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Macron et les petits marquis de son clan, avaient annoncé à son de trompe que la présence des gilets jaunes étaient une fois pour toutes interdit sur les Champs-Elysées.

Et d'annoncer que la belle avenue du monde était "libérée" définitivement de  leur présence...dont il fallait, d'après eux, parler au passé.

Le 14 juillet 2019, cette fanfaronade s'est effondrée avec la venue de centaines et de centaines de gilets jaunes mobilisés pour conspuer le Président de la République descendant les Champs-Elysées, escorté - on pourrait dire protégé - par un triple cordon de motocyclistes, et d'engins blindés. Ainsi, il s'est isolé lui-même de la population, conscient de son impopularité. 

Accueilli par des nombreux "Macron démission !", et par la chanson ironique des gilets jaunes, le Président a pu ainsi mesurer son  l'isolement au sein de la société française, et cela face à la présence de dirigeants étrangers. 

Des journalistes et des commentateurs ont pris leur air le plus indigné, faignant voir dans ces manifestations, s'exprimer une hostilité à l'armée française, dont les cérémonies du 14 juillet lui seraient, selon eux, consacrées.

Or, le 14 juillet, c'est la fête nationale dédiée au peuple sans-culotte qui,  menacé d'exactions par les Gardes suisses et le régiment du Royal-Allemand appelés en renfort pour "faire cesser les troubles", s'en est pris à la Bastille, la prison royale, symbole du despotisme, incarnée par un pouvoir monarchique absolu.

Mais la prise de la Bastille ne fut que l'acte symbolique d'une colère qui se diffusait au sein du royaume depuis des mois et des années.

Telle "la journée des Tuiles", nom donné à une émeute survenue à Grenoble le 7 juin 1788, au cours de laquelle les insurgés ont affronté les troupes royales à coup de tuiles pour contrer une réforme visant à annuler les pouvoirs donnés aux Parlements.

Ou les deux jours d'émeutes Faubourg Saint-Antoine, les 26 et 27 avril 1789 contre le fabriquant de papier peint Reivillon.

On disait qu'il affamait ses ouvriers (Réveillon voulait s'aligner sur la diminution du pain promulguée par le gouvernement).

Le 28 avril 1789, la manufacture fut mise à sac et incendiée. 

Les gardes françaises tirèrent sur la foule au soir du 28 avril 1789, il y eut environ 300 morts qui furent enfouis dans les catacombes et un millier de blessés

 

Ces faits, parmi d'autres témoignent du climat qui régnait en France dès avant l'été 89. La pénurie de farine, nourriture essentielle de la population, entretenue par l'agiotage sur le cours du blé, les fortunes dilapidées par la Cour à Versailles, les impôts exorbitants payées par les paysans à leurs seigneurs, le servage,  tout concourait à l'insurrection populaire.

C'est en brûlant les parchemins qui consacraient ces privilèges -  et les chateaux des nobles récalcitrants - que la terre fût acquise par les paysans. L'abolition des priviléges, reconue dans la nuit du 4 août 1789, par les seigneurs et les dignitaires de l'Eglise, n'en fut que l'épisode ultime.

Le pouvoir macronien se garde bien de faire connaître cette vérité.

La prise de la Bastille est donc devenue l'évènement symbole de la Révolution où le peuple exaspéré a exprimé par la violence sa volonté de mettre fin à l'arbitraire royal et de prendre place dans les affaires du royaume.

La trahison de ce pouvoir menacé, faisant appel aux nations étrangères pour intervenir contre son propre peuple a conduit trois ans plus tard à la chute de la royauté et à l'établissement de la première République le 21 septembre 1792.

Célébrer le 14 juillet 1789, c'est rendre hommage au peuple, à ses "sans-culotte"  qui deviendront les jacobins qui sauveront la Patrie et la République menacées par l'Europe des Rois.

Et si le 14 juillet, l'armée française est conviée aux cérémonies, ce n'est pour en célébrer ses propres vertus, mais pour associer les militaires de la République à l'hommage rendu au peuple soulevé.

 

 

Tag(s) : #Gilets jaunes, #Histoire

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