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QUI SONT LES AGRESSEURS HISTORIQUES DE LA CHINE ?

Depuis le XIXème siècle, et "la guerre de l'opium,  les natioons,européennes ont tenté de vassaliser la Chine pour y puiser ses sources de profit

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris et le sac du palais d'été à Pékin ...

 

INVESTIG'ACTION  

L'info n’est pas un luxe, c’est un droit 

Face aux critiques concernant leur gestion de la crise du Covid-19, les dirigeants occidentaux, Trump en tête, ont trouvé le bouc émissaire idéal. Ils n’ont pas tardé à lâcher leurs chiens de garde idéologiques, médiatiques et « scientifiques » pour conspuer la Chine, l’accusant d’être responsable du malheur qui frappe leurs sociétés gangrenées par des décennies de réformes néolibérales et mises en danger par leurs dirigeants incompétents et irresponsables.

C’est dans ce contexte que des « parlementaires, universitaires, avocats et responsables politiques » (2) viennent d’affirmer dans une lettre ouverte que le Parti communiste Chinois « met en danger les citoyens chinois et le monde ».(3)

Qui sont ces gens ?

Peut-on se fier à leur jugement et à leurs paroles ?

Une petite recherche montre que sur la base d’un anticommunisme primaire et d’une haine implacable envers la Chine moderne se sont retrouvés des extrémistes de droite, des néo-conservateurs partisans de Trump et de Netanyahou, des chrétiens intégristes et fondamentalistes, des adeptes et des lobbyistes de sectes, des partisans du séparatisme ouïghour et tibétain ainsi que des politiciens géorgiens, ukrainiens, baltes et polonais au cerveau obnubilé par une russophobie devenue pathologique.

 

L’épidémie du Covid-19 met à nu les carences des systèmes capitalistes néolibéraux

Voici ce que le New York Times écrit sur son site le 17 avril 2020. Faisant le point sur l’épidémie du covid-19 qui a fini par toucher les États-Unis de plein fouet, il constate : « L’épidémie dans ce pays, qui compte désormais le plus grand nombre de cas connus dans le monde, a explosé au cours des six dernières semaines. Au début du mois de mars, les tests disponibles étant extrêmement limités, seuls 70 cas avaient été signalés aux États-Unis, la plupart liés à des voyages à l’étranger. Plus de 1 000 décès sont désormais annoncés chaque jour dans tout le pays, certains jours dépassant même les 2 000 ». (4)

Dans un article de fond pour The Atlantic, le journaliste George Packer, constate que son pays « a réagi à la pandémie de coronavirus comme un pays en développement, ‘avec des infrastructures de mauvaise qualité et un gouvernement dysfonctionnel dont les dirigeants étaient trop corrompus ou stupides pour éviter des souffrances massives’. Et il pense que les Américains vivent dans un État en déliquescence (‘failed state’). » (5)

Le déni du danger et le refus d’agir de Trump, ce clown égotiste et ignare que la « démocratie américaine » a porté à la Maison-Blanche, a permis la prolifération de la pandémie aux États-Unis. Le Guardian de Londres souligne que pendant « des semaines, il a donné le même conseil aux Américains : ‘Nous avons tout sous contrôle’ ; ‘Les États-Unis en pleine forme !’; et, bien sûr, ‘Fake news’. Mais en privé, Trump a été averti d’une ‘véritable pandémie de Covid-19’ et de ‘1 à 2 millions’ de décès américains, selon des courriers électroniques internes, des mémorandums et d’autres preuves récemment mises au jour documentant des délibérations internes. » Il a donc été « personnellement averti, à plusieurs reprises, de la crise croissante qui a débuté à la mi-janvier.

Mais il a continué à donner de fausses assurances au public américain », par exemple, en affirmant encore le 26 février « lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche : ‘Nous allons bientôt être à seulement cinq personnes. Et nous pourrions n’être qu’à une ou deux personnes au cours de la prochaine courte période’. » (6)

Dans les pays occidentaux qui ont mené pendant des décennies des politiques d’austérité, de « réformes » néolibérales et de démantèlement des services publics, l’épidémie a frappé un système de santé et de soins fragilisé voire complètement défaillant. Aux États-Unis, la spécificité du « American Way of Life » ultralibéral qui fait qu’une grande partie de la population n’a pas d’assurance-maladie tout en étant incapable de payer les coûts faramineux occasionnés, par exemple, par une hospitalisation, a encore aggravé les choses.

