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Écrit par Bertrand Renouvin 

Présentées comme « européennes », les élections du 27 mai présentent les mêmes caractéristiques que toutes celles qui ont eu lieu depuis 1979. Ce sont des élections nationales qui se déroulent dans 28 pays – dont la Grande-Bretagne qui a décidé par référendum de sortir de l’Union – et pour lesquelles les enjeux nationaux sont privilégiés. Ces élections confirment qu’il n’y a pas de peuple européen ni, par conséquent, de souveraineté démocratiquement exercée par les organes de l’Union.

En France, les principaux partis qui présentent des listes rivalisent dans les présentations trompeuses et les solutions illusoires. Le Parlement européen n’a pas l’initiative des directives européennes – émises par la Commission – et ne vote pas un budget complet mais seulement les dépenses. Au sein de cette assemblée, il ne peut y avoir de décision sur la réforme des traités, sur un « salaire minimum européen », ou sur la sortie du commandement intégré de l’Otan…

A la fiction du « Parlement européen » correspond celle du « Conseil des ministres » qui laissent dans l’ombre les organes libres d’agir hors du contrôle des Etats nationaux, des citoyens et de l’assemblée de Strasbourg : la Cour de Justice de l’Union européenne, la Banque centrale européenne et l’Eurogroupe. Le caractère anti-démocratique de l’Union est d’autant plus avéré qu’au mépris des référendums français et hollandais de 2005, des normes économiques et budgétaires ultralibérales ont été érigées en principe quasi-constitutionnels et s’ajoutent, pour les pays-membres de la zone euro, au carcan imposé par la « monnaie unique ».

Contre ce système anti-démocratique, qui nie l’exigence de justice sociale et qui porte gravement atteinte à l’économie nationale, la Nouvelle Action royaliste a appelé à voter dans le passé pour diverses listes, qui dénonçaient les mécanismes de l’Union européenne ou qui laissaient espérer une alliance patriotique. Lors de son récent congrès, notre mouvement a considéré qu’un tel choix tactique n’était pas possible.

Un vote en faveur du Rassemblement national est exclu en raison de la conception ethnique de la nation diffuée par le parti de Marine Le Pen – qui a d’ailleurs abandonné toute velléité de sortie de la zone euro. Un soutien à Debout la France est aujourd’hui privé de sens puisque ce parti a lui aussi abandonné sa dénonciation des méfaits de la « monnaie unique ». Quant à la France insoumise, elle est sortie des ambiguïtés du « Plan A-Plan B » pour une ligne susceptible de séduire la gauche européiste en vue de la prochaine élection présidentielle. Les mouvements résolument hostiles à l’Union européenne ont quant à eux choisi de faire campagne dans l’isolement ou de militer pour l’abstention.

Pour de nombreux citoyens, les élections du 27 mai seront l’occasion de manifester leur hostilité à Emmanuel Macron en votant pour l’une des listes présentées par les oppositions. Nous constatons que l’Elysée et les principaux médias ont, depuis plusieurs mois, désigné le Rassemblement national comme l’ennemi à abattre. Les sondages ont entériné cette mise en scène et le parti de Marine Le Pen est aujourd’hui comme le seul adversaire crédible d’Emmanuel Macron. Pour fragiliser ce dernier, il faudrait donc choisir le Rassemblement national, héritier d’un Front national que la classe dirigeante utilise depuis plus de trente ans comme marchepied. Le risque est grand que les bons résultats de Marine Le Pen le 27 mai ne permettent une nouvelle fois de dramatiser jusqu’à l’hystérie la menace populiste en vue de l’élection présidentielle.

Tels sont les motifs que nous conduisent à recommander le boycott des élections du 27 mai.

Le Comité directeur de la Nouvelle Action royaliste

"Ca n'empêche pas Nicolas" :

exprime une opinion nuancée : accord complet sur l'analyse critique, tant du Parlement européen, que de l'Uion européenne, exprimée par Bertrand Renouvin. Mais la situation dans laquelle nous mène  Emmanuel Macron à marche forcée, conduit à poser l'existence de la France, menacée dans son survie même.

L'urgence nationale n'est-elle pas de se saisir de ces élections, transformées par le président de la République en référendum personnel, en moyen d'infliger un désaveu national à sa politique, dangereuse pour l'avenir de notre pays ?  Et par notre choix, exprimer clairement quel est l'ennemi principal dans ce moment crutial pour la France.

Choix difficile certes pour tous ceux qui ont passé leur vie à combattre,d'abord le fascisme, puis toutes les résurgences des courants extrêmistes de droite, tel que le Front National depuis sa réation en 1972.

Mais notre histoire a conduit parfois à des choix semblant contre nature :  n'a-t-il pas conduit des rois de France à s'allier au grand Turc contre des souverains catholiques Ou pour Staline traiter avec Hitler, pour gagner deux années qui seront décisives pour la victoire contre l'Allemagne ? Et dans la Résistance, de farouches adversaires politiques s'entendre pour résister à l'Occupant allemand ?

Le choix aujourd'hui n'est pas simple assurément, encore qu'il ne s'agit en aucune manière d'une quelconque alliance avec le Rassemblement National, dont nous combattons les idées.

Mais ne faut-il pas poser la question ?

Jean LEVY

 

 

 

Tag(s) : #Politique française
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