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Deux informations à caractère économique sont tombées le même jour, deux informations un peu de même nature ; mais personne ne s’est avisé de les juxtaposer. Elles sont pourtant inquiétantes car elles reflètent une dérive capitaliste identique, et de niveau mondial.

La première de ces informations concerne le multimilliardaire israélo-portugais vivant en Suisse Patrick Drahi. L’homme qui possède SFR, mais aussi Libération, L’Express, BFM TV, BFM Business, RMC, RMC Sport, etc., vient d’acquérir la maison de vente aux enchères Sotheby’s, numéro deux mondial des sociétés de ventes aux enchères.

Pour acheter ce bijou du secteur du luxe, Drahi va débourser 3,7 milliards de dollars. En fait, il ne va pas les débourser, il va les emprunter à la banque BNP Paribas. Car, voyez-vous, Drahi n’a aucun problème pour obtenir cet emprunt monstrueux. C’est cette même BNP qui avait refusé un prêt au Front national, sous prétexte que sa politique de crédit ne lui permettait pas « de répondre favorablement à une telle demande en faveur d’un parti politique ».

Le conglomérat de Drahi n’a certes pas une structure de parti politique, mais le poids médiatique, financier et même politique de l’empire Drahi est bien supérieur à celui de n’importe quel parti politique français, et en tout cas bien supérieur à celui de l’ex-FN.

 

Qui plus est, Patrick Drahi a mis son groupe de presse au service de Macron, lors de la présidentielle de 2017. Et de ce point de vue, n’en déplaise à la BNP, il fonctionne bien comme un parti politique.

 

Il n’a d’ailleurs pas mis uniquement sa presse au service de Macron, mais aussi certains de ses hommes clés. Par exemple Bernard Mourad. Mourad, un banquier appartenant au premier cercle des conseils de Drahi, était en effet devenu conseiller spécial de Macron. A cet effet il avait démissionné du groupe Altice, dont il assurait la direction de la branche média.

 

Ecarté car jugé trop à droite

 

On a appris à peu près simultanément que Xaviel Niel, l’actionnaire de référence du Monde et du Nouvel Observateur, et accessoirement gendre de l’homme d’affaires Bernard Arnault, va devenir aussi l’actionnaire de référence de Nice-Matin. Jugé trop à droite, et surtout trop « Marion Maréchal compatible », le propriétaire de Valeurs actuelles, le chrétien libanais Iskandar Safa, qui avait fait une offre pour Nice-Matin, a été écarté.

 

Selon le classement de Bloomberg des plus grandes fortunes, Arnault, Drahi et Niel figurent dans le classement des 500 personnalités les plus riches du monde.

Avec une fortune supérieure à 100 milliards d’euros, Bernard Arnault (groupe de luxe LVMH, entre autres, mais aussi les quotidiens Les Echos, et Le Parisien-Aujourd’hui) est le Français le plus riche. Il se trouve pratiquement au même niveau que les Américains Bill Gates et Jeff Bezos. Drahi occupe la 174e place mondiale, sa fortune n’étant actuellement « que » de 8,6 milliards de dollars. Xavier Niel ferait presque figure de miséreux, avec ses 4,3 milliards de dollars !

Ce qui est inquiétant, c’est le sens de la pente : tous ces milliardaires concentrent progressivement entre leurs mains, et au niveau mondial, des fortunes colossales, n’ayant plus aucun rapport avec ce que le monde a connu, au cours de toute son histoire. Nous sommes dès lors bien loin du capitalisme populaire ou familial d’autrefois. Le mouvement de concentration tend d’ailleurs à s’accélérer, et ces hommes sont désormais plus puissants que des chefs d’Etat.

Seules des révolutions, accompagnées de nationalisations massives, permettraient d’enrayer un processus de concentration qui ne trouve plus de limites. •

 

Francis Bergeron

Tag(s) : #Oligarchie, #Médias
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