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Manifestation anti-Wall street, New York, mars 2012. (Michael Fleshman)

Les Crises

Extraits de l'article 

de Jonathan Cook

Une guerre d’usure

La guerre froide a été une guerre d’usure que l’Union soviétique a perdue. Elle a commencé à se disloquer sur le plan idéologique comme économique au cours des années 1980, avec l’émergence d’un mouvement dirigé par le syndicat Solidarité en Pologne.

Alors que l’empire soviétique, affaibli, a fini par s’effondrer, les obstacles internes au capitalisme purent être levés, ce qui permit au Premier ministre britannique Margaret Thatcher et au président américain Ronald Reagan de mettre en place dans leurs pays une économie néolibérale dérégulée. Ce processus s’est intensifié au fil des années, à mesure que le capitalisme mondialisé gagnait en confiance. Sans entraves, le capitalisme a cru entrevoir sa dernière heure en 2008, lorsque le système financier mondial a été mis à genoux. Ce qui se répétera bien assez tôt.

Manifestation anti-Wall street, New York, mars 2012. (Michael Fleshman)

Néanmoins, on cite souvent l’effondrement soviétique pour en arriver à deux conclusions, à savoir que le capitalisme était non seulement un meilleur système que le système soviétique, mais qu’il apparaissait comme le meilleur système politique et économique que les êtres humains soient capables de concevoir.

En vérité, le capitalisme n’est impressionnant que comparativement – parce que le système soviétique était effroyablement inefficace et inhumain. Ses dirigeants autoritaires ont réprimé la dissidence politique. Ses bureaucraties rigides ont étouffé l’ensemble de la société. Ses services de sécurité paranoïaques ont surveillé toute la population. Enfin, l’économie soviétique dirigiste était rigoriste et peu innovante et à l’origine de fréquentes pénuries.

Les fragilités et les atrocités du capitalisme ont été beaucoup moins manifestes à nos yeux uniquement parce que la culture dont nous sommes imprégnés nous avait sans relâche fait passer le message selon lequel le capitalisme était un système parfait et sans égal fondé sur la nature prétendument compétitive et avide de l’être humain.

La mise en place de dictatures

L’histoire, souvenez-vous, est écrite par les vainqueurs. Or, le capitalisme a gagné. Vivant dans les sociétés capitalistes occidentales, nous n’entendons qu’un son de cloche – celui du triomphe sur le communisme.

Nous ne savons presque rien de notre propre histoire de la guerre froide : combien l’empire américain se souciait peu de la démocratie à l’étranger, tout entier à la recherche de matières premières pour s’approvisionner et de marchés pour écouler sa production. Ce qu’il fit en soutenant et en mettant au pouvoir des dictateurs dans le monde entier, généralement au prétexte qu’ils étaient un rempart nécessaire contre les méchants « communistes ». Communistes qui étaient souvent des socialistes démocrates et bénéficiant d’un soutien populaire pour leurs politiques de redistribution des richesses.

Pensez au général Augusto Pinochet, qui a dirigé une dictature féroce au Chili dans les années 1970 et 1980. Les États-Unis l’ont aidé à fomenter le coup d’État militaire de 1973 contre Salvador Allende, le dirigeant de gauche démocratiquement élu. Il a instauré une société de terreur, en exécutant et en torturant des dizaines de milliers d’opposants politiques afin d’imposer un système libéral basé sur la « Stratégie du choc » développée par des économistes américains qui ont conduit l’économie du pays à l’effondrement. La richesse, au Chili comme ailleurs, a été siphonnée par une élite américaine et ses alliés locaux.

Cette ingérence sociale et économique catastrophique s’est reproduite dans toute l’Amérique latine et bien au-delà. Dans les années d’après-guerre, Washington ne fut pas responsable uniquement des terribles souffrances directement infligées par sa machine de guerre pour faire barrage aux « communistes » en Amérique latine et en Asie du Sud-Est. Washington est également responsable de la multitude des victimes de ses clients, que ce soit en Amérique latine, en Afrique, en Iran ou en Israël.

Le complexe militaro-industriel

La plus grande innovation de l’empire américain a peut-être été l’externalisation de ses atrocités en les confiant à des sociétés privées. Ce fut l’émergence d’un complexe militaro-industriel contre lequel Dwight D. Eisenhower, l’ancien général de l’armée américaine, a mis en garde dans son discours d’adieu de 1961, en quittant la présidence.

