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Affaire Griveaux suite et développement, mais pas fin…

et consumimur igni 

L’affaire Griveaux est exemplaire, en ce sens qu’elle a généré une sorte de conjuration des imbéciles dans le moment de défendre le bloc bourgeois. La presse aux ordres, du Monde à Marianne, est unanime, en révélant les petites saletés du petit Griveaux, on mettrait en danger la démocratie. Et les politiciens de la droite et de la gauche, de LREM au PCF et à la France Insoumise ont entonné cette chanson éculée sur le droit d’avoir une vie intime[1].

Et donc le sujet ne serait pas Griveaux lui-même et son comportement débile, mais l’interdiction qu’il y aurait de parler de celui-ci dans ce qu’il est vraiment.

On parle aussi d’une violence inadmissible contre ce petit candidat et sa famille qui n’a pourtant jamais eu aucune chance de remporter quoi que ce soit à Paris. Et donc voilà que parce que quelqu’un quelque part a rendu public les turpitudes d’un homme politique, un homme public pourtant, ce serait bien plus grave que les matraquages incessants des manifestants qui eux ne menacent pas la démocratie comme on sait.

La première remarque est celle-ci : au lieu de s’offusquer de l’imbécilité de ce médiocre qui est d’abord un menteur quand il se présente comme un bon père de famille à la fidélité exemplaire, on s’indigne de voir révéler le mensonge. Ça ressemble à la diatribe ulcérée de Badinter qui trouve que de promener une tête en carton de Macron au bout d’un bâton est une violence inadmissible, mais qui ne dit rien sur les gens éborgnés, gazés, ou sur les cortèges syndicaux bombardés de lacrymogènes.

Cela illustre le proverbe chinois selon lequel quand le sage montre la Lune, l’idiot regarde le doigt. Mais les Français ne se sont pas trompés, malgré une déferlante relativement inédite visant à défendre Griveaux et par ricochet Macron et son gang, ils ont condamné méchamment l’imbécile en le moquant bien entendu. 

Affaire Griveaux suite et développement, mais pas fin…  

Un trio sans foi ni loi, nous dit le monde 

Le monde journal libéral d’un autre âge s’en prend à ceux qui auraient révélés l’hypocrisie de Griveaux. Dans un article intitulé « Derrière la chute de Benjamin Griveaux, enquête sur le rôle d’un trio sans foi ni loi »[2], ils ne se posent pas de questions sur l’écart constaté entre l’image publique de Griveaux et ce qu’il donne à voir par ailleurs, mais ils accusent d’une manière assez diffamatoire, Juan Branco, Piotr Pavlenski et la jeune étudiante Alexandra de Taddeo de finalement truquer le jeu électoral. Et donc ce trio « sans foi ni loi »  remarquez l’imagination débordante des plumitifs du Monde dans le choix de leur vocabulaireen révélant ce qu’est Griveaux sont contre la démocratie !

L’article du Monde suggère d’ailleurs que la jeune fille est une fille frustrée qui donne dans la « porno revenge » que Pavlenski est un agent de Poutine un peu débile, et que le véritable instigateur c’est Juan Branco qui nourrirait une haine indescriptible pour Macron. Cette approche est trois fois mensongère :

– d’abord parce que derrière la diffusion des vidéos, il n’y a pas que ce trio, mais un autre trio, formé par Laurant Alexandre, le transhumaniste à moitié escroc qui donne des conférences pour des sommes démentielles à des imbéciles friqués, Joachim Son-Forget, qui a démissionné de LREM et qui a l’air complètement allumé, et puis Alexandre Benalla !

Peu de gens se sont inquiéter du rôle de ce même trio.

Certains avancent qu’en réalité c’est une manière pour macron de se débarrasser de Griveaux dont la lamentable campagne rejaillissait sur Macron[3]. Pour ma part je ne pense pas que Macron et son gang soient capables de former un tel plan, c’est d’un niveau intellectuel qu’ils ne possèdent pas. Et d’ailleurs il n’est guère probable que le remplacement de Griveaux par Buzyn puisse servir à remonter la pente. Curieusement on arrête et on met en avant le premier trio, mais on met l’étouffoir sur le second. Mais il semble évident que le second trio bénéficie d’une impunité très large ;

– ensuite parce qu’il semble bien que cette sextape qui daterait de plusieurs mois était déjà connue de tout le monde, enfin du Tout-Paris. Et donc qu’elle devait finalement sortir un jour ou l’autre. Cette question est importante, parce que si la relation entre Griveaux et Alexandra de Taddeo est ancienne et révolue, alors on se demande pourquoi Griveaux a démissionné. Une réponse pourrait être que ce coup de semonce avertissait le candidat à la mairie parisienne qu’il y avait d’aitres munitions derrière pour le dézinguer.

– enfin elle ne tient pas compte du fait que sextape ou pas, la campagne électorale de Griveaux était des plus mal engagées et qu’il allait à une défaite certaine, c’est même la seule chose qu’on pouvait considérait comme sûre dans la bataille pour Paris.

Les médias, Le monde en tête tentent de mettre en avant la piste d’un complot. Mais on ne voit pas qui aurait intérêt à s’attaquer à Griveaux alors qu’il est en perdition. A la limite on pourrait dire que cette affaire arrange Griveaux qui n’arrivait plus à s’en sortir. On a laissé entendre que les Russes seraient à la manœuvre. Cette thèse pourrait être crédible si Griveaux avait une chance de gagner. Mais comme ce n’est pas le cas, on ne voit pas Poutine abimer la réputation de ses services pour se débarrasser d’un type qui ne sert à rien, ni à personne.

