles nous reviendront, n’a pas trouver un parti ou un homme politique pour l’incarner et le dynamiser. Dans ce contexte, il est difficile de parler de gagnant, on a cette curieuse impression que tous les partis ressortent perdants de cette consultation. 

Le premier perdant est d’abord et avant tout Macron. Sa liste laborieusement constituée à coups de débauchages ici et là était donnée avant la crise des gilets jaunes à 32%, elle récoltera 10 points de moins. Et pourtant Macron aura tout donné pour limiter les dégâts, il est en effet en campagne depuis janvier 2019, occupant le devant de la scène et des écrans sans même que le CSA n’y trouve rien à redire. Le CSA avait même donné en plus un avantage en termes de minutes de diffusion des spots publicitaires à la liste LREM. Puisque sans raison particulière, le CSA accordait 55 minutes à LREM et moins de 50 à la liste du RN. Macron a également raclé tous les fonds de tiroirs pour tenter de s’en sortir, il a débauché les Républicains comme Raffarin ou Estrosi, les juppéistes si on veut, quelques débris du Parti socialiste comme Ségolène Royal, ou encore des anciens Verts à la recherche d’un salaire comme Pascal Canfin, histoire de se trouver une petite caution écologiste, alors même que le tiède Nicolas Hulot avait dénoncé sa politique inepte en la matière avant que de démissionner. Cette politique de débauchage tout azimut a finalement payer, parce que la liste des Républicains amenée par le fade François-Xavier Bellamy, alors qu’elle était promise à un score à deux chiffres, s’est effondrée au-dessous des 10%. Macron apparait maintenant comme le représentant de la droite ordinaire, européiste et affairiste : il a reconstitué péniblement l’UMPS. Le résultat de la liste Macron est d’autant plus pitoyable que pour lors il s’était allié avec le MODEM. Macron, personnage peu sûr de lui, aime a triché avec les règles d’équité, quelques jours avant les élections il convoqua la presse quotidienne régionale à l’Elysée pour leur demander de relayer sa campagne publicitaire. Là encore le CSA ne trouva rien à redire. Normalement le président est censé être le président de tous les Français et non le porte-parole d’un pari en particulier. Malgré toutes ces mesquineries qui n’étonnent pas de la part d’un tel personnage, le résultat est très médiocre, mais il correspond assez à ce qu’il lui reste de popularité. Au premier tour des élections présidentielles de 2017, il avait réuni sur son nom 8,6 millions de voix, aujourd’hui, après deux ans d’exercice du pouvoir, il arrive péniblement à 5 millions, soit eviron 10% du corps électoral. Comme il fallait s’y attendre Macron à fait dire par ses employés de l’Elysée que finalement sa liste avait très bien résisté dans un contexte difficile, et donc qu’il n’avait aucune raison de ne pas continuer ses réformes pour le bien des Français. Il défie ainsi directement le peuple qui a du mal à le supporter encore, mais il ne peut pas masquer le fait que près de 80% des votants ont choisi une autre liste que la sienne.

 
  • Le premier perdant est d’abord et avant tout Macron. Sa liste laborieusement constituée à coups de débauchages ici et là était donnée avant la crise des gilets jaunes à 32%, elle récoltera 10 points de moins. Et pourtant Macron aura tout donné pour limiter les dégâts, il est en effet en campagne depuis janvier 2019, occupant le devant de la scène et des écrans sans même que le CSA n’y trouve rien à redire. Le CSA avait même donné en plus un avantage en termes de minutes de diffusion des spots publicitaires à la liste LREM. Puisque sans raison particulière, le CSA accordait 55 minutes à LREM et moins de 50 à la liste du RN. Macron a également raclé tous les fonds de tiroirs pour tenter de s’en sortir, il a débauché les Républicains comme Raffarin ou Estrosi, les juppéistes si on veut, quelques débris du Parti socialiste comme Ségolène Royal, ou encore des anciens Verts à la recherche d’un salaire comme Pascal Canfin, histoire de se trouver une petite caution écologiste, alors même que le tiède Nicolas Hulot avait dénoncé sa politique inepte en la matière avant que de démissionner. Cette politique de débauchage tout azimut a finalement payer, parce que la liste des Républicains amenée par le fade François-Xavier Bellamy, alors qu’elle était promise à un score à deux chiffres, s’est effondrée au-dessous des 10%. Macron apparait maintenant comme le représentant de la droite ordinaire, européiste et affairiste : il a reconstitué péniblement l’UMPS. Le résultat de la liste Macron est d’autant plus pitoyable que pour lors il s’était allié avec le MODEM. Macron, personnage peu sûr de lui, aime a triché avec les règles d’équité, quelques jours avant les élections il convoqua la presse quotidienne régionale à l’Elysée pour leur demander de relayer sa campagne publicitaire. Là encore le CSA ne trouva rien à redire. Normalement le président est censé être le président de tous les Français et non le porte-parole d’un pari en particulier. Malgré toutes ces mesquineries qui n’étonnent pas de la part d’un tel personnage, le résultat est très médiocre, mais il correspond assez à ce qu’il lui reste de popularité. Au premier tour des élections présidentielles de 2017, il avait réuni sur son nom 8,6 millions de voix, aujourd’hui, après deux ans d’exercice du pouvoir, il arrive péniblement à 5 millions, soit eviron 10% du corps électoral. Comme il fallait s’y attendre Macron à fait dire par ses employés de l’Elysée que finalement sa liste avait très bien résisté dans un contexte difficile, et donc qu’il n’avait aucune raison de ne pas continuer ses réformes pour le bien des Français. Il défie ainsi directement le peuple qui a du mal à le supporter encore, mais il ne peut pas masquer le fait que près de 80% des votants ont choisi une autre liste que la sienne.