L’épidémie n’a pas manqué de souligner d’autres tares de la société américaine : l’inégalité sociale et la discrimination raciale. Comme le constate encore le New York Times, dans « une grande partie du pays, les Afro-Américains ont été infectés par le coronavirus à des taux disproportionnés. » Ainsi, par exemple, « dans l’Illinois, où les blancs sont quatre fois plus nombreux que les Afro-Américains, plus de noirs sont morts du virus que tout autre groupe racial. ‘Nous en connaissons la cause : des siècles de disparités sanitaires favorisées par le désinvestissement systémique dans la santé communautaire’, a déclaré Robin Kelly, le représentant démocrate de l’Illinois, sur Twitter. » (7)

Au vu de la situation dramatique dans les principaux États occidentaux et face à l’irresponsabilité et aux hésitations de nombre de leurs responsables politiques, tout observateur honnête, en Europe comme aux États-Unis, aurait donc trouvé énormément de matière à réflexion et à critique. D’autant plus que la Chine, après une lutte tenace et un effort collectif exemplaire, vient de vaincre l’épidémie et apporte désormais une aide appréciable aux autres pays.

 

Don de la Chine de 2.016 kits de test à la Syrie pour l'aider à lutter contre le nouveau coronavirus (Xinhua/Ammar Safarjalani)

Don de la Chine de 2.016 kits de test à la Syrie pour l’aider à lutter contre le nouveau coronavirus (Xinhua/Ammar Safarjalani)

Mais une réflexion critique n’était pas du tout dans l’intention des signataires de la Lettre ouverte antichinoise. Pour détourner l’attention des erreurs et des échecs de leurs maîtres et par fanatisme idéologique, ils ont voulu faire de la Chine le bouc émissaire et la dénigrer de plus belle.

 

Le NED et ses « think tanks » néoconservateurs

Les auteurs de la Lettre ouverte qui conspuent la Chine et le Parti Communiste Chinois se présentent eux-mêmes comme « un groupe international de personnalités, d’analystes de la politique de sécurité et d’observateurs de la Chine ». Leurs maîtres américains sont plus loquaces, puisqu’ils révèlent que parmi les signataires, il y a « de nombreux partenaires du National Endowment for Democracy – NED) », la branche légale de la CIA. (8)

Une bonne partie des signataires appartient à des think tanks de la droite pure et dure inféodée à l’empire US et au grand capital comme le Macdonald-Laurier Institute (Charles Burton, Duanjie Chen, J. Michael Cole, Marcus Kolga, Anastasia Lin), la Henry Jackson Society ou encore le Foreign Policy Research Institute (FPRI).

Le Macdonald-Laurier Institute (MLI) « produit des recherches et travaille à façonner l’opinion publique pour qu’elle soutienne les politiques de réduction des dépenses gouvernementales en faveur de la création de richesses privées. … MLI est également membre de l’Atlas Network – un réseau de groupes de réflexion néolibéraux qui se consacrent à la promotion de l’idéologie du marché libre dans le monde entier. MLI reçoit des fonds d’Atlas par l’intermédiaire de ses membres. Les bailleurs de fonds d’Atlas comportent des intérêts pétroliers tels qu’ExxonMobil et les frères Koch, des milliardaires du pétrole et du gaz. » (9)

De toute évidence, on a affaire à des gens particulièrement qualifiés pour parler de l’actuelle crise sanitaire, puisqu’aux États-Unis, leurs bailleurs de fonds « supportent activement des organisations qui soutiennent des candidats républicains, et en particulier ceux qui luttent pour la réduction de l’importance de l’État, la réduction des dépenses publiques, notamment en matière de santé avec la sécurité sociale. » (10)

Venons-en à la Henry Jackson Society (HJS) qui, bien qu’étant un laboratoire d’idées britannique, porte – par pur hasard ? – le nom d’un « faucon libéral anticommuniste » … américain. La Wikipédia anglaise compte l’ancien chef du service secret britannique Sir Richard Dearlove parmi ses pères spirituels et « l’ancien directeur de la CIA R. James Woolsey Jr. » ainsi que Richard Perle, sous W. Bush un des principaux responsables de la guerre d’agression contre l’Iraq, « parmi les parrains (‘patrons’) internationaux ».