Les multinationales au cœur de l’empire américain – les industries de l’armement, les compagnies pétrolières et les entreprises technologiques – ont gagné la guerre d’usure non pas parce que le capitalisme était meilleur, plus juste, plus démocratique ou plus humain. Les entreprises ont gagné parce qu’elles étaient plus créatives, plus efficaces, plus téméraires, plus psychopathes dans leur soif de richesse et de pouvoir que les bureaucraties soviétiques.

Toutes ces caractéristiques sont aujourd’hui dégagées des contraintes qu’imposait autrefois un monde bipolaire, un monde partagé entre deux superpuissances. Les multinationales ont désormais le pouvoir absolu de puiser jusqu’à la dernière des ressources de la planète pour alimenter un système capitaliste axé sur le profit et la consommation.

La véracité de ce constat était en grande partie inaudible il y a 16 ans, quand les propos d’un conspirationniste coiffé d’un chapeau en papier d’aluminium étaient tournés en ridicule car il avait souligné que les États-Unis avaient inventé deux prétextes – les prétendues armes de destruction massive de l’Irak et ses liens également imaginaires avec Al-Qaïda – pour prendre le contrôle du pétrole du pays.

Aujourd’hui, Donald Trump, le stupide et impétueux président des États-Unis, ne prend même pas la peine de cacher le fait que ses troupes sont en Syrie pour avoir la mainmise sur ses gisements de pétrole.

Les chiens de garde édentés

Le monde unipolaire qui a résulté de la chute de l’Union soviétique a non seulement effacé les dernières entraves au pouvoir guerrier de l’empire américain – à sa capacité à conduire des guerres à l’étranger – mais elle a également eu de terribles répercussions sur le front de bataille des idées aux USA.

La concentration des médias ne fait que s’accélérer. Aux États-Unis, l’information est aux mains de multinationales souvent liées aux mêmes groupes de l’armement, du pétrole et des technologies toujours aussi fervents pour s’assurer que le climat politique reste favorable à leur pillage de la planète.

 

Depuis un certain temps, je donne, dans ces colonnes, des exemples de mensonges des médias institutionnels.

Mais les élites américaines en sont venues à régenter également les institutions internationales d’après-guerre qui avaient été créées pour contraindre les superpuissances à rendre des comptes, pour servir de chiens de garde de sa puissance mondiale.

Désormais écartées de la scène et largement tributaires des États-Unis et de leurs alliés européens dans leur quête de financements et de légitimité, les agences internationales de surveillance ne sont plus que de pâles reflets de ce qu’elles furent, sans plus personne pour contester leurs discours officiels.

Les effets conjugués de la mainmise sur les institutions internationales et de la concentration de la propriété des médias ont assuré que nous vivions en vase clos. Nos médias relaient sans discernement la propagande des dirigeants occidentaux qui est ensuite reprise par des institutions internationales désormais réduites au rôle de porte-voix des intérêts de l’empire américain.

Un coup d’État se transforme en « démission ».

Quiconque doute de cette appréciation n’a qu’à se pencher sur la description qui a été faire du coup d’État militaire en Bolivie, qui a renversé le dirigeant démocratiquement élu Evo Morales. Les médias institutionnels ont unanimement décrit l’éviction et la fuite de Morales au Mexique comme étant une « démission ». Les médias ont pu recourir à ce cadrage grotesque en invoquant les déclarations de la très corrompue Organisation des États américains (OEA), financée par les États-Unis, selon lesquelles le gouvernement Morales était illégitime.

Quiconque doute de cette appréciation n’a qu’à se pencher sur la description qui a été faire du coup d’État militaire en Bolivie, qui a renversé le dirigeant démocratiquement élu Evo Morales. Les médias institutionnels ont unanimement décrit l’éviction et la fuite de Morales au Mexique comme étant une « démission ». Les médias ont pu recourir à ce cadrage grotesque en invoquant les déclarations de la très corrompue Organisation des États américains (OEA), financée par les États-Unis, selon lesquelles le gouvernement Morales était illégitime.

