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70 ans de la Chine populaire : le bilan

Comment la Chine est revenue

au premier plan

L’héritage de l’empire chinois et le désir de revanche

Au début de l’ère chrétienne, la Chine était, avec l’Inde, l’une des deux plus grandes économies du monde. Elle représentait plus du quart de la richesse mondiale, loin devant toutes les nations occidentales d’aujourd’hui. Mais personne ne le savait en Europe. Les distances étaient énormes, les liens restaient ténus et l’ignorance réciproque était la norme.
 
Depuis 1949, le Parti communiste chinois (PCC) a entrepris de rétablir la grandeur et la prospérité de la Chine, avec l’objectif de lui redonner une place centrale dans le monde à l’horizon 2049, année du futur centenaire de la Chine communiste.
 
Il est difficile de comprendre l’état d’esprit des dirigeants et de la population chinoise sans tenir compte de leur vision de l’histoire. Le « pays du milieu » (traduction littérale de Zhongguo, nom de la Chine en mandarin) sait qu’il est très longtemps resté dominant dans la sphère d’influence qui était la sienne. Les travaux d’Angus Maddison, historien de l’économie, montrent que le poids de la Chine dans l’économie mondiale est resté central depuis l’époque romaine jusqu’au XIXème siècle, avec un sommet en 1820, année où la Chine représente 36 % de l’économie mondiale. Le déclin chinois s’engage alors de façon rapide et continue jusqu’au milieu du XXème siècle, accéléré par les traités inégaux et les guerres imposées par les puissances occidentales et le Japon. En 1950, le PIB chinois ne représente plus que 4,6 % du PIB mondial et la Chine est en marge des échanges internationaux – sa part dans le commerce mondial est inférieure à 1 %.
 
Le projet communiste chinois est donc autant un projet nationaliste qu’une révolution sociale et politique. Les étapes du retour à la prospérité et à la puissance ont été fixées de façon très claire : société de « moyenne aisance » en 2020, première puissance innovatrice en 2035, pays moderne, prospère et puissant en 2049.

Un bilan impressionnant

Rapportés à la situation de 1950, le bilan que peut afficher le PCC en 2019 est spectaculaire. La Chine est devenue la deuxième économie mondiale avec un peu plus de 16 % du PIB mondial en 2019, selon les estimations du FMI (19% en parité de pouvoir d’achat). Malgré le net ralentissement de la croissance ces dernières années, le processus de rattrapage se poursuit si l’on en croit les chiffres officiels, avec une croissance de 6 % en 2019 qui reste le double de la moyenne mondiale.
 
La population chinoise s’est enrichie et « l’aisance moyenne » voulue par le PCC est déjà une réalité. Selon une étude de McKinsey, les trois quarts de la population urbaine, soit 550 millions de Chinois, auront en 2022 un revenu annuel du foyer supérieur à 10 000 dollars.
La jeunesse chinoise est désormais éduquée. Alors qu’en 1950, le taux d’illettrisme dépassait 80 %, il est aujourd’hui pratiquement négligeable (moins de 5 %), et les étudiants représentent plus de 50 % de leur classe d’âge.
 
L’espérance de vie a presque doublé : elle ne dépassait pas 43 ans en 1950 et se situe aujourd’hui à 77 ans. Le filet de sécurité sociale dont bénéficient les citoyens est encore insuffisant mais il s’est nettement développé depuis 15 ans.
 

L’effort des autorités porte d'abord sur l’éradication de l’extrême pauvreté en 2020, soit dix ans avant l’objectif fixé par les Nations Unies à l’échelle mondiale.

Cet objectif va probablement être atteint : 90 % de la population chinoise se trouvait sous le seuil de pauvreté de la Banque Mondiale (1,9 dollar par jour et par personne) en 1980.

En 2018, il se situe à moins de 3 %. Les très pauvres se sont donc enrichis, contrairement aux pauvres en Occident, ce qui explique une relative paix sociale en dépit de la progression rapide des inégalités. . Le PCC a une dizaine d’années devant lui pour accroître l’effort de redistribution 

Sous la houlette de Hu Jintao dans les années 2000 fut mis en place un régime de mutuelles-santé rurales couvrant progressivement l’ensemble des campagnes, tandis que les régimes urbains étaient améliorés.

Aujourd’hui, 95 % de la population chinoise est couverte par une assurance santé (taux supérieur à celui des États-Unis) et la part des dépenses remboursées est remontée autour de 65 %. 

Les régimes de retraite se sont également développés et couvrent actuellement les trois quarts des personnes âgées 

L’AMBITION TECHNOLOGIQUE ET LA CONTRE-ATTAQUE AMÉRICAINE

La Chine veut devenir la première puissance technologique mondiale à l’horizon 2035 et elle s’en donne les moyens. Les dépenses de recherche et développement se situent désormais à 2,1 % du PIB et rejoignent la moyenne des États de l’OCDE.

Elle est de loin le premier pays au monde en matière de dépôts de brevets et se situe au second rang, juste derrière les États-Unis et devant le Japon, pour les dépôts de brevets internationaux dans le cadre de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Elle est aussi le second pays au monde en matière de publications scientifiques

Le plan « Made in China 2025 » vise à transformer « l’usine du monde » en un « laboratoire du monde » en se concentrant sur les technologies de l’information, la robotique, les technologies de transport, les biotechnologies, l’aérospatiale et les nouveaux matériaux.

La Chine est déjà le premier producteur mondial de véhicules électriques et de batteries pour l’automobile. Elle est le premier investisseur mondial en intelligence artificielle.

Dans le monde des technologies de l’information, les GAFA américains (Google, Amazon, Facebook et Apple) ne sont sérieusement concurrencés que par les BATX chinois (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi), dans un duopole qui laisse loin derrière le reste du monde.

QUELQUES CHIFFRES SUPPLEMENTAIRES

La première ligne ferroviaire TGV en 2008

Pékin-Tianjin

30.000 kms de TGV en 2018

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