Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

NBH-pour-un-nouveau-bloc-historique.over-blog.com

                                                                       

                                          Modi et Trump

Alors que Narendra Modi premier ministre de l'Inde, membre du BJP le grand parti de droite néolibéral,  recevait Donald Trump, des pogroms anti-musulmans éclataient en particulier à New-Delhi.

Modi a commencé son action politique dans un groupe paramilitaire de droite nationaliste/religieux hindou. Puis en 2001 dans la province du Gujara qu'il dirige, des émeutes anti-musulmanes qui font 2000 morts. Modi y joue un rôle d'incendiaire.

Dans sa région le capital se porte bien, le Gujarat un lieu attractif d'investissement. Il privatise massivement.  Mais la santé, l'éducation sont sacrifiées, la pauvreté, le nombre de familles sous le seuil de pauvreté a augmenté, et la malnutrition règne.

En 2014 Modi devient premier ministre. Sa première mesure est de  couper dans les dépenses sociales et prendre des mesures économiques favorables au grand capital. Il sera cependant reconduit à cette charge lors des élections de 2019.

On peut qualifier l’Exécutif indien comme de droite extrême, néolibérale, ultra-nationaliste religieux, anti-musulman.  Les années du gouvernement de Narendra Modi sont marquées par une dégradation de l’État de droit. En janvier 2019 les syndicats de travailleurs déclenchent une grève générale de deux jours, protestant contre des modifications brutales de la législation du travail en faveur du patronat. Les secteurs bancaire et ferroviaire ont commencé à être privatisés. Les budgets de la santé et de l'éducation, déjà très faibles (respectivement 1,2 % et 0,6 % du PIB), ont été réduits, de même que d'autres dépenses sociales : aides à l'emploi, allocations aux cantines scolaires, plans pour l'accès à l'eau potable. Sur la question du droit du travail, des amendements votés en 2018 restreignent davantage les activités syndicales et tendraient à faciliter les licenciements et à allonger la durée de travail hebdomadaire des salariés. De plus L'Inde devient de facto un Etat hindou. Et une récente loi  modifie très substantiellement le principe de laïcité inscrit dans la Constitution et va contribuer à faire des musulmans des citoyens de seconde zone.

Grand ami de Trump, Modi, qui le recevait ces jours derniers, a fait construire un mur sur la route du président étasunien pour lui éviter la vue des bidonvilles misérables...cela tombe bien : Trump aime les murs et détestent les pauvres.

"La plus grande démocratie du monde", cliché cher à nos médias-menteurs, demeure une terre de misère noire, de faim, des castes, de obscurantisme où un capitalisme violent et brutal utilise le régime de Modi. Modi qui mêle démagogie anti-élites, nationaliste et intégrisme hindou et service absolu des milieux d'affaires dont il a le soutien total.

 

                                                                  

                                    Manifestation du PCI(M) *

 

Qu'en est-il alors de l'avenir de la mouvance communiste en Inde ?  

Raphaël Gutmann, auteur de Entre castes et classes : Les communistes indiens face à la politisation des basses castes (Éditions L'Harmattan),  nous propose une analyse : " La lucidité de son leadership est frappante. Il est, depuis de nombreuses années, conscient des raisons de son affaiblissement, l'une d'entre elles étant, au niveau national, la montée en puissance de partis de basses castes qui monopolisent le vote du prolétariat. Toutefois, l'appareil est trop rigide pour appliquer les transformations nécessaires visant à s'adapter à la scène politique indienne contemporaine, ce qui met en péril sa survie.

Cependant, il faut remarquer que la faillite de ce mouvement ne signifie pas pour autant la marginalisation de la pensée marxiste. Une partie de l'intelligentsia se revendique toujours du maître allemand. Dans une Inde mondialisée et dans laquelle les fractures sociales et économiques ne font que se creuser, le questionnement marxiste continuera à être utilisé. Dans ce sens, l'Inde se trouve dans une situation assez proche de l'Occident, la récente crise du capitalisme redonnant au marxisme une vitalité renouvelée au cœur de nos débats."

 

Antoine Manessis

Tag(s) : #Inde, #Etats-Unis
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :