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Le feu à Cambes | Cambes en plaine

Covid-19  : Quelles premières conclusions politiques à tirer ?

 

par Gilles Questiaux 

 

L’épidémie a révélé de la part des autorités françaises un niveau d’impréparation sidérant : pas de masques ni de gels désinfectants, non pas seulement pour le grand public mais pour le personnel soignant, pas assez de place en soins intensifs et en réanimation, aucune réquisition du secteur privé. Disparition des stocks de matériel ou de médicaments, malades laissés sans soin chez eux, tri des malades en état critique pour l'accès aux respirateurs, incapacité à produire des tests de dépistage, la liste des manquements graves de ce gouvernement et de ceux qui l’ont précédé depuis 2012 au moins semble sans fin.

 

La gestion de l’épidémie en Chine, malgré la tentative des médias occidentaux de lancer à l’occasion une campagne de dénigrement de plus contre le grand pays d’Asie, semble avoir été un fulgurant succès, après quelques retards initiaux dus à la nouveauté du phénomène. Mais la vraie norme de comparaison à retenir pour juger - et condamner - l’action de nos gouvernants semble être plutôt la Corée du Sud, celle d’un capitalisme au minimum prévoyant et soucieux d’ordre public au sens large. Et qui dispose de réserves de sécurité en suffisance.

 

Cependant la Chine va pouvoir se positionner comme le pays qui aide le monde entier, ce qui est en grand pas en avant dans la lutte contre l’impérialisme et dans le changement pour le moment pacifique des rapports de force dans le monde. A un moment où c'est Cuba qui vole au secours de l'Italie.

 

Le confinement généralisé et le langage autoritaire du pouvoir français, qui succède sans transition au laxisme et à la minimisation au plus haut niveau crée une ambiance nécessaire pour essayer de faire oublier les manquements caractérisés et les responsabilités qui peuvent être retracées ad hominem.

 

La posture guerrière dont se délecte le chef de l’État, déjà ridicule en temps normal, est infantile dans sa manière d’accuser le public d’une légèreté coupable, dont il est le principal promoteur.

 

Sur la gestion de la crise sanitaire, on peut déjà observer qu’il tente sans vergogne d’en profiter, comme par l’épisode peu glorieux du 49.3 pour faire passer la réforme des retraites en pleine épidémie, et dans la généralisation à toute la population de l’arbitraire policier et des abus judiciaires dont les Gilets Jaunes ont fait les frais depuis seize mois. Il leur a fallu interdire la rue à tout le monde pour parvenir enfin à la vider, provisoirement.

 

Vu les présupposés et l’information qu’il avait ou qu'il devait avoir, il aurait dû décréter le confinement au plus tard au moment où il a fermé les écoles, c’est à dire cinq jours plus tôt, le jour où son ministre en charge déclarait qu’il n’en était pas question. Le pic de l’épidémie n’est pas prévisible avec la précision souhaitable, mais le moment de saturation des moyens médicaux de l’Hôpital public, si. Il a décrété un confinement dans la double contrainte, où une foule de gens doit sortir pour travailler, et comme les confinés n’ont pas de moyens de protection pour aller se ravitailler, c’est un barrage plein de trous contre l’épidémie, que ses sous-fifres se sont empressés de traduire en termes insultants et répressifs.

 

Déjà, le pouvoir cherche à en profiter pour faire avancer son agenda antisocial. Congés, horaires, règles de sécurité, statuts des personnels, financement de la sécurité sociale, tout est remis en cause. Sans même parler des professions de santé, la condition des précaires, des employés des transports et du commerce, et des travailleurs manuels en devient d’un coup insupportable. La promesse de compensations s’associe déjà à l’organisation d’obstacles de toute sorte pour y prétendre.

 

Le ministère de l’Éducation nationale cherche à en profiter pour généraliser ses conceptions idéologiques malthusiennes d’une école sans classe, sans prof, et en définitive sans école.

 

Mais l’idéologie néolibérale déjà bien malade qui a cours chez nous à contretemps de l’évolution dans le reste du monde pourrait en prendre un coup décisif. La « start-up nation » a montré ses limites en moins de 48 heures.

 

Sur le front économique, les pouvoirs occidentaux n’ont pas attendu le pic de la crise pour débloquer à fond la planche à billet, mais chez nous au profit direct des entreprises plutôt que des consommateurs.

 

Le point crucial à observer sera les effets de la crise économique et sanitaire sur la société aux États-Unis où les conditions subjectives de la révolution commencent à apparaître ; la crise boursière en elle-même n’est pas un indicateur suffisant, et elle peut comme on l’a vu en 2009 être jugulée par ces moyens classiques, au prix d’une fuite en avant dans l’accumulation des déficits. Mais ce moyen est-il encore praticable, même à court terme? Quinze millions d'Américains se sont inscrits au chômage en trois semaines.

 

Le peuple Américain va-t-il enfin s’éveiller ?

 

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Tag(s) : #Résistance

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