En 2017, un cofondateur de la HJS, Matthew Jamison, « a écrit qu’il avait honte de son implication, n’ayant jamais imaginé que la Henry Jackson Society ‘deviendrait un groupe de propagande raciste d’extrême droite et profondément antimusulman […] pour salir d’autres cultures, religions et groupes ethniques’. » Dans la même année 2017, on a d’ailleurs accusé la HJS « de mener une campagne de propagande antichinoise après que l’ambassade du Japon lui eut versé une redevance mensuelle de 10 000 livres. » Son but : « faire passer les préoccupations du Japon concernant la Chine dans les journaux britanniques. » (11)

Stephen Blank, un des signataires de la « lettre » antichinoise, est membre d’un autre think tank américain, le Foreign Policy Research Institute (FPRI). Blank a un passé de conseiller auprès de la CIA. (12) Quant au FPRI, il « se décrit comme ‘voué à faire en sorte que les connaissances acquises dans le domaine de la recherche soient prises en compte dans l’élaboration des politiques qui font progresser les intérêts nationaux des États-Unis’ ». Comme l’indique le site du Center for Media and Democracy (CMD), une ONG américaine « qui mène des enquêtes approfondies et primées sur la corruption minant notre démocratie, notre environnement et notre prospérité économique » : « La revendication d’indépendance du FPRI ne doit pas être confondue avec l’impartialité ». Pour preuve, le CMD cite un discours que Daniel Pipes, membre du FPRI, a prononcé à la Heritage Foundation le 5 juin 1991. Celui-ci a déclaré : « En termes simples, nous avons toujours défendu une politique étrangère américaine militante ; nous avons partagé une méfiance constante à l’égard de l’Union soviétique et des autres États communistes ; et nous avons toujours maintenu un intérêt marqué pour la promotion de la démocratie, de la libre entreprise et de l’État de droit. Le plus controversé est peut-être que le personnel professionnel n’hésite pas à recourir à la force ; si nous avions été membres du Congrès en janvier 1991, nous aurions tous non seulement voté avec le président Bush et l’opération Tempête du désert, mais nous aurions aussi mené la charge ». (13)

 

D’autres signataires de la « Lettre ouverte » infamante qui appartiennent à des partis et organisations de la droite ultralibérale ou extrême sont :

– Damian Collins. Ce parlementaire britannique, membre du Parti conservateur, a été le responsable politique du groupe de réflexion Bow Group (14) qui « a fortement soutenu le président américain Donald Trump, le décrivant comme le président conservateur le plus important depuis Ronald Reagan. (15)

– Benedict Rogers. Il est vice-président de la Commission des droits de l’homme du Parti conservateur britannique et président de Hong Kong Watch (16) qui s’immisce dans les affaires de l’ancienne colonie retournée sous souveraineté chinoise. Il s’est par ailleurs joint à la baronne Caroline Cox pour publier un livre intitulé Même les pierres crient : L’Église persécutée – Douleur, passion et louange. La baronne est connue pour être « un personnage clé de la Nouvelle Droite associée à Margaret Thatcher, Keith Joseph et Enoch Powell. » (17)

– Solomon Yue. Il est le PDG des républicains (américains) d’outre-mer et membre du comité national républicain de l’Oregon

– Kyle Olbert des Citizens of the American Republic. Il s’agit d’une organisation extrémiste fondée par l’ancien stratège en chef de la Maison Blanche, le sulfureux Steve Bannon. (18) Par ailleurs, « Olbert a contribué au lancement du Mouvement d’éveil national du Turkistan oriental, une organisation basée à Washington, D.C. ‘Lentement mais sûrement, les gens prennent conscience du fait que la Chine est le nouvel empire du mal’, a déclaré Olbert. ‘Les États-Unis font preuve de leadership sur cette question.’ » (19)

 

Le Stratège en Chef de la Maison blanche Steve Bannon à la Conservative Political Action Conference (CPAC) le 24 février 2017 (Source : flickr, auteur : Michael Vadon)

Le Stratège en Chef de la Maison blanche Steve Bannon à la Conservative Political Action Conference (CPAC) le 24 février 2017 (Source : flickr, auteur : Michael Vadon)

Le fait de trouver les noms de séparatistes ouïghour (Dolkun Isa, Rahima Mahmut du World Uyghur Congress) sous la Lettre ouverte n’a donc rien d’étonnant, pas plus que la signature de Norman Baker, président de la Tibet Society britannique, et de Kevin Carrico, le traducteur américain de l’activiste tibétaine Tsering Woeser.

 

 

Tag(s) : #Chine Histoire
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