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 Acte LXI des Gilets jaunes, la campagne d’hiver de la Guerre Sociale 

Saint-Berthevin, les Gilets jaunes dénoncent le fascisme macronien 

et consumimur igni

Tout le monde a remarqué que lors que la grande manifestation nationale du 9 janvier, la milice de Castaner avait été particulièrement violente sans raison. Cela est la preuve que nous sommes entrés en 2020 dans une Guerre civile. Et les miliciens ne sont pas dans notre camp, ils sont à la solde de l’oligarchie qui ne représente plus rien dans ce pays. Il faut partir de la violence de la répression dite policière.

Comme je l’ai déjà indiqué, il est inédit que le pouvoir en place matraque et gaze de façon systématique les cortèges syndicaux. Cela signifie que rapidement il va falloir qu’on passe à de nouvelles formes d’action, le pacifisme ne suffira pas face à des domestiques surarmés qui ont presque tous les droits, y compris celui de tuer.

Le bloc bourgeois sait parfaitement qu’aujourd’hui il ne peut mener à bien le pillage du pays que sous la protection de sa milice. C’est pourquoi elle l’engage à ses côtés pour faire sécession avec le pays. Le baromètre du Figaro donnait ces jours derniers une cote à 28%, mais pour Yougov le constat est plus sévère encore, Macron est soutenu par à peine 25% de la population[1].

La chute est à ce point spectaculaire qu’on pense de plus en plus que sa réélection sera difficile, sauf à ce qu’il passe un accord en bonne et due forme avec Les Républicains dont le programme est le même, et qu’il se décide à nommer François Baroin en 2022 premier ministre. Mais il se pourrait que cette manœuvre ne fonctionne pas. Même si pour l’instant les journalistes restent assez peu entreprenants pour dénoncer le fascisme macronien, on commence à sentir des réticences.

Ce n’est pourtant pas le cas d’un petit salopard, Aziz Zemouri, vieux routier du journalisme de la droite extrême, qui dans Le point, journal macronien pour débiles profonds, tentait de justifiait la mort de Cédric Chouviat, le livreur de pizzas par le fait qu’il roulait sans permis[2] !

Comme si ceci pouvait justifier cela. Et en plus il s’avère que Cédric Chouviat conduisait un sccooter de 50cmqui ne nécessita pas de permis ! Aziz Zemouri, n’est pas un journaliste, c’est un agent de propagande macronien. En vérité cet assassinat a été rendu possible parce que les miliciens ont pris l’habitude de la violence extrême dans les manifestations des Gilets jaunes, puis des syndicalistes. Leur but est de faire régner la terreur.

Le 9 janvier on a franchi un nouveau palier, et ce n’est pas sans raison : cela annonce que Macron veut faire passer son ignoble réforme des retraites en force, et que tous ceux qui se mettront en travers seront matraqués. Plusieurs plaintes contre la milice ont été déclarées recevables, notamment pour un tir de LBD à bout portant[3].

Les Juges ouvriraient ils les yeux ? Commenceraient-ils à comprendre qu’en jouant le jeu de la servilité avec un pouvoir fasciste, non seulement ils n’ont en retour que du mépris de la part du peuple, mais également de la part de ceux qu’ils protègent d’une colère légitime et qui les instrumentalisent. Ne comptons pas sur les policiers pour une prise de conscience même minimale. Ce n’est pas dans leur culture.

En Mai 68 le préfet Maurice Grimaud écrivait ceci : « Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu'ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés. »[4]

Evidemment Grimaud ce n’était pas Lallement. Et en plus en Mai 68 la révolte avait été plus violente qu’elle n’est aujourd’hui contre l’ignoble Macron, avec des barricades, etc. A cette époque lointaine le pantin Cohn-Bendit traitait de Gaulle de dictateur, alors qu’aujourd’hui il est tout mouillé en admirant la président-fou dont il ne conteste rien de l’ignoble répression qui est mise en œuvre. Les temps changent, et pas en mieux. 

Acte LXI des Gilets jaunes, la campagne d’hiver de la Guerre Sociale 

Cédric Chouviat assassiné par la milice 

Tout ça pour dire que de plus en plus de monde a conscience que pour avancer il va falloir passer à un niveau plus élevé de radicalisation. Qu’est-ce que cela veut dire ? D’abord il faut élargir la mobilisation, car si la très grande majorité des Français est hostile aux réformes macroniennes, beaucoup trop font grève par procuration, selon la formule bien connue du passager clandestin. Ils veulent bien des grèves et des manifestations, mais pas que cela leur coûte.

