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Le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye a défendu, samedi 14 septembre, le projet de réforme des retraites du gouvernement face au patron de la CGT. Un débat tendu sous les huées des participants à la Fête de l’Humanité.

LeParisien

 
 

 
 

Compte-rendu du débat


Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites qui a fait son entrée au gouvernement la semaine dernière, a accepté de participer à un débat sur les retraites à la Fête de l’Humanité ce samedi 14 septembre. Il avait face à lui Philippe Martinez, sécrétaire général de la CGT. La discussion a été animée.

Très rapidement, l’un des modérateurs, le directeur de la rédaction de L’Humanité Patrick Apel-Muller, a dû plusieurs fois tempérer les invectives et les huées d’une partie des centaines de personnes dans l’assistance, au lendemain d’une grève contre le projet de réforme très suivie à la RATP. « C’est le premier ministre qui accepte de débattre avec la CGT », s’est même félicité Philippe Martinez, soulignant le geste de Jean-Paul Delevoye.

Delevoye : « Un système actuel injuste, illisible »
Martinez :
132 pages de votre rapport [qui sert de base à la réforme du gouvernement] aucune ne reprend nos propositions. »

« Nous avons 42 régimes de retraite, ce qui pose un problème d’équité », a expliqué Jean-Paul Delevoye. « Nous avons immédiatement opté sur ce qui fait la richesse de ce pays, la répartition », mais en définissant les « mêmes règles pour tous, le même taux de cotisation, pour qu’à carrière identique, la retraite soit identique », a-t-il ajouté. « Nos concitoyens jugent le système actuel injuste, illisible, nous travaillons à un système dans lequel la retraite sera le reflet du travail », a déclaré le haut-commissaire.

Martinez : « Qui va définir la valeur du point ? »

Philippe Martinez a déploré le système par points souhaité par le gouvernement. « Le président avait dit « un euro cotisé, un euro reversé », ils ont modifié, un euro cotisé donnera un point. Mais qui va définir la valeur du point ? Ne pourra-t-il pas baisser au nom, par exemple, de la réduction des déficits ? »

Jean-Paul Delevoye lui a rétorqué : « Nous avons proposé d’indexer le point sur les salaires, mécaniquement sa valeur ne peut pas baisser ». Mais, a-t-il convenu, « ce qui pose potentiellement problème, c’est la confiance, qui va déterminer la valeur du point. Ce sont les partenaires sociaux ».

« Avec une telle gouvernance, sur l’injonction des marchés, des logiques d’austérité, la valeur du point baissera », s’est inquiété Philippe Martinez. « Seules comptent deux choses : à quel âge je peux partir, et avec combien. Ne vous laissez pas embrouiller avec l’âge pivot, d’équilibre… ça, c’est ceux qui ne regardent qu’en termes de dépenses », a-t-il insisté.

Tag(s) : #Retraites
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