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Acte LXIV, Macron aux abois, la dictature se durcit
et consumimur igni 

Acte LXIV, Macron aux abois, la dictature se durcit 

Avocats à Marseille le 30 janvier 

Si les mobilisations sont un peu moins étoffées cette semaine, l’exaspération des Français reste toujours aussi élevée. Je lisais le dernier ouvrage de Paul Krugman, Lutter contre les zombies[1]c’est un recueil d’articles qu’il a écrit ici et là sur la situation des Etats-Unis. Le début de l’ouvrage est une défense du système de protection sociale, santé et retraites, contre les assauts du capitalisme financier. Il décrit les tentatives avortées de George W. Bush qui datent de 2004 !

Le parallèle est évident entre le président américain de cette époque et le président-fou qui a été élu malencontreusement en 2017 chez nous. Krugman défend la Sécurité sociale américaine en disant que ce que George W. Bush veut détruire c’est la réforme de Franklin D. Roosevelt, comme nous, nous invoquons le CNR. Il montre comment la canaille de la finance et des fonds de pension avance des arguments bidons comme la hausse de l’espérance de vie, ou la nécessité d’équilibrer les comptes. Ce parallèle nous oblige à classer Macron du côté de la droite extrême – certains parlent à tort de « centrisme autoritaire ».

Cependant il y a une différence énorme, c’est que la puissance de l’Etat central en France joue clairement en faveur de Macron qui l’instrumentalise à sa guise. Il ne faut plus se le cacher, c’est bien d’une dictature dont il s’agit. Les médias sont sous contrôle, la justice est aux ordres, et la police bastonne les récalcitrants. En outre les préfets – cette canaille qui dans le temps servait Vichy – prennent à longueur de semaine des arrêtés pour interdire les manifestations le plus possible. Les violences policières en France sont régulièrement commentées avec effroi à l’étranger. Mais ces violences ont été aussi dénoncée par la CNCDH – Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme[2].

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Marche aux flambeaux Angers le 30 janvier 

Les députés LREM qui semblent concourir pour le plus du plus fumier viennent de franchir un palier en demandant de ne pas voter un amendement qui aurait allongé le congé pour le deuil d’un enfant. C’est l’idiote Serein Mauborgne qui a avancé que la générosité patronale ça suffisait maintenant.

Cette ignoble et stupide femme a malheureusement été suivie dans ses élucubrations par les autres bras-cassés du parti macronien. Les macroniens font de la surenchère dans l’inhumanité.

Cette affaire est tellement emblématique que le MEDEF par la voix de Roux de Bézieux a réclamé un nouveau vote pour tenter d’effacer cette ignominie. Ce que cette farce nous prouve, c’est que les députés macroniens devancent les désidératas du patronat et choisissent leur camp en devenant encore pire que leurs employeurs.

Pénicaud a surenchéri avec sa délicatesse habituelle en avançant que la meilleure manière de soigner un deuil c’était encore de travailler et que l’ignoble Sereine Mauborgne a qui on ne souhaite pas la perte d’un enfant, avait voulu dire tout autre chose que ce qu’on a compris[3].   

Acte LXIV, Macron aux abois, la dictature se durcit 

Mais toutes ces fantaisies ne doivent pas nous faire oublier qu’il y a à l’heure actuelle un climat insurrectionnel. C’est ce qu’a bien compris Badinter en rejoignant à toutes jambes sa famille d’origine : la grande bourgeoisie.

Mais c’est aussi ce qu’on a compris quand on a vu les images des pompiers refuser de se faire matraquer par la milice et riposter pour montrer l’exemple. Incontestablement le régime tente d’acheter les opposants qu’ils ne matraquent pas. Il a donné le la en distribuant par le biais de la direction de la SNCF des primes aux non-grévistes, alors que la grève lui aurait coûté la peau des couilles.

C’est le système de la carotte et du bâton, si tu es bien gentil on te donnera des miettes qui feront baver d’envie les grévistes. Manque de bol, cette prime à la soumission n’est pas légale et la CGT a demandé fort justement qu’elle ne soit pas versée aux jaunes. Plus le temps passe et plus ce système devient ignoble et répugnant. Faibles avec les forts, forts avec les faibles, telle est la devise des parlementaires LREM arrivés là par hasard.

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Le mouvement social initié il y a 15 mois par les Gilets jaunes reprend des formes plus classiques. A Carrefour-Vitrolles, la grève a été votée et suivie parce que les dirigeants de cette boutique préfèrent utiliser les mannes du CICE généreusement dispersées par Macron depuis 2014 pour engraisser les actionnaires, plutôt que d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés.