[L’opposition bolivienne, @OAS_official [l’OEA], le gouvernement américain et les médias mainstream ont fabriqué un faux récit de fraude électorale, ouvrant la voie au coup d’État fasciste contre @evoespueblo. J’explique comment c’est arrivé]

Dans le même ordre d’idées, le journaliste d’investigation indépendant Gareth Porter a fait la démonstration convaincante que l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’organisme chargé de surveiller les activités nucléaires des États, était passée sous le joug de l’impérialisme américain.

Ses inspecteurs ont produit des informations extrêmement trompeuses pour faire en sorte que les États-Unis puissent justifier le bombardement par Israël, en 2007, d’un soi-disant réacteur nucléaire secret construit en Syrie.

Il est apparu plus tard qu’il s’agissait d’une supercherie : l’AIEA avait notamment violé ses propres protocoles en dissimulant les résultats des échantillons prélevés sur le site, qui montraient l’absence de contamination radioactive. En revanche, l’AIEA a signalé une anomalie dans un vestiaire, vraisemblablement due à une contamination du site par un des inspecteurs.

Rendre visage humain aux coupeurs de têtes

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) est une autre illustration frappante de la façon dont les agences internationales sont devenues des satellites des États-Unis. L’OIAC a joué un rôle central en soutenant la thèse américaine non étayée, reprise par les grands médias occidentaux, selon laquelle le dirigeant syrien Bachar Al-Assad s’était rendu coupable d’une série d’attaques aux armes chimiques contre son propre peuple.

Ce discours a été essentiel pour justifier les tentatives occidentales de renverser le régime dans un État clé du Moyen-Orient qui s’oppose à l’hégémonie américano-israélo-saoudienne dans la région. Il a également été utile pour redonner un visage humain aux extrémistes de l’État islamique et d’Al-Qaïda – qui contrôlaient les zones où ces attaques présumées ont eu lieu – ce qui a permis à l’Occident de les soutenir dans une guerre par procuration pour chasser Assad, conflit à l’origine d’une détresse des Syriens qui est passée sous silence.

Mais l’OIAC n’est plus l’organe d’experts indépendant et respecté qu’elle était autrefois. Il y a longtemps qu’elle est, dans les faits, passée sous le contrôle des États-Unis. Cela remonte à 2003, lorsque son premier directeur général, José Bustani, a été évincé par Washington à la veille de la seconde guerre du Golfe. A ce moment-là, les États-Unis ont dû fabriquer un faux prétexte à l’invasion de l’Irak en laissant entendre que Bagdad était dotée d’armes de destruction massive. L’administration de George W. Bush avait à ce point besoin d’intimider l’agence que John Bolton a été jusqu’à proférer des menaces à l’encontre des enfants de Bustani.

En Syrie, l’OIAC de l’après-Bustani a été le pivot de la propagande des États-Unis contre Assad. Les protocoles d’enquête de base ont été abandonnés par l’OIAC, comme par exemple l’exigence d’une « chaîne de contrôle » pour s’assurer de la traçabilité de tous les échantillons depuis leur prélèvement. En revanche, l’OIAC a incriminé le régime syrien pour les attaques chimiques présumées en se basant sur des échantillons qui avaient été recueillis par des extrémistes islamistes prêts à tout pour inciter les Occidentaux à intervenir davantage contre Assad pour renforcer leur propre emprise sur la Syrie.

Le premier test sur le terrain de la propagande sur les armes chimiques a commencé l’année dernière à Douma, ville où les islamistes ont affirmé avoir de nouveau été attaqués. Cette affirmation a conduit les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, en violation du droit international, à lancer des frappes de missiles sur les positions syriennes.

Quelques jours plus tard, les islamistes ont perdu le contrôle de la ville au profit des forces d’Assad et, pour la première fois, les inspecteurs de l’OIAC ont pu eux-mêmes se rendre sur les lieux d’une attaque présumée et y prélever leurs propres échantillons.

Les conclusions de Douma sont fallacieuses

Le rapport officiel sur Douma, publié en début d’année, semble confirmer le récit américain. Il suggère fortement que l’armée de l’air syrienne aurait largué deux bombes dont les impacts auraient été localisées par l’OIAC et testés positifs au chlore.