      Elections européennes, en France et ailleurs

    Certains ont présenté le résultat comme une victoire de Marine Le Pen et une revanche sur le second tour des élections présidentielle. En vérité c’est une demi-victoire. Comme la liste conduite par Jordan Bardella est arrivé en tête, on ne peut pas lui enlever cette première place. En pourcentage, le score est inférieur à ce qu’il était en 2014, mais par contre les suffrages pour ce parti ont clairement augmenté. Le gain est d’environ 600 000 voix. Compte tenu de la situation sociale particulière à la France, c’est un score décevant, d’autant que de nombreux électeurs y compris à gauche ont voté pour cette liste pour battre Macron et lui donner une leçon. La raison principale qui explique ce demi-échec est le flou que Marine Le Pen entretient sur ce qu’elle veut faire. Il semble qu’elle ait abandonné l’idée d’une sortie de l’Union européenne et de l’euro pour se rallier à l’idée d’une Europe dirigée à moyen ou long terme par un ensemble de partis populistes, une alliance avec Salvini, Orban et quelques autres. C’est donc la consécration d’un retournement entre 2017 et aujourd’hui après l’éviction de Florian Philippot qui est parti créer un nouveau rassemblement qui n’a guère connu le succès. Mais cette position ne semble guère tenable. Le point fort du Rassemblement national est de vouloir limiter les migrations – les deux tiers des Français y sont favorables – et de vouloir défendre une identité française, c’est son fonds de commerce. L’Union européenne deviendrait alors une sorte de confédération, mais la question des dégâts qu’engendre l’euro n’est jamais abordée sérieusement. Curieusement au moment où le Brexit pointe le bout de son nez, le Rassemblement national ne dit rien sur cette question épineuse. Pour l’instant les caciques de ce parti réclament la dissolution de l’Assemblée nationale, sachant très bien que Macron ne s’y risquera pas. Et du reste avec qui le RN gouvernerait-il ? La moitié des Républicains va sans doute se tourner vers Macron avec qui ils n’ont que peu de différences sur le programme économique, et les autres seront forcément tenté par un rapprochement avec le Rassemblement national.

