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Acte LXXXIV, le pouvoir s’ensauvage,

les gilets jaunes continuent

Acte LXXXIV, le pouvoir s’ensauvage, les gilets jaunes continuent

Le personnel soignant et les policiers s’applaudissent à Nîmes 

et consumimur igni 

La manifestation des soignants le 16 juin a été un succès et a démontré que les soignants étaient le fer de lance de la lutte contre la Macronie et ses perversions. Dans certaines villes comme Nîmes ou Lille, nous avons vu le personnel soignant et les policiers fraterniser et s’applaudir les uns les autres[1].

Cette nouvelle est un avertissement terrible pour le pouvoir qui a fait de la répression l’unique réponse au mouvement social. La police fait partie du bloc bourgeois, comme la presse et la justice, elle appuie l’oligarchie. Mais il suffit que le doute s’insère chez quelques policiers pour que la machine se grippe. On l’a vu aux Etats-Unis où la police et l’armée ont refusé de suivre Trump dans sa logique de guerre civile.

Mais en France on n’en est pas tout à fait là. Si certains policiers ont sûrement honte du rôle qu’on leur fait tenir, il est clair qu’à Paris les troupes de Lallement ne sont pas sur cette ligne. Cependant, il y a eu quelques autres fraternisations entre les soignants et les policiers comme par exemple à Corbeil ou dans la nuit du 17 au 18 des policiers ont tenu à se faire prendre en photo avec des soignants devant l’hôpital de Corbeil-Essonnes[2].

Il s’agissait d’un rassemblement spontané en dehors des consignes syndicales. Ces actions font ressortir d’autant plus cruellement la sauvagerie de la répression du mouvement social, elles ont une portée politique décisive. Non seulement elles peuvent donner des idées à d’autres policiers qui en ont marre d’être l’objet de critiques récurrentes, mais elles vont rendre plus difficile les consignes de nassage et de tabassage systématique de Lallement. Considérons cependant que ces actions sont des signes d’une méfiance des forces de l’ordre envers le pouvoir politique. Il ne faudra pas aller trop loin. 

Acte LXXXIV, le pouvoir s’ensauvage, les gilets jaunes continuent

Soignants et policiers devant l’hôpital de Corbeil-Essonnes, dans la nuit du 17 au 18 juin 2020 

A Paris le 16 juin, on a vu que le pouvoir n’avait pas renoncé à effrayer les manifestants pour les dissuader de revenir. Les manifestants ont été nassés sur l’esplanade des Invalides, puis bombardés de grenades lacrymogènes, et enfin bastonnés.

C’est dans ce contexte qu’intervient la séquence où on voit une infirmière, Farida Mellaz, qui jette des petits cailloux sur la police, leur fait un doigt d’honneur et probablement insulte les robocops. Certains en ont déduit qu’elle avait tort puisqu’elle aurait commencé, et tort d’autant plus qu’elle se serait arrangée pour être filmée. Cd serait donc une manipulatrice.

Telle est la thèse des macroniens qui veulent nous montrer des gens violents et ainsi justifier l’action de la milice. Ils ajoutaient qu’en outre cette femme n’était pas infirmière, mais membre du comité Adama. Le comité Adama ayant une très mauvaise presse, c’est un argument. Certains ont marché, même à gauche, même ceux qui sont favorables aux manifestants.

Il faut redresser ici les choses et mettre de l’ordre. D’abord le fait qu’elle serait membre du comité Adama n’a rien à voir avec le sujet – pour ma part je ne suis pas favorable à ce comité, ni même à Assa Traoré, mais c’est une autre histoire.

Ensuite il s’est révélé que les médias avaient menti en affirmant que cette Farida Mellaz n’était pas une infirmière et était en fait une représentante de la France Insoumise. Il s’est avéré qu’elle n’était pas une représentante de la France Insoumise, mais qu’elle était bien infirmière.

Les éditorialistes qui lui ont craché dessus ne se sont pas excusés pour cette manipulation grossière. Ensuite la rhétorique macronienne était de faire apparaître cette frêle femme d’1,55 m et 50 kilos comme l’agrésseuse violente puisqu’elle jetait des cailloux.

D’abord il faut bien dire que ce jet de petits cailloux n’était que la conséquence des tirs fournis de lacrymogènes sur des manifestants pacifiques, et qu’il correspondait à cette nécessité de faire face pour ne pas se laisser faire une fois de plus. Cette attaque sauvage de la milice contre des soignants était en outre en décalage total avec cette idée toute macronienne de saluer les soignants comme des héros, de leur donner des médailles, mais rien d’autre, si ce n’est du bâton. 


Acte LXXXIV, le pouvoir s’ensauvage, les gilets jaunes continuent 

Les menteurs stipendiés qui font office d’éditorialistes s’étaient en outre empressés de dire que Farida Mellaz n’avait pas été tirée par les cheveux comme les robocops en ont pris la mauvaise habitude, mais par son sac. La photo ci-dessous prouve que les éditorialistes sont d’abord des menteurs… mais bien payés.