Mais, grâce à deux lanceurs d’alerte de l’OIAC, dont l’un faisait partie des enquêteurs à Douma, nous avons appris que le rapport officiel n’est pas celui qui avait été soumis par les enquêteurs et qu’il n’est pas fidèle aux éléments factuels décelés sur place ni aux analyses scientifiques auxquelles les indices ont été soumis. Il a été réécrit par les responsables de l’OIAC à La Haye pour convenir aux visées de Washington.

Le rapport officiel était, en fait, une falsification complète des preuves. Les enquêteurs ont découvert que les teneurs en chlore sur les sites présumés des bombardements n’étaient pas plus élevés que les valeurs du « bruit de fond » et qu’elles étaient inférieures à celles de l’eau potable. C’était bien inférieur aux concentrations qui auraient pu être létales pour les cadavres visibles sur les photos prises par les groupes islamistes à Douma.

Les conclusions des enquêteurs suggèrent une toute autre version des faits : les islamistes de Douma ont placé les bombes sur les deux sites pour faire croire qu’une attaque chimique avait eu lieu et ainsi fournir un prétexte à un renforcement de l’ingérence occidentale.

Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi les responsables du siège de l’OIAC ont décidé de dissimuler les conclusions de leurs experts s’étant rendus sur place et de céder à l’intimidation américaine.

Les véritables conclusions auraient :

  • fait voler en éclat la thèse officielle qui impute sans équivoque les attaques perpétrées à l’arme chimique aux autorités syriennes, ce qui aurait ridiculisé le prétendu argument humanitaire des Occidentaux qui, pendant des années, ont alimenté et financé une guerre par procuration qui a dévasté la Syrie ;
  • révélé la politisation de l’OIAC ainsi que la négligence des grands médias dans le traitement des communiqués des islamistes ;
  • indiqué la connivence entre les autorités occidentales et les groupes islamistes qui ont massacré des populations non sunnites au Moyen-Orient et lancé des attaques terroristes en Occident ;
  • souligné que la riposte militaire conjointe des français, des britanniques et des étasuniens contre la Syrie – en violation de la souveraineté syrienne – n’était pas simplement un crime de guerre mais le « crime de guerre suprême » ;
  • et plaidé pour que le gouvernement syrien puisse reprendre le contrôle de son territoire.

Au fond du trou de mémoire

Les fuites des lanceurs d’alertes de l’OIAC brossent un tableau bien troublant, dans lequel on ne peut avoir confiance, pour mener les investigations, dans nos institutions internationales les plus réputées. Elles sont là pour servir la seule superpuissance du monde, qui cherche à nous manipuler pour accroître toujours plus son pouvoir.

 

[Les propagandistes en chef pour la Syrie ont affirmé que, quand bien même Assad ne serait pas coupable du massacre de Douma, cela ne changeait rien car il restait nuisible. Mais BIEN SÛR, c’est important, car les preuves de plus en plus nombreuses que l’OIAC a été manipulée dans le sens des intérêts américains ont des implications majeures et une portée considérable.]

Il est tout à fait extraordinaire que l’accumulation de preuves indiquant que les responsables de l’OIAC ont comploté en falsifiant les éléments factuels pour permettre à l’empire américain de renverser un gouvernement ne soit pas considérée comme un scoop, sans même parler de faire la une. On a assisté à un embargo médiatique total sur ces révélations.

Dans un moment d’égarement en mai dernier, lorsqu’elle a entendu parler du premier des lanceurs d’alerte, Lyse Doucet, correspondante internationale en chef de la BBC, a répondu à une interpellation sur Twitter que c’était « une affaire importante » et qu’elle « ferait en sorte que les spectateurs en soient informés ».

[merci pour votre message. Je suis à Genève aujourd’hui, j’étais à Sarajevo et à Riga la semaine dernière, et je me rends dans le Golfe la semaine prochaine. C’est une affaire importante. Je veillerai à ce que les programmes en parlent. Comme vous le savez, les médias britanniques se sont surtout intéressés à May et au Brexit ces derniers jours.]

Six mois et un autre dénonciateur plus tard, ni Doucet ni la BBC n’ont fait entendre la moindre protestation quand le rapport de l’OIAC s’est vu discrédité. Cette « affaire importante » a sombré dans un trou de mémoire collectif des médias institutionnels.

