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Place d'Italie, Paris, lors de l'acte 53 des gilets jaunes

Place d'Italie  : provocation ou incompétence du préfet Lallemand ? Commentaire de Jean LEVY
Gilets jaunes: après les
violences place d'Italie, les
autorités critiquées

 

Le choix de la place d'Italie comme lieu autorisé de manifestation interroge 

Des interrogations émergaient dimanche au lendemain des violences qui ont émaillé ce samedi 16 novembre la manifestation des gilets jaunes place d’Italie à Paris, pour l’acte 53, marquant le premier anniversaire du mouvement. 

L’un des parcours autorisés de samedi prévoyait un départ de cortège depuis la place d’Italie à 14 heures. La demande en avait été faite par Priscillia Ludosky et Faouzi Lellouche, avant d’être approuvée par la préfecture. L’autorisation de se rassembler était effective dès 10 heures du matin.

Et le départ est prévu à 14 heures...

Plusieurs personnalités s’interrogent sur le choix du lieu, alors que la place d’Italie était en travaux, comme n’a pas manqué de le faire remarquer le maire du 13e arrondissement, Jérôme Coumet, sur BFMTV.

“Je trouvais que le site avait été mal choisi. Trois chantiers très importants, dont un échafaudage devant la mairie dont vous comprenez bien qu’on ne peut pas le démonter le vendredi pour le samedi, c’est totalement impossible. Et d’ailleurs la mairie a elle-même été attaquée, heureusement sans conséquence. Les casseurs ont essayé de mettre le feu à cet échafaudage. J’avais essayé d’alerter la préfecture de police”, a-t-il déclaré, ajoutant: “Je pense qu’on aurait pu mieux choisir le site de rassemblement. J’imagine que la préfecture de police fera mieux la prochaine fois”.

Même son de cloche chez l’adjoint à la maire de Paris, Ian Brossat, mais aussi Jean-Luc Mélenchon. Au micro de France3, le leader de La France insoumise a pointé du doigt le préfet Didier Lallement. ”À Paris, le préfet Lallement (...) a demandé que la manifestation démarre place d’Italie, mais place d’Italie, il y a des chantiers. Il n’y a pas besoin d’être très intelligent pour comprendre que ce n’était pas le bon endroit. Le préfet de police a été nul. Il a lui-même créé les conditions des débordements”, a jugé le député. 

Contactée par Le HuffPost, Colombe Brossel, adjointe à la Maire de Paris
chargée notamment de la sécurité, déplore que les alertes des élus locaux n’aient pas été entendues. “Il y a des raisons d’être en colère, cela fait plusieurs fois que courriers, des alertes, ont été envoyés sur le choix d’un lieu avec de nombreux chantiers dans le cadre d’une manifestation dont on sait qu’elle est ‘à risque”, explique-t-elle avant d’évoquer un problème plus global dans Paris. “Il a fallu attendre 20 heures avant que l’on retrouve une situation normale dans l’ensemble de Paris. Les débordements ne sont pas limités à la place d’Italie. Des petits groupes clairsemés ont continué leurs dégradations dans de nombreux arrondissements. Une voiture de police a été retournée devant la préfecture. Comment est-ce possible dans une journée où tout le monde était en alerte ?”, demande-t-elle.

 

Sur BFMTV, la préfecture indique qu’elle voulait surtout éviter les Champs-Élysées, lesquels avaient été cadenassés dès le petit matin. L’est parisien avait donc été privilégié.

Présent sur Europe 1 ce dimanche matin, Christophe Castaner a refusé d’éluder la responsabilité des casseurs et a ajouté: “Je ne veux pas dire ça pour me défausser mais ce n’est pas à l’État et au ministère de l’Intérieur de gérer le mobilier urbain des communes. Je ne veux surtout pas jeter la pierre sur la mairie de Paris. Quand vous avez un parcours assez grand, vous n’avez pas la possibilité de supprimer tout le mobilier urbain sur le trajet dans tout Paris.”

