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Image reprise sur El Diablo

Les ENSEIGNANTS-CHERCHEURS se mobilisent contre la réforme des retraites

Depuis janvier, la colère a gagné les enseignants-chercheurs – et ceux qui souhaitent le devenir. La coordination nationale des facs et labos en lutte estime que 57 universités, 171 laboratoires et 110 revues sont « mobilisés ».

Ces scientifiques, chercheurs en mathématiques, médecine, sociologie, histoire…, qui tiennent en parallèle une activité d’enseignement, ont le statut de fonctionnaire et s’estiment perdants dans la future réforme des retraitesLe nouveau calcul prendra en effet en compte toutes les années de carrière – primes comprises – et non plus les six derniers mois. Or, les salaires des chercheurs en début de carrière sont bas et leurs primes, faibles. Pour compenser les pertes, le gouvernement a annoncé en janvier une revalorisation de ces primes.

Risque de titularisation retardée avec les nouveaux contrats

Pour compenser les pertes, le gouvernement a annoncé en janvier une revalorisation de ces primes. Pas de quoi calmer la colère. D’autant que la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) annoncée par Edouard Philippe dès février 2019 et qui devrait être présentée au printemps suscite aussi de nouvelles oppositions.

 

Elle ambitionne, selon Edouard Philippe, de « redonner à la recherche française la visibilité, la liberté et les moyens dont elle a besoin dans un contexte de très forte compétition mondiale », et pourrait inclure de nouveaux types de recrutement. Les « tenure tracks » – des CDD de plusieurs années correspondant à une période d’essai – et les CDI de projet, qui prennent fin à l’issue d’une mission, sont accusés par les opposants de retarder la titularisation. « Le cœur de la loi, c’est une organisation de la recherche par projet et non par poste : les chercheurs seront embauchés pour des projets à durée fixe, c’est la fin des postes pérennes », dénonce Louise, étudiante en sciences sociales à l’ENS Lyon.

« Course à la productivité »

Si un constat fait consensus, c’est celui du manque de budget. Le gouvernement souhaite atteindre la part de 3 % du PIB consacrée à la recherche, contre 2,2 % aujourd’hui. Un objectif qui devait déjà être atteint en 2010. « On augmente le budget, mais en contrepartie, on accentue la logique de mise en concurrence des laboratoires et des chercheurs », estime un membre du comité de mobilisation nationale, qui souhaite rester anonyme. « Cette course à la productivité peut nuire à une recherche sereine », déplore aussi une enseignante de philosophie vacataire dans une université parisienne, inquiète du fait « que de plus en plus de financements vont être octroyés dans le cadre d’appels à projets ».

D’autant que la situation se dégrade déjà depuis plusieurs années. « On a déjà observé une explosion de la précarité et un recours accru aux vacataires », affirme Hervé Christofol, membre du bureau national du Snesup-FSU, syndicat de l’enseignement supérieur. Dans une tribune parue mercredi 5 février dans Libération, un collectif de chercheurs pointait du doigt « la chute vertigineuse du nombre de postes ouverts au cours des deux dernières décennies (…) alors même que la démographie étudiante ne cesse d’augmenter ».

Le 21 janvier, pendant une cérémonie des vœux perturbée par des chercheurs, la ministre Frédérique Vidal a annoncé que les chargés de recherche et maîtres de conférences seront recrutés à hauteur d’au moins deux SMIC à partir de 2021, contre 1,3 à 1,4 aujourd’hui. Contacté, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche n’a pas répondu à nos sollicitations.

La coordination des facs et labos en lutte prévoit, elle, une journée « université morte » le 5 mars prochain.

 

Tag(s) : #Education nationale, #Retraites
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