Dans cette réalité fabriquée de toute pièce, nous, le public, avons été laissés désemparés face à de fausses nouvelles non seulement de la part de comptes mal intentionnés sur les réseaux sociaux ou d’autorités partisanes, mais aussi de celle des « chiens de garde » des grands médias et des institutions mondiales soit-disant crées pour rendre des arbitrages impartiaux et faire prévaloir la justice et la vérité. On nous a renvoyés dans un monde où seul le pouvoir fait force de droit.

La destruction de l’environnement

Les choses vont déjà assez mal, mais tout porte à croire qu’elles vont s’aggraver. Les problèmes du capitalisme vont au-delà de son besoin inhérent de violence et de guerre pour conquérir toujours plus de territoire et ouvrir de nouveaux marchés. Sa logique économique repose sur une croissance sans fin basée sur l’exploitation sans limite des ressources d’une planète limitée.

D’où deux problèmes majeurs.

Le premier est qu’à mesure que l’Occident épuise ses ressources – la plus évidente étant le pétrole – pour alimenter sa consommation sans bornes, l’extraction des ressources devient toujours plus ardue et moins rentable. Les marchés se contractent et les ramifications se font également sentir au niveau national. Les jeunes occidentaux n’ont aucune chance de connaître la réussite ou la richesse de leurs parents, voire même de leurs grands-parents.

Dans un monde où les ressources se raréfient et sans adversaire idéologique ou économique sérieux, l’économie keynésienne – la base sur laquelle les élites occidentales ont conquis les foules en élargissant la classe moyenne – a été écartée comme une complaisance désormais non nécessaire. Nous vivons une ère d’austérité permanente pour que le plus grand nombre puisse subventionner l’enrichissement de ceux qui sont déjà fabuleusement riches.

Le second est – pire encore – que le capitalisme se révèle être une idéologie suicidaire. Dans sa propension à tout monétiser, il pollue les océans avec du plastique et rend l’air à ce point chargé de particules qu’il en devient irrespirable. Il conduit à l’extinction rapide des insectes, principaux baromètres de la santé de la planète. Il détruit les habitats nécessaires aux animaux plus grands et à la biodiversité. Et il crée un climat dans lequel les humains ne pourront bientôt plus survivre.

Le capitalisme n’est pas seul à dégrader l’environnement. Les économies soviétiques en ont fait de même. Cependant, le capitalisme nous donne la preuve qu’il est d’une efficacité inégalée pour détruire la planète, comme pour tout ce qu’il approche.

Le naufrage

Désormais, ce ne sont plus uniquement les pauvres, invisibles dans leurs pays lointains, qui souffrent du capitalisme, bien qu’ils en soient toujours les principales victimes.

Ils fuient les territoires que nous avons contribué à dégrader avec nos armes, les pertes de récoltes dues au changement climatique alimenté par notre industrie et la pauvreté que nous avons généralisée en nous appropriant les ressources et en consommant comme des junkies. Mais, du haut de notre arrogance toujours renouvelée, nous leur bloquons toute échappatoire en durcissant les politiques migratoires et en mettant en œuvre des stratégies pour leur faire la vie dure. Nous banalisons la détresse de ceux que nous avons contraints, par l’avidité de notre système à l’échelle du globe, en les désignant comme « migrants économiques ».

Petit à petit, il devient plus évident – avec l’urgence environnementale – que nous sommes tous sur le même bateau. Seule la machine de propagande créée par l’élite capitaliste – d’une remarquable efficacité – réussit toujours à convaincre un nombre trop élevé d’entre nous qu’il n’existe pas de moyen de quitter le navire. Ou que si nous essayons, nous allons nous noyer.

Mais la cruelle réalité est que nous sommes sur un navire en train de sombrer – le navire du capitalisme. La brèche s’élargit et chaque jour nous embarquons plus d’eau. Ne rien faire, c’est une mort certaine. Il est temps de nous montrer courageux, d’ouvrir les yeux et de chercher la terre ferme.

Jonathan Cook est un journaliste freelance résident à Nazareth.

Source : Consortium News, Jonathan Cook, 03-12-2019

Tag(s) : #Idéologie, #Capitalisme
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