    Elections européennes, en France et ailleurs 

    L’autre enseignement est que la gauche ordinaire paye son irrésolution à la fois sur la question de l’Europe et sur celle des migrations. Le premier parti défait est la France Insoumise. Certes il arrive encore un petit peu devant le PS et ses alliés libéraux très rose-pâle, mais la déperdition des voix qui se sont portées sur sa liste sanctionne des errements stratégiques. En 2017, Mélenchon avait réuni plus de 7 millions de voix. Manon Aubry n’en recueille que 1,4 millions. On peut parler d’effondrement. Il est vrai que la campagne a été mal menée par la tête de liste. Elle représente exactement ce que les gens n’aiment pas : la gauche bobo, donneuse de leçon. Bien peu offensive, elle a coulé ses pas dans ceux de Jacques Delors. Exit le plan B d’une sortie éventuelle de l’Union européenne si les traités n’étaient pas modifiés. En choisissant cette jeune femme pour représenter son parti Mélenchon dont la stratégie devient de plus en plus illisible, a tenté de trancher en éliminant le courant populiste, représenté notamment par Djordje Kuzmanovic. Ce faisant il a tenté de recréer une sorte de PS bis destiné à conduire une union de la gauche très improbable. Le résultat est sans appel. Si la FI ne veut pas disparaitre, elle doit clarifier sa stratégie, à la fois sur l’immigration et sur l’Union européenne. C’est très difficile de revenir maintenant sur les gages qui ont été donnés à l’aile gauchiste de ce parti, notamment à Clémentine Autain. C’est sans doute là le résultat le plus important de la soirée, Mélenchon est au pied du mur, et le PCF continue sa descente aux enfers. Ian Brossat n’a pas réussi son pari : sur son nom il n’a recueilli qu’un peu plus de 500 000 voix. Il faut dire que le slogan « l’Europe des gens » n’avait pas de quoi faire rêver. Que ce soit la FI ou le PCF, il y a une incompréhension à la base qui les conduit à la marginalisation. Dans ces conditions, il est tout à fait normal que EELV, la liste conduite par Jadot fasse un score flatteur. En effet cela fait des mois maintenant que l’opinion est travaillée par la question de l’environnement. L’inertie spectaculaire de Macron permet à Jadot de reconstruire un socle écologiste, même si concrètement cela ne servira de rien puisque les Verts resteront minoritaires au parlement européen, mais plus encore parce que l’Union européenne de par ses formes ne permet pas d’avancer sur cette question. Tout au plus ils accepteront des mini-mesures destinées à reverdir le capitalisme, or il devient évident que l’idée de concurrence, de compétitivité, amène la concentration du capital et une course à la         croissance avec tous les dégâts environnementaux que cela engendre. Le vote européiste pour les verts sert bien évidemment le système, il n’a rien à craindre d’eux, et on a vu qu’EELV était un réservoir de personnalités pour « renouveler » le personnel dans l’entourage de Macron. Benoît Hamon s’est effondré comme cela était prévisible, et sans doute que cet épisode burlesque va mettre fin à sa carrière de politicien bien peu doué : pour tenter de se faire remarquer il avait avancé l’idée stupide d’établir une nationalité européenne. Ce qui ne peut que plaire à Macron ! Ce sont là les ultimes soubresauts du PS, un parti qui s’est autodétruit avec beaucoup de contentement depuis l’élection d’Hollande. Les autres débris de cette petite boutique sont partis jouer les supplétifs du louche Raphael Glucksmann, un opportuniste de première, anciennement sarkozyste, atlantiste comme son père. Son score est étroit mais il lui suffit pour ramener dans sa besace une poignée de députés européens qui pourront ainsi avoir un gentil revenu pendant les cinq prochaines années. Les révisions à gauche vont être déchirantes. La FI et le PCF tous seuls n’ont aucun avenir, mais une réconciliation entre ces deux blocs dans un nouveau Front de gauche ne pourra avoir de succès que si les positions programmatiques sont un peu clarifiées, autrement dit si on sort de la traditionnelle rhétorique de la gauche pro-européiste et pro-migrants. C’est au moins à cet examen de conscience que va servir l’élection européenne du 26 mai.  

