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 Paris, jeudi 9 janvier 2020, lors d’une mobilisation contre la réforme des retraites. Des manifestations sont déjà prévues après le confinement. Paris, jeudi 9 janvier 2020, lors d’une mobilisation contre la réforme des retraites. Des manifestations sont déjà prévues après le confinement. LP/Arnaud Dumontier

Confinement : pourquoi le «jour d’après» inquiète les services de renseignement. Le commentaire de Jean LEVY

Selon des notes confidentielles que nous avons pu consulter, le service central du renseignement territorial redoute une radicalisation de la contestation sociale à l’issue du confinement.

 

Le Point

Après la crise sanitaire liée au coronavirus, puis la crise économique qui prend chaque jour de l'ampleur, le prochain volet pourrait se dérouler sur le front social. C'est ce que craignent les services de renseignement, révèle Le ParisienPlusieurs groupuscules contestataires auraient déjà prévu des rassemblements, manifestations et actions coup de poing dès que le confinement serait levé en France.

Lire aussi Michel Wieviorka : « Dans cette crise, j'observe une sorte de “giletjaunisation” »

 

On ignore encore à quelle date cela surviendra dans l'Hexagone, mais cela n'empêche visiblement pas les militants de s'organiser comme en témoigne la préparation d'un groupe contestataire de Rennes pour des rassemblements annoncés sur Facebook à 11 heures, peu importe le jour. « Le jour d'après est un thème fortement mobilisateur des mouvances contestataires. Le confinement ne permet plus à la gronde populaire de s'exprimer, mais la colère ne faiblit pas et la gestion de crise, très critiquée, nourrit la contestation », expliquent les agents du service central du renseignement territorial (SCRT), dans des analyses datées du 7, 8 et 9 avril.

Alors que la pénurie des masques et de matériel médical provoque déjà de vives réactions, les mouvements contestataires espèrent capitaliser sur la situation en lançant un appel à une jonction des luttes, pour rassembler « Gilets jaunes et blouses blanches ». Le premier samedi après le confinement ou encore le 21 juin, jour anniversaire du décès de Steve Maia Caniço à Nantes, sont des dates déjà cochées dans les calendriers.

 

Une attestation de déplacement alternative

Ultradroite et ultragauche se retrouvent sur la critique du confinement, même s'ils en font une analyse différente, estime le SCRT. Les premiers dénoncent ainsi une politique « anxiogène menée depuis le début de la crise par des technocrates de l'État », invoquant aussi fantasmes et théories du complot sur l'origine de l'épidémie. Les seconds dressent parfois de surprenants parallèles dans la dénonciation d'un supposé totalitarisme de l'État. Ainsi, un site estime que « la police représente une menace plus grande que le virus lui-même ». Dans les deux cas, les militants espèrent l'arrivée d'un « jour d'après », qui donnera naissance à un nouveau modèle de société.

Lire aussi Le coronavirus va-t-il tuer le libéralisme en Europe ?

En attendant, ce sont les symboles qui sont mis à contribution. Ainsi, un média bordelais lié aux Gilets jaunes, singeant le document du gouvernement, a diffusé une « attestation de déplacement révolutionnaire » prévue pour… après le confinement. On y trouve, explique le Parisien, des cases permettant la « participation à des commandos sur demande des assemblées populaires » ou encore les « déplacements entre le domicile et le pouvoir indispensables à l'exercice d'émeutes ».

 

Tout un programme qui ne rassure pas vraiment les renseignements.

 

Ça n'empêche pas Nicolas                                  Ça n'empêche pas Nicolas
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Panique à bord ? 

Le même jour, le quotidien du milliardaire Arnaud et l'hebdo d'un autre milliardaire, François Pinault, alertent l'opinion sur  "le jour d'après" le confinement, décrit comme un déchaînement de violences exercées par des minorités ultra-rouges, qui s'y  prépareraient en secret.  Les services de renseignement seraient à la source de l'info.

Que penser de cette inquiétude, mise en Une par les milieux patronaux 

Certes, la colère est profonde en France. Elle n'est pas nouvelle. L'irruption des  gilets jaunes en ont montré l'ampleur dès novembre 2018. Le mouvement social lui a succédé en décembre 2019. Et ces deux colères, jaune et rouge, se sont soudées contre le pouvoir macronien et leurs donneurs d'ordre du capital financier. 

L'épidémie du coronavirus a interrompu leur expression publique.

Mais pas la colère.

Au contraire, la gestion du désastre sanitaire a fait la lumière sur les responsabilités premières du président de la République et de son équipe sur l'état de dénuement de la France en matière de santé publique. Rien de prêt, malgré l'alerte chinoise de janvier dernier, un système hospitalier à l'abandon, pas de masques, ni de tests, ni d'aspirateurs, plus assez de lits pour les malades atteints par le virus, une population ne dépendant plus que du sacrifice du personnel soignant. Une information d'état contradictoire, chloroformée et volontairement pessimiste visant à paralyser l'opinion. Avec, bien sûr, le confinement tardif et l'isolement des citoyens. 

Et l'annonce du prix social à payer par le peuple victime.

Nul besoin de services de renseignement pour jauger le mécontentement populaire. 

La question est posée : que va-t-il se passer "le jour d'après" ?

Celui qui succédera au confinement ?

Comment la colère accumulée se traduira dans la cité ?

Macron et son clan, comme les milliardaires, craignent ce moment.

Alors la tentation est grande au niveau du pouvoir de faire peur pour désarmer les Français. Et d'annoncer l'apocalypse et de susciter "la peur aux passants", tels les nazis et leur affiche rouge pour déconsidérer la Résistance.

Reste que Macron , ses ministres et les milieux d'affaire sont inquiets pour l'avenir, pour leur avenir. Pas des commandos « anar » supposés, mais du peuple dans son entier.

 

JEAN LEVY

 

Tag(s) : #Politique française
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