Chez Ford à Blanquefort les délégués syndicaux sont licenciés. Certes c’est une entreprise qui est en train de disparaitre, mais commencer par les délégués syndicaux, c’est un signe des temps plutôt malsain. Philippe Potou, pour lequel je n’ai d’ailleurs aucune sympathie, est parti dans la charrette[4]. 

 

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Carrefour Vitrolles, 1er février 

Vu les quantités de licenciements en cours dans toute la France, de plus en plus de monde conteste les chiffres du chômage avancés par Macron et son gouvernement. Le ralentissement programmé de l’économie dans toute l’Union européenne et au-delà ne permet pas d’être optimiste de ce côté.

C’est une affaire assez compliquée sur laquelle je prendrai le temps de revenir plus tard. En tous les cas on a remarqué que le nombre des radiations – 300 000 – était équivalent à la baisse du chômage ! c’est une ficelle habituelle des gouvernements en difficulté[5]. 

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Montpellier 1er février 

Nous sommes donc dans un Etat policier. Samedi 1er février, on arrêtait sans raison Jérome Rodrigues à Paris, c’est plus que du harcèlement, c’est de l’intimidation. A Montpellier, la manifestation paisible des Gilets jaunes a été arrosée de gaz lacrymogène. Une grenade lacrymogène a atterri directement dans l’appartement d’un malheureux qui observait le cortège.

La police est de plus en plus détestée, Jérôme Fourquet constatait qu’elle s’était coupée de la population comme une milice au service des puissants[6]. Mais en réalité c’est seulement dans les périodes de calme qu’on peut penser que la police est autre chose qu’un instrument entre les mains du pouvoir.

Malgré toutes ces difficultés, les Gilets jaunes ont effectué leur 64ème acte ! On peut les saluer pour cette constance. A Paris où il était carrément interdit de manifester par le préfet Lallement, les Gilets jaunes ont manifesté devant le Conseil d’Etat histoire de rappeler que celui-ci à violemment critiqué le projet de loi de Macron et son gang. Ils ont surpris la police en l’encerclant ! Une fois n’est pas coutume, et c’était je dois dire fort beau. Cela les fera-t-il méditer sur le métier qu’ils font ? Personnellement j’ai des doutes

Acte LXIV, Macron aux abois, la dictature se durcit 

Au Palais Royal, le 1er février, les Gilets jaunes encerclent la milice 

A Montpellier et à Toulouse, les cortèges étaient très fournis. Mais comme nous sommes dans un Etat policier, on a gazé et matraqué.  On a même vu à Toulouse la milice pénétrer dans une Eglise pour tenter de capturer des Gilets jaunes qui s’y étaient réfugiés[7]. La dictature c’est comme ça, c’est quand les miliciens n’ont plus honte de rien.

A Paris outre l’arrestation de Jérome Rodrigues parfaitement illégale, mais dans une dictature, la loi, tu m’as compris, le préfet Lallement avait interdit la totalité du parcours, C’est-à-dire qu’il ne limitait plus les mouvements des manifestants, mais on a franchi un palier : sous Macron il est interdit de manifester.

Du jamais vu depuis la Guerre d’Algérie et la manifestation de Charonne en 1961 réprimée par Maurice Papon de sinistre mémoire. Les libertés individuelles et l’Etat de droit, n’existent plus en France, on attend que Badinter se sorte de son coma dépassé et prenne l’affaire en mains. Mais il est plus préoccupé par les images et les parodies carnavalesques que par le respect du droit le plus élémentaire.

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Arrestation abusive de Jérome Rodrigues 

Ce sont donc pour la 64ème semaine des milliers de Gilets jaunes qui ont défilé avec l’idée de finir par nous débarrasser de la pègre macronienne. Ils sont toujours là nos Gilets jaunes, et par milliers, malgré toutes les saloperies que la milice leur inflige.

Ce qui s’est passé ce samedi 1er février 2020, c’est bien la preuve que le pouvoir les craint, car s’il n’en avait pas peur il ne mettrait pas tant de hargne à les fracasser de coups. Si le gouvernement n’a plus aucun honneur, et depuis longtemps, ceux qui le servent obséquieusement n’en ont pas plus.

Les journalistes font les étonnés en voyant que les Gilets jaunes existent encore, mais pour s’étonner, il ne faut avoir rien compris au chaos dans lequel la France a été plongée depuis l’élection d’un petit dictateur sans dimension intellectuelle. De même ils parlent de centrisme autoritaire ! En voilà un oxymore !

Mais non Macron c’est la bonne vieille droite extrême, façon Thiers et Guizot, la trique pour le prolétaire et les profits pour les patrons. On la reconnait assez bien cette droite fascisante, à son absence d’empathie pour le petit peuple et à son empressement à servir la cupidité de l’oligarchie.

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 Toulouse 1er février 2020, une foule très dense

Tag(s) : #Macron
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