    Elections européennes, en France et ailleurs

    Source The Guardian 

    Le résultat le plus important des élections pour le parlement européen est sans aucun doute celui du Royaume Uni. En effet le Brexit Party de Nigel Farage est clairement le grand vainqueur du scrutin avec un peu plus d’un tiers des suffrages exprimés. Et les deux partis dits de gouvernement, le Labour et les Tories, se sont effondrés. C’est donc un vote historique. Theresa May paye son irrésolution, et son incapacité à se faire respecter dans les négociations bruxelloises par l’équipe de Michel Barnier qui ont voulu à tout prix faire un exemple de la punition qu’un pays encourt pour avoir le culot de quitter l’Union européenne. La question est de savoir maintenant comment l’opinion publique va analyser les résultats. On pourrait croire en effet que le fait pour le Brexit Party d’arriver très largement en tête protégerait le résultat du référendum et donc accélérerait la sortie, avec ou sans accord. Il n’en est rien. Dès les résultats connus, les pro-européens ont recommencé à entonner la partition du second référendum avec une mauvaise foi terrifiante[1]. L’idée est la suivante, les remainers seraient finalement plus nombreux que les brexiters, dans une proportion de 40,4% contre 34,5%. Pour arriver à ce résultat, ils excluent le Labour et les Tories ! Or on sait très bien évidemment que dans ces deux partis, et particulièrement au Labour, les brexiters sont aussi très nombreux, sans doute même beaucoup plus que les remainers. Il est clair cependant que les européistes ne devront pas compter sur cette opportunité pour renverser le résultat de 2016. En effet, Theresa May démissionnant dans quelques jours, il va y avoir des élections législatives, et ce sera le nouveau premier ministre qui devra régler les comptes de cette farce. Or le système électoral britannique est tel que le Brexit Party va rafler la mise, les anti-brexit sont très divisés et chercheront tous à se faire une place, ce qui immanquablement amoindrira leur score. Et puis les travaillistes comme les conservateurs vont essayer de se restructurer. Cet émiettement en face du bloc uni du Brexit Party devrait selon toute vraisemblance assurer une victoire de Farage aux prochaines élections et donc une liquidation de cette farce. Même si le chemin est encore long, cela ouvrira la porte enfin à la dissolution de l’Union européenne. Même l’europhile Le monde parie maintenant sur une sortie sans accord, ce qui veut dire que ce journal ne croit pas à la possibilité d’un second référendum[2]. 

    Elections européennes, en France et ailleurs 

    L’autre pays intéressant est l’Italie. C’est un pays qui est mûr pour la sortie de l’Union européenne. La première chose qu’on constate est que la coalition au pouvoir est très largement majoritaire, elle réunit plus de 51% des voix. Le gouvernement est donc conforté, contrairement à Macron qui arrive péniblement à 22%. Cette majorité est d’autant mieux confortée, qu’elle s’appuie sur une participation plus élevée qu’en France : 58% contre 50%. La gauche a complètement disparu, La sinistra est à moins de 2% et le PCI à moins de 1%. Ceux qui pensaient que le gouvernement italien serait ennuyé par ses difficultés à faire face à la Commission européenne se sont trompés. Certes on ne sait pas trop ce que fera Salvini de cette victoire, tant il est louvoyant avec la question européenne, mais enfin il est clairement soutenu par les Italiens, d’autant que son score est le double de celui de son allié M5S. On remarque également le faible score des verts, ce qui une fois de plus met l’Italie un peu à part dans l’Europe, du moins à l’Ouest. Certains ont souligné le bon score du PD, mais enfin c’est juste un petit parti europhile semblable – la brutalité en moins – dans son programme à ce que fait Macron dans notre pays. Il fait d’ailleurs le même score que la liste LREM.

    Elections européennes, en France et ailleurs 

    Source la Stampa 

    Cette situation paradoxale de l’Italie va transformer l’affrontement du gouvernement avec la Commission européenne. En effet le voilà conforté, à moins que M5S qui apparait un peu comme le dindon de la farce ne décide de s’éloigner de la coalition. Mais qu’y gagnerait-il ? il s’agira alors de voir quelles orientations l’Italie va se donner pour affronter les directives de la Commission. C’est très incertain, ce qui pourrait décider du sort de l’Italie dans l’Union européenne, c’est la prochaine crise financière qui se profile. Cela pourrait aller jusqu’à la sortie sans passer par la case de l’article 50. Les résultats économiques de l’Italie sont mauvais, mais pour l’instant les Italiens n’ont pas condamné leur gouvernement, au contraire. Cependant cela ne pourra pas durer toujours. La croissance est molle, le chômage très élevé et la dette publique ne cesse d’augmenter. Certes Salvini peut encore compter sur le sentiment anti-migrant des Italiens, mais pour combien de temps ? Si cela soude une nation autour de son identité, cela ne fait pas une politique économique et sociale. 

    Elections européennes, en France et ailleurs 

    Les réalités de la situation nationale vont revenir sur le devant de la scène après la parenthèse des élections européennes. Tout d’abord on note que les listes estampillées gilets jaunes n’ont eu aucun succès, preuve que ce mouvement est en marge des formes institutionnalisées de la politique politicienne, on verra si les gilets jaunes arrivent à se remobiliser. Mais ces élections sont aussi un échec complet pour ceux qui prétendaient construire un parti musulman. L’Union des démocrates musulmans français n’a réuni que 28 000 voix, ce qui doit nous encourager un peu plus à faire pièce au communautarisme.

Tag(s) : #politique française
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