L’autre point principal ce sont les pleurnicheries indécentes des policiers. Ils passent leur temps à gémir. Et donc voici que les petits cailloux envoyés par l’infirmière en colère, sont presque des armes de guerre. Remarquer qu’en face les miliciens sont très protégés, casque, boucliers, blousons renforcés, ils ne risquent pas grand-chose.

Mais ils ont pris cette habitude de dire que les manifestants sont violents pour excuser leur propre violence qui est à la fois la rançon de la peur et de la honte de faire un tel métier. Leurs jérémiades récurrentes en la matière est nécessairement un manque de virilité. Du reste se mettre à plusieurs pour maitriser cette femme suffit à le prouver. 

Acte LXXXIV, le pouvoir s’ensauvage, les gilets jaunes continuent

 L’image du haut montre clairement la disproportion des moyens policiers utilisés pour faire face un lancer de cailloux 

La photo suivante montre l’action courageuse des miliciens, ils ont du se mettre à trois pour maitriser une femme de 1,55 m et de 50 kilos. Cette image rend dérisoire leurs pleurnicheries, et aussi la plainte qu’ils ont déposée contre elle. Elle prouve par contre que le courage n’est pas vraiment de leur côté. Une interview de Farida, où elle donne sa version des faits, prouve définitivement que les policiers ont usé de moyens très disproportionnés[3].

Sans doute était la peur qui les menait dans ce sens. Quoi qu’il en soit, seuls les imbéciles considéreront que Farida était dans son tort. Sans même parler du contexte politique qui fait que les soignants qui sont en lutte depuis plus d’un an n’ont jamais été écoutés et ne le sont toujours pas alors que la crise du COVID est passée par là. 

Acte LXXXIV, le pouvoir s’ensauvage, les gilets jaunes continuent

L’action sauvage contre les manifestants s’inscrit dans un plan conçu à l’avance. Voici que dans le Finistère le préfet se plaint de la trop grande participation des manifestants, il aurait été trompé par les organisateurs qui disaient attendre 500 manifestants alors qu’ils furent plus de 2000[4] !

Mais les policiers de Lallement utilisent à Paris les vieilles méthodes. Infiltrer les manifestations, se faire passer pour des blacks blocs et faire dégénérer la manifestation en affrontements violents pour justifier la répression. On l’a vu encore jeudi dernier.

Comme on ne sait pas qui sont les blacks blocs, on peut toujours les invoquer, c’est un peu comme les enfants quand on leur dit que s’ils ne sont pas sages, l’homme du sac va venir les prendre.

Regardez dans cette vidéo qui suit.

On voit deux policiers qui tentent de s’introduire dans la manifestation pour y foutre la merde, mais les manifestants les chassent, à mon sens avec beaucoup trop de gentillesse. En tous les cas c’est bien la preuve que Lallement visait comme d’habitude à une répression violente, mais qu’il lui fallait le prétexte de soi-disant violences qui venaient des soignants.

Le but est à la fois de dévaloriser le mouvement social, et d’effrayer les gens qui voudraient y participer. Lallement en tant que larbin de la Macronie vise à l’affrontement, et il est clair que la question va se poser d’une manière de plus en plus précise : on ne pourra pas avancer sans rétablir les droits bafoués par le président-fou et son gang, et cela ne se fera pas sans violence. 

 

Coup sur coup le pouvoir vient d’être sanctionné comme étant un pouvoir fascisant qui déborde de ses prérogatives pour sortir de l’Etat de droit. Le juge des référés du Conseil d’Etat vient de sanctionner l’utilisation hypocrite du Haut Conseil de la Santé publique pour interdire les manifestations de plus de 5000 personnes.

Ce qui veut dire en clair que tous les arrêtés que prennent les préfets pour interdire les manifestations de Gilets jaunes du samedi, sortent de la légalité et relèvent de l’abus de pouvoir. En conséquence, le juge des référés suspend l’exécution de l’article 3 du décret du 31 mai 2020, pour les manifestations sur la voie publique soumises à l’obligation d’une déclaration préalable[5].

Ce jugement n’est pas encore une victoire définitive pour le droit de manifester le samedi, mais il montre que consciemment les autorités ont abusé des interdictions du point de vue de l’Etat de droit. Au passage, c’est cette maniaquerie de gouverner par décret qui est contestée.

Mais ce n’est pas tout, le jeudi 18 juin, le Conseil constitutionnel vient de détruire la loi Avia. Cette loi avait la prétention de lutter contre la haine sur Internet. Elle était présentée par la députée macronienne Laeticia Avia qui s’était faite remarquée parce qu’elle avait mordu un chauffeur de taxi !

Mais cette loi avait la particularité d’établir un contrôle sur la liberté d’expression, de donner un tour de vis supplémentaire au politiquement correct. Les critères définissant la « haine » étant particulièrement flous, le Conseil constitutionnel s’en est ému et a démontré que cette loi n’était pas compatible avec la Constitution de la Vème République[6].