Or il va de soit que sans un sacrifice financier on n’arrivera à rien. Mais plus encore il faut vaincre la peur d’affronter les robocops de Castaner. On voit ici et là de temps des manifestants qui ont vaincu cette peur et qui vont au contact pour en découdre. Ils sont encore trop peu nombreux pour faire reculer sérieusement la milice. Avoir une attitude un peu plus offensive c’est consolider les blocages : des raffineries, des ronds-points et des péages. Le gouvernement de lobbyistes est conscient de cela puisqu’il a annoncé que les blocages des raffineries étaient illégaux, et donc qu’il enverrait ses chiens de garde pour les débloquer.

Même chose pour les ronds-points que le gouvernement craint de perdre à nouveau comme l’an dernier. En quelque sorte ce sont les avocats qui sont très remontés contre la réforme des retraites – qu’ils assimilent à un vol pur et simple – qui montrent la voie. Non seulement ils crachent sur leur ministre de tutelle, l’abominable Belloubet, mais en outre ils ont reconduit leur grès, ce qui signifie le blocage des tribunaux qui ne peuvent pas fonctionner sans eux. On note que les avocats ont été chassé du Palais de justice de Paris par les gendarmes !

C’est la seule façon sérieuse que Belloubet a trouvé pour négocier la réforme des retraites. Une fois de plus les avocats ont jeté leur robe, mais les gendarmes ont sévi avec violence[5]. Macron veut-il supprimer les avocats qui l’emmerdent ? Ce serait logique d’ailleurs avec ses propres tendances fascisantes. La canaille LREM doit raser les murs.

A Saint-Berthevin, Castaner-le-menteur a été accueilli par un blocage, mais aussi par des Gilets jaunes qui utilisaient le sigle LREM pour dessiner une croix gammée. Comme ils ont raison ! C’est bien vu quant à la nature de ce régime dictatorial qui ne dit pas son nom. Evidemment les députés LREM ne sont pas contents, ils voudraient en plus qu’ils nous pourrissent la vie qu’on les considère comme des démocrates bon teint. Sans doute se croient ils encore au temps des colonies quand il suffisait de montrer le bâton pour faire travailler les « bougnoules ». 

Acte LXI des Gilets jaunes, la campagne d’hiver de la Guerre Sociale 

Le 9 janvier la milice tire avec un LBD 40 à bout portant 

Le scandale de la répression du mouvement social est tellement énorme que Le monde s’est emparé de l’affaire[6]. Le parquet a ouvert une enquête sur cet incident. Pire encore, BFMTV, outil de propagande macronien, se sentait obligé de faire un débat sur la question, avançant que tous les torts n’étaient pas forcément du côté des manifestants. Ce qui voulait dire en clair qu’il y avait un problème d’abus de pouvoir. Mais il y a un stock de vidéos énorme qui montre la sauvagerie de la police qui frappe indistinctement les femmes et les enfants, sans honte. Le minimum devrait être pour les journalistes et plus généralement les « démocrates » de s’indigner de ces dérives, vues, prouvées et filmées. Les témoignages arrivent de tous les côtés et des personnes à priori sans implication directe dans les manifestations.

C‘est la preuve :

1. Qu’un palier a été franchi en la matière,

2. Que les consciences sont en train de se réveiller. Nous ça fait plus d’un an qu’on dénonce cette volonté de casser toute velléités de briser le mouvement par la terreur. Le chef de meute Castaner a cru devoir face aux critiques virulentes sortir de sa réserve pour condamner du bout des lèvres les exactions que jusqu’ici il a encouragées, y compris en distribuant des primes pour acheter la complicité des syndicats des policiers[7].

La mollesse de la position de Castaner-le-boucher résulte du fait qu’il sait très bien que lui et son patron ne sont là que par le bon vouloir de la milice. 

La dernière tartuferie de Macron est celle-ci : il prétend mettre en place un référendum issu de la « conférence citoyenne sur le climat »[8].

Pourquoi pas, mais le fait qu’il refuse un référendum sur la privatisation d’ADP et sur la réforme des retraites prouve qu’il ne prend pas la question écologique au sérieux. Pour lui ce qui est important c’est de vendre ADP pour faire plaisir à ses employeurs et ensuite de privatiser les retraites pour les mêmes raisons. Nous n’oublions pas que c’est lui et son gouvernement de lobbyistes qui a fait capoter l’interdiction du glyphosate au niveau européen, entraînant du même coup la démission de Nicolas Hulot, son ministre de l’écologie. 

