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Pour un renouveau de la liberté de la presse "le jour d’après"...

Nous avons signé cette tribune avec les médias indépendants comme nous Reporterre, Arrêt sur images, Là-bas si j’y suis, Le Média et NextInpact .

Toute initiative visant à déboulonner de leurs subventions et de leur puissance de feu publicitaire les médias bourgeois, antipluralistes et qui ont pour point commun de prendre les gens pour des abrutis qu’il faudrait édifier contre “les populismes” et “les fake news” nous semble la bienvenue.

 

La députée LREM des Yvelines Aurore Bergé, rapporteuse générale du projet de loi relatif à la communication audiovisuelle, propose la mise en place d’un crédit d’impôt sur les dépenses publicitaires. Cette mesure serait, selon elle, un moyen de soutenir les médias en difficulté.

En tant que médias indépendants, reposant pour leur travail sur les ressources que nous apportent nos lectrices et lecteurs par leurs dons ou par leurs abonnements, nous nous opposons fermement à cette proposition qui, si elle était appliquée, représenterait une distorsion de concurrence inacceptable.

Depuis des années, nous nous battons pour une information libre, et gagnons la confiance croissante d’un public qui comprend que l’indépendance est la garantie d’un vrai débat démocratique.

Nous critiquons la presse dominante qui est massivement détenue par des banques, opérateurs des télécoms, entreprises du luxe et autres entreprises d’armement. Non contente de bénéficier de subventions d’Etat qui pouvaient avoir un sens à une époque antérieure, elle continue à se reposer sur la publicité.Dans la situation extraordinaire que traverse en ce moment le monde, nous pensons qu’il faut que l’univers médiatique saisisse lui aussi la chance d’un renouveau pour ne pas répéter les errements d’un passé qui nous a conduit à la crise actuelle.

Nous proposons donc, plutôt qu’une subvention de plus, des états généraux des médias qui réfléchiront : 

  • à l’indépendance des sociétés de journalistes 
  • à la création d’un fonds de soutien équitable à la presse gérée par une instance indépendante du gouvernement
  • à  une loi interdisant la possession de plusieurs médias.

Si vous souhaitez rejoindre cet appel, écrivez-nous à redaction@frustrationmagazine.fr

 

Ça n'empêche pas Nicolas                                            Ça n'empêche pas Nicolas

Et pourquoi pas

revenir aux principes des ordonnances prises dès 1944, dès avant même la Libération par le gouvernement issu de la Résistance, que nous publions ci-après.

Certes, dès la France libérée, les forces économiques maintenues en place - qui avaient collaboré avec l'Occupant, les structures de l'Information de Vichy  et leurs mandants politiques, qui soutenaient celles-ci, ont saboté dès le premier jour une véritable réforme de la presse.
 

Cette expérience devrait nous conduire, dans une France redevenue indépendante, à élaborer des réformes de la presse et de l'information qui préserveraient celles-ci de toute influence d'intérêts privés.

 

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Les ordonnances de 1944 sur la liberté de la presse prises à la Libération ou un peu avant, visaient à organiser un nouveau système médiatique garantissant la liberté d'expression et un pluralisme de la presse, après la guerre de 1939-1945, qui avait vu la quasi-totalité de la presse collaborer avec les Allemands : n'ont fait exception que les journaux qui ont cessé de paraître d'une part et les journaux clandestins de la Résistance aux mains de la résistance intérieure française d'autre part.

 

L'un des objectifs est de lutter contre la concentration des entreprises de presse : elles précisent qu'il n'est pas possible pour un même patron de presse d'être aux commandes de plusieurs titres et d'exercer une fonction extérieure. Dans une économie française alors marquée par la pénurie, la concentration verticale, de la production de papier à la distribution des journaux, est proscrite. Peu après sera créée l'Agence France-Presse, pour donner à tous les journaux, petits ou grands, l'accès à l'actualité mondiale, et la Société professionnelle des papiers de presse, qui vient remplacer le Comité des papiers de presse créé en 1936 et accusé de jouer le rôle de trust.

 

Ordonnances de 1944 sur la liberté de la presse

L'ordonnance du 6 mai 1944

La première ordonnance, celle du , prise par le gouvernement provisoire de la République française, et son commissaire à la Justice François de Menthon, avant le débarquement de Normandie du , réaffirme la liberté de la presse.

Elle abolit la censure et restaure le régime de la loi sur la liberté de la presse de 1881. Cette ordonnance aggrave même la répression des délits de presse prévue par cette loi du .

Elle prévoit que les entreprises qui avaient collaboré avec l'ennemi verront ensuite leurs biens confisqués et redistribués. Une Société nationale des entreprises de presse (SNEP) est créée pour cette redistribution.

En ce qui concerne le délit de diffamation, le gouvernement provisoire a voulu réinstaurer la paix sociale et le droit à l'oubli en restreignant la possibilité de rapporter la preuve des faits diffamatoires lorsque l'imputation se réfère à des faits qui remontent à plus de dix ans. Ainsi, le cinquième alinéa de l'article 35 de la loi de 1881 a été modifié afin d'éviter que la liberté d'expression ne conduise à rappeler des faits anciens portant atteinte à l'honneur et à la considération des personnes qu'elles visent. En revanche, cette disposition, rédigée en des termes généraux, s'applique aussi aux écrits résultant de travaux historiques ou scientifiques ainsi que les imputations se référant à des événements dont le rappel ou le commentaire s’inscrivent dans un débat public d’intérêt général. Elles ont été contestées par des prévenus par la procédure de la question prioritaire de constitutionnalité puis censurées par le Conseil constitutionnel dans sa séance du .

Les ordonnances des 22 et 26 août 1944

Les ordonnances des 22 et , prises très peu de temps après le début de la Libération de la France, fixent les critères économiques, financiers et moraux pour la réorganisation du secteur de la presse écrite.

Celle du  a pour objectif de sanctuariser la presse vis-à-vis des puissances de l'argent et de l'influence de l'État, tout en assurant l'indépendance des journaux et leur transparence, afin que la presse devienne une maison de verre. La Fédération nationale de la presse française (FNPF), adopte en  une Déclaration des droits et des devoirs de la presse, qui affirme que la presse n'est pas un instrument d'objet commercial mais un instrument de culture.

La presse a pour mission de donner des informations exactes, défendre des idées, servir la cause du progrès humain, stipule cette déclaration. L'ordonnance interdit aussi le recours aux prête-noms. L'article 4 prévoit ainsi des sanctions contre toute personne convaincue d'avoir prêté son nom au propriétaire, au copropriétaire ou au commanditaire d'une publication.

L'ordonnance du 30 septembre 1944

L'ordonnance du  décréte la dissolution des titres ayant paru sous l'occupation de la France par l'Allemagne. Elle crée, à titre provisoire, l'Agence France-Presse, destinée à remplacer l'Office français d'information lié au gouvernement de Vichy. Selon l'historien de la presse Patrick Eveno, environ 90 % de quotidiens ayant paru sous l'occupation ont été interdits à la Libération, tandis que leurs propriétaires se sont vus interdire d'éditer de nouveaux titres.

Ces ordonnances entraînent une floraison de titres, en particulier de quotidiens qui ont constitué leurs équipes les journaux clandestins de la Résistance, comme CombatDéfense de la France de Robert SalmonPhilippe Viannay et Jean-Daniel Jurgensen qui devient France-Soir en Franc-Tireur d'Élie PéjuGeorges Altman et Albert Bayet et Libération d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie.

 

Tag(s) : #Médias
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