Une annulation au dernier moment

Outre le choix du lieu, les manifestants ont dénoncé l’annulation de l’autorisation au dernier moment.

Dès 10 heures, des casseurs ont commencé à affluer place d’Italie. À plusieurs reprises, des feux ont été allumés, du matériel de chantier saisi et du mobilier urbain abîmé, entraînant une intervention des forces de l’ordre à grand renfort de lacrymogènes. Aux alentours de midi la situation a véritablement dégénéré avec des attaques sur des commerces, des vitres, ou le centre Italie 2 qui a fermé ses portes. 

À 14 heures, alors que de nombreux manifestants souhaitant participer à la manifestation étaient désormais sur place, la préfecture de police a annoncé l’annulation de l’autorisation promettant de mettre un terme aux agissements des casseurs. ”Ces individus seront progressivement interpellés. J’invite ceux qui se trouvent place d’Italie et qui sont de bonne foi à en sortir le plus vite possible”, a déclaré notamment Didier Lallement en conférence de presse, désignant l’avenue d’Italie comme corridor de sortie.

De nombreuses personnes présentes relatent cependant avoir eu des difficultés à sortir. L’historienne Mathilde Larrère raconte avoir été obligée de se réfugier dans une boulangerie pendant deux heures alors qu’à l’extérieur charges, lacrymos et effusions de violence s’enchaînaient.

Le contrôle de la place a finalement été repris par les forces de l’ordre peu avant 16 heures.

 

COMMENTAIRE DE JEAN LEVY

Résumons les infos :

Le préfet Didier Lallemand donne son accord au rassemblement des gilets jaunes Place d'Italie en vue du défilé autorisé. Or, sur cette place, des travaux de grande ampleur occupent la surface du lieu depuis des mois et des mois, avec, à profusion des barrières, des pavés, des engins de chantier, des matériaux divers. 

Un terrain idéal pour d'éventuels casseurs : leur arsenal s'offre à eux.

Le préfet autorise la concentration des futurs manifestants à partir de 10 heuresdu matin avec un départ fixé à .  14 heures !

Quatre heures sont ainsi offertes aux "éléments", de noir vêtu, pour exercer leur activité. Ce qu'ils ne manquent pas de faire : abribus, banques, grande surface sont l'objet de tout leur savoir faire. Ces cibles sont atteintes malgré la présence, à la périphérie de la Place,  de forces de police en tenue de combat, qui envoient des vollées de grenades lacrymo sur le centre où attendent les gilets jaunes, spectateurs larmoyants baignant dans des nuages chimiques. 

A 14 heures, au moment où la manif' devait s'ébranler, le préfet Lallemand tient une conférence de presse en grand uniforme. Il annonce que dorénavent la manif' est interdite et que la place d'Italie est totalement bouclée. Une seule issue est laissée pour quitter les lieux, l'avenue des Gobelins, que nombre d'homme en noir encapuchonnés utiliseront pour exercer leurs talents dans d'autres quartiers...

A 16 heures, la place d'Italie est "libérée". Lallemand et les casseurs ont gagné : la manif est terminée avant d'avoir commencée 
 

Morale de l'histoire :

ou bien le préfet Lallemand, aux ordres du gouvernement, a initié un scénario de guerre de rue pour justifier l'interdiction de la manif' et dénaturer le mouvement des gilets jaunes aux yeux de l'opinion, et dans ce cas, il s'agit d'une provocation délibérée,

ou bien, le préfet Lallemand est incapable de faire respecter la loi et le droit constitutionnel de manifestation.

Pourtant choisi par Macron pour mâter les gilets jaunes à Paris, vue son "expérience" à Bordeaux, Didier Lallemand a montré ce qu'il est capable de faire dans la capitale.

Ce qui éclaire sur les intentions du président de la République en matière de libertés publiques  !!!.

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Tag(s) : #Gilets jaunes, #Libertés, #Répression
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