En tous les cas cette thèse est reprise par Macron qui, chaque fois qu’il a un ennui, accuse les Russes[4] : les Gilets jaunes, une création des Russes, les manifestations contre sa réforme pourrie, les Russes encore. Griveaux se branle devant son téléphone, encore un coup des Russes.

Cette maniaquerie obsessionnelle renforce sa décrédibilisation un peu plus, car tout le monde sait que la Guerre froide, c’est terminé depuis des décennies. Certes Macron a une mauvaise connaissance de notre histoire, mais tout de même, il ferait bien de faire un peu plus attention. 

Affaire Griveaux suite et développement, mais pas fin…  

Quel est le rôle de ce second trio ? 

Les dégâts politiques ne sont pas encore tout à fait évaluables. D’abord cette affaire montre les hommes politiques ont des mœurs un peu à part, ce qui renforce l’idée que pour être bien gouvernés, il faudrait s’en débarrasser et se gouverner par soi-même. Mais on a remplacé au pied levé l’imbécile Griveaux par l’antipathique Buzyn.

Celle-ci disait il y a encore deux jours qu’elle n’y irait pas, car elle avait des sujets très importants à traiter, le Coronavirus, la crise des hôpitaux, et j’en passe[5].et puis voilà que le dimanche 16 février, elle retrouve la foi dans cette mission saugrenue : sauver les meubles.

Elle sera remplacée à son poste de ministre par un autre petit magouilleur, Olivier Véran, ancien socialiste, mais surtout un godillot qui a soutenu la réforme des retraites, sans en connaitre le contenu réel, mais aussi la réforme de l’hôpital qui a conduit à la catastrophe que l’on sait et à la grève de longue durée du personnel de santé.

Déjà que la Buzyn était très mal vu par le milieu hospitalier, il semble que Véran soit encore moins bien reçu qu’elle[6]. De là à penser que Macron se débarrasse de Buzyn à l’occasion de la chute de Griveaux, il n’y a qu’un pas, car il est certain que Buzyn n’a strictement aucune chance de gagner. Non seulement elle est antipathique et arrogante, une des pires dans la Macronie, mais son parachutage ne lui laisse pas le temps à moins d’un mois des élections de présenter un projet crédible, déjà que le projet de Griveaux était marqué du sceau de l’idiotie et de la gesticulation, ne trouvant pas à se positionner clairement auprès des Parisiens face à Hidalgo, mais aussi face à Villani, on se demande bien ce qu’elle va pouvoir faire en 3 semaines !

En vérité Macron aurait pu choisir de faire fusionner les listes de Villani et de Griveaux, laissant au mathématicien la tête de liste. Il eut ainsi limité les dégâts mais il n’est pas assez intelligent pour le comprendre. Il est tactiquement très faible. Et puis il lui aurait fallu régler des problèmes d’ego entre les frères ennemis. C’était la seule chance de faire un score relativement honorable dans la capitale. Mais il ne voulait pas non plus manger son chapeau face à Villani. Donc, il envoie la Buzyn au casse-pipe. C’est probablement la fin de la carrière politique de celle-ci. Mais en même temps Macron renforce la détermination de Villani qui va sans doute terminer maintenant la course devant Buzyn et la liste officielle.

Cet amateurisme flagrant ne peut guère aider Macron à sortir la tête de l’eau : la Macronie se réduit de jour en jour. Lundi Buzyn et Villani se sont parlé, ce dernier aurait posé ses exigences pour rallier la décriée ministre de la santé. Mais cela ressemblait plutôt à une manœuvre pour se défiler de rejoindre les listes LREM[7]. Non seulement la crédibilité de LREM à Paris est proche de zéro, mais il semble bien que les Parisiens vont vouloir punir autant d’inconséquence. 

Affaire Griveaux suite et développement, mais pas fin…   

L’ignoble Buzyn annonçant sa candidature à la mairie de Paris 

Il y a cependant pire encore que tout cela peut-être. Quoi qu’on pense de Juan Branco, et personnellement je n’en pense pas toujours du bien, voilà que le parquet lui aurait interdit de défendre Pavlenski. Que craint donc la Macronie pour user d’un procédé qui n’existe que dans les dictatures ? Il semble d’ailleurs que cela soit complètement illégal, étant donné qu’un accusé peut choisir son avocat[8]. Cela semble confirmé que pour une affaire somme toute mineure, on emploie les grands moyens pour l’étouffer. En tous les cas c’est une nouvelle preuve que nous sommes sortis avec Macron de ce qu’il restait de l’Etat de droit.

« Il y a en ligne une quasi-impunité » a regretté Cédric O, l’obscur secrétaire d’Etat au numérique – c’est-à-dire, ministre de rien – sur France Info, qui l'interrogeait sur les leçons à tirer du retrait de Benjamin Griveaux de la course à la mairie de Paris à la suite de la diffusion de vidéos intimes.   « Aujourd'hui, on considère communément que ce qui est en ligne c'est moins grave que ce qui est commis dans la vraie vie. Il faut inverser la logique ».

Donc lui aussi suppose que la diffusion des images de la branlette de Griveaux c’est bien plus grave que ce qui se passe dans la vie réelle et appelle à un meilleur contrôle des réseaux sociaux, et bien sûr à une aggravation de la censure. On voit que les politicards vont tenter de couper l’herbe sous les pieds à ceux qui dénonceraient leurs turpitudes, sexuelles ou autres, sur les réseaux. Mais l’affaire paraît très difficile à mettre en place. Du coup, tout le monde ne parle plus que de la branlette ridicule de Griveaux, et Macron qui voulait faire un grand coup médiatique sur la question de l’immigration en dénonçant – ça ne coûte rien – le communautarisme, se retrouve dans l’ombre.

 

NOTES :


Tag(s) : #Macronie
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