Acte LXI des Gilets jaunes, la campagne d’hiver de la Guerre Sociale

Il commence à filtrer quelques éléments dans la presse du projet de loi sur les retraites qui a été envoyé au Conseil d’Etat, preuve que le gang de l’Elysée ne veut rien négocier sur rien. Selon ces mêmes informations nous voyons que le gouvernement et Macron bien entendu ont menti aux Français. Le premier point indique que contrairement à ce que les fumiers du gouvernement et les journalistes sans conscience affirment, l’introduction des fonds de pension est bien prévue par l’article 64 de la future loi. C’est Black Rock qui va être content ! Macron, domestique stylé du grand capital suit les ordres à la lettre, contre quelle compensation ? Ce que la canaille gouvernementale appelle le dynamisme de l’épargne retraite, c’est un euphémisme pour parler des fonds de pension. J’ai déjà dit les deux risques que font courir sur les retraites les fonds de pension, mais il est bon de les rappeler :

1. le premier est que ces fonds de pensions investissent en Bourse, et donc le rendement des retraites est indexé sur le cours de la Bourse. Certes l’année 2019 a été bonne pour les cours boursiers, et pour les actionnaires, mais tout indique que 2020 sera bien moins bonne, à cause du ralentissement de la croissance dans le monde entier[9], et à cause des risques de tensions militaires un peu partout dans le monde. Une crise boursière est toujours possible comme en 2000 ou comme en 2008, les conditions sont toujours présentes, rien n’a changé depuis 2008 ;

2. le deuxième est que ce système sera réservé dans un premier temps à ceux qui gagnent plus de 120 000 € par an et qui donc ne cotiseront plus au pot commun, ce qui fera un manque à gagner pour l’ensemble d’un système par répartition. Cela ne peut que renforcer les inégalités.

Autrement dit la privatisation des retraites via les fonds de pension amène le risque de la formation d’une bulle financière parce que dans une période de croissance faible, lorsque les fonds disponibles sont trop abondants, la valeur des actifs financiers s’envole au-delà de ce que leurs rendements, l’explosion de la bulle n’est pas très loin. Or les marchés aujourd’hui sont dans une situation de surabondance de liquidités et en plus les taux d’intérêts sont tellement bas – négatifs – que cela induit les cours à la hausse sur une courte période de temps, jusqu’à ce qu’on se rende compte que les actifs ont été surpayés, et à ce moment-là, tout le monde vend et la panique s’installe. Gager les retraites sur le rendement boursier est un pari très audacieux.

Alors que les manifestants étaient très nombreux dans toute la France, on apprenait samedi que le gouvernement retirait comme tout le monde l’avait compris l’âge pivot : provisoirement disait-il[10]. 

Acte LXI des Gilets jaunes, la campagne d’hiver de la Guerre Sociale 

Le Havre les manifestants entrent dans la mairie et se servent du Champagne 

Mais il semble que ce soit trop tard parce que tout le monde a compris que c’était un leurre, une porte de sortie pour faire semblant de faire des concessions, mais qu’il retire l’âge pivot ou pas il reste qu’il faudra travailler plus longtemps – alors que le chômage des jeunes est toujours très haut – et que les pensions seront plus maigres. Philippe s’est ridiculisé une fois de plus et prépare sans doute sa démission prochaine, alors qu’il y a quelques jours encore il jouait les Alain Juppé droit dans ses bottes et que l’ignoble Darmanin affirmait que l’âge-pivot était une mesure de justice sociale. Et le voilà disant qu’il retire cette question « provisoirement ».

En langage courant cela veut dire qu’il le réintégrera plus tard, une fois que le gros de la réforme sera voté par le parlement-croupion des gros bataillons LREM. Mais cela satisfera sûrement Laurent Berger, le chef du syndicat jaune qui pourra faire semblant d’avoir obtenu quelque chose. Quand on a vu le patron – patron c’est bien le mot – de la CFDT faisant de la question de l’âge pivot une question de principe, tout le monde avait compris qu’il s’agissait de ménager à travers cette fausse opposition une porte de sortie pour l’exécutif.

Ça décrochera sans doute les quelques cédétistes qui faisaient grève, mais ils n’étaient pas nombreux, et cela ne réglera pas le problème des retraites à la SNCF ou à la RATP. Le but de la manœuvre est de dire voyez on est conciliant, on cède du terrain, et en même temps on avance !