Cet épisode montre deux choses, la première est que le président-fou et son gang ne comprennent pas très bien ce qu’est une constitution, la seconde est que leur démarche s’inscrit bien dans une démarche lente vers une dictature plus ou moins assumée, la troisième que certains membres du bloc bourgeois pensent qu’en matière de respect des droits fondamentaux, Macron est loin du compte. 

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Place du Capitole à Toulouse 

En vue des municipales les politiques perdent toute retenue. Voici cette petite canaille de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, qui au mépris du droit le plus élémentaire tente de se faire élire en partant en guerre contre le droit de manifester[7].

Ne sachant pas trop ce qui se passe dans sa ville, le voilà qui réclame l’interdiction des manifestations qui sont pourtant déjà interdites systématiquement par le préfet. Cet épisode politicien serait cocasse s’il n’était pas représentatif de la manière de fonctionner des politiciens. Tout est dans la mise en scène et le froncement de sourcils. Les derniers sondages donnent Moudenc en très grande difficulté[8].

Pour tenter de s’en sortir, il débauche un vendu d’habitude, Michel Lacroix, puis il met en scène les violences supposées des Gilets jaunes pour tenter d’apparaitre comme un défenseur de l’ordre contre l’anarchie et la chienlit.

Mais il se trouve à la tête d’une misérable liste qui inclut des macroniens, or il est de notoriété publique que c’est bien l’ubuesque Macron qui a engendré le désordre, notamment en demandant aux préfets de mettre en place une répression féroce du mouvement social, syndicats, Gilets jaunes ou soignants. 

Acte LXXXIV, le pouvoir s’ensauvage, les gilets jaunes continuent 

Depuis quelques semaines, nous assistons à une opération destinée à nous faire croire qu’Edouard Philippe serait populaire[9]. On essaie de nous persuader que les Français plébisciteraient le blaireau, lobbyiste d’Areva et à mi-temps premier ministre.

En vérité les deux tiers des Français sont hostiles non seulement à Macron, mais aussi à son gouvernement. Cette opération de communication a pour but de faire apparaitre une fausse opposition entre Macron et Philippe. L’oligarchie a sans doute besoin de mettre à la place de Macron un homme plus à même de rassembler toute la droite et donc d’être compatible avec les Républicains d’où vient le blaireau.

Accordons à Philippe le fait qu’il a l’air moins jobastre que Macron. Mais pour le reste, c’est la même incompétence. C’est lui qui a géré la crise des Gilets jaunes, c’est lui qui a géré la crise sanitaire avec ses longs discours brumeux sans queue ni tête. Qu’il veuille être aujourd’hui Calife à la place du Calife, c’est dans l’ordre des choses de ce petit magouilleur. Il a complètement adhéré à la politique générale de Macron, il en est l’artisan. Il a couvert les ministres mis en cause, Castaner, Buzyn, Véran, mais aussi Sibeth Ndiaye, et j’en passe. Il est difficile de le dissocier de la folie de son patron. 

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Paris le 20 juin 2020 

 

Les interdictions ont plu comme des giboulées au mois de mars. A Nantes le préfet à interdit toutes les manifestations pour les 19-20 et 21 mars, quelles qu’elles soient. Y compris donc la fête de la musique.

A Paris c’était cependant pas moins de 4 manifestations, une des sans-papiers, celle-là elle était autorisée, une des Tchétchènes qui trouvent que leur communauté était calomniée, une autre contre les violences policières et enfin une des Gilets jaunes, à condition bien sûr qu’ils n’aillent pas sur les Champs Elysées[10]. On a manifesté beaucoup, à Lyon à Marseille pour la régularisation des sans-papiers, mais pour le reste le plus important était le retour des Gilets jaunes avec leur gilet justement sur le pavé parisien.

Evidemment on peut se demander pourquoi Lallement autorise le défilé des sans-papiers qui sont par définition illégalement en France. Pour moi, je pense qu’il s’agit d’une manœuvre pour tenter de pousser à un vote de droite. La prolifération des manifestations dans tout le pays le samedi 20 juin montre, d’abord que le pouvoir est constesté quoi qu’il fasse, et donc qu’il est compris comme un pouvoir à la fois violent et faible.

Du côté de la rue, on manifeste depuis le début qu quinquennat de Macron d’une manière continue. A Dijon, le samedi 20 juin bien que le préfet ait interdit les manifestations, les habitants du quartier des Grésilles sont tout de même descendus dans la rue pour défier cette interdiction et dénoncer l’ubuesque traitement des violences intercommunautaires par le préfet. 

Acte LXXXIV, le pouvoir s’ensauvage, les gilets jaunes continuent

Dijon, les manifestants demande la démission du préfet 

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Givors, le 20 juin2020

NOTES :
Tag(s) : #Opinions

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