Macron a reçu le soutien du journal The Economist, en encourageant le petit monstre de ne pas céder au peupleCe n’est pas étonnant c’est l’organe du Grand Kapital tendance dix-neuvième siècle, eux aussi pensent que la démocratie entrave la marche en avant de l’économie ! 

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Nice 

Les manifestations de l’Acte LXI étaient bien plus nombreuses que les autres samedis, dans la foulée de ce qui s’était passé le 9 janvier qui avait été une belle mobilisation. Plusieurs milliers à Paris, 150 000 selon la CGT, avec des chansons sur le parvis de l’Opéra Bastille avec beaucoup de bonnes humeurs. Les Gilets jaunes étaient en tête du cprtège. Ça a cogné un peu et les chiens de Castaner ont balancé des grandes lacrymogènes. Mais l’ensemble montrait une grande détermination, faisant apparaitre la reculade de Philippe aussi inattendue qu’à contre-temps. Il est pressé d’amener sa réforme pourrie devant l’Assemblée et de liquider cette affaire qui a relancé la contestation donnant raison aux Gilets jaunes qui contestent le fascisme rampant macronien depuis plus d’un an avec une grande régularité. Pendant que Philippe bouffonnait à Paris, des manifestants et des Gilets jaunes, se sont introduits dans la mairie du Havre, malheureuse cité qui l’a eu comme maire, pour se faire offrir le Champagne par la mairie. 

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Paris, grosse manifestation Gilets jaunes et syndicats et les danseuses en bleu de chauffe se préparant à entrer dans la danse 

Les miliciens n’ont pas pour autant désarmé : ils ont cogné un peu partout, notamment à Nantes. La flicaille a commencé par empêcher les Gilets jaunes de rejoindre le cortège syndical en centre-ville, puis ils ont arrosé avec les gaz lacrymogènes. Quel métier ! A Paris ils ont eu la vie un peu plus difficile, on a vu beaucoup de jeunes gens se décider à affronter les milices suréquipées du capital. Cette répression féroce des mouvements sociaux qui ne sont pas près de s’arrêter, commence à avoir un début de résistance.

Mais c’est encore insuffisant.

La deuxième phase ce sera l’offensive. On v oit d’ailleurs ici et là des résistances organisées notamment autour des raffineries qui restent bloquées. Pour beaucoup il faut aller vers un nouveau Mai 68, c’est-à-dire des barricades pour enfin que le pouvoir recule. C’est ce qui se murmure dans les cortèges. Les Gilets jaunes ont modifié la perception de la lutte en deux sens : d’abord avec l’idée de passer à l’offensive, et ensuite avec l’idée de s’installer dans la durée.

Les cheminots qui sont conscients de s’être fait avoir en 2018 son particulièrement remontés. J’ai rencontré plusieurs syndicalistes de la CGT qui disaient que Martinez était dans l’erreur en voulant retourner à la table de négociation, alors que tout est écrit depuis longtemps, à prendre ou à laisser. 

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Paris 

C’est un moment unique dont il faut profiter, parce que Macron et Philippe sont très affaiblis, à cause de leurs tergiversations, mais aussi parce qu’il y a dans les faits une convergence des luttes entre syndicalistes et Gilets jaunes dont ils rejoignent finalement la logique.

Les tergiversations des macroniens ont permis de voir et d’admirer toute l’étendue de la gamme de leurs mensonges. Macron disait en 2017 qu’il n’était pas question de toucher à l’âge de départ à la retraite. Le 6 janvier, c’était Guerini qui disait que la réforme devait permettre des économies, en clair que les pensions seraient plus faibles, le même jour Le Maire, affirmait le contraire que la réforme n’était pas faite pour faire des économies !!

Notez que pendant ce temps Carlos Ghosn dont la presse pourrie tend à faire un héros, a annoncé qu’il allait attaquer Renault pour toucher plein pot sa retraite chapeau qui serait de l’ordre de 775 000 € par an[11] ! Le gouvernement n’a rien prévu pour lui 

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Marseille 

La journée du 11 janvier est la démonstration de la détermination des manifestants, mais aussi de la pugnacité des Gilets jaunes qui en sont à leur 61ème acte et qui sont toujours là ! on peut leur tirer un coup de chapeau au lieu de se plaindre qu’il n’y a pas assez de monde dans les manifestations. Çaz viendra, forcément. La suffisante bêtise de l’exécutif prouve assez que nous allons continuer le combat, sachant combien ils savent donner le bâton pour se faire battre. 

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Nantes 

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