Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Une stratégie voulue par la Maison Blanche
Vous l’ignorez peut être mais, chaque année la totalité du budget des « public affairs » de l'ambassade américaine en France est consacré aux banlieues françaises. Cela représente trente personnes chargées des affaires culturelles et des relations presse qui sont employées pour assurer aux États-Unis une place dans l’imaginaire des banlieues.
Cette information ne vient pas de blogs conspirationnistes mais d’un article remarquablement bien documenté que Thomas Poupeau avait publié le 30 décembre 2019 dans Le Parisien.
L’affaire Wikileaks a révélé que, au moment des émeutes de 2005, les diplomates alertaient la Maison Blanche de ce que la France ne respectait pas les noirs et les musulmans. La réaction de Washington ne s’est pas faite attendre : deux ans plus tard, l’État fédéral menait une stratégie d'engagement vers les minorités et nommait deux officiers à l'ambassade pour travailler sur ces questions. Depuis, les États-Unis multiplient les programmes pour séduire nos jeunes issus de la diversité et déverser de l’argent sur les banlieues françaises. Un porte-parole de l’ambassade le confirmait : « nous essayons, au travers de ces projets, d'identifier des dynamiques et des leaders, or la vitalité de la banlieue française s'y prête. ».
L’article de Thomas Poupeau évoquait ce soldat américain déguisé en Père Noël qui, accompagné de Marines en uniforme, distribue chaque année des cadeaux à des enfants de Seine-Saint-Denis. A côté de l’oncle Sam de Noel, on apprend que des diplomates viennent faire des discours dans les universités du 93, qu’on envoie des artistes faire des concerts et qu’on déverse çà et là de 20 000 dollars à 100 000 dollars pour soutenir divers projets.
Sylvester Stallone a ainsi pu sillonner le 93 en 2010 – ce que révèle un article du Point intitulé « Les États-Unis à la conquête des banlieues françaises ». Avant lui, Samuel L. Jackson avait pu expliquer sa vision de la condition noire et de la ségrégation raciale face à un parterre de lycéens attentifs. Rokhaya Diallo, interrogée par le journaliste, applaudissait la démarche.
Le projet jeunes ambassadeurs / En mars, le magazine « Phosphore » dédié aux 14-19 ans et diffusé dans tous les CDI de France consacrait sa couverture à ces « lycéens qui découvrent l’Amérique. ». Nos « minorités » bénéficient en effet du programme « Jeunes ambassadeurs » qui, depuis dix ans, effectue un rigoureux casting destiné à envoyer des gamins engagés dans des associations découvrir les States. Ils y rencontrent des diplomates, des directeurs d’université prestigieuse, parlent de politique étrangère et du rôle de la culture dans les quartiers.
C’est grâce à un programme similaire – le Ful Bright - qu’en 2018, Mourad Chalal, coordinateur des centres sociaux d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, a pu décrocher une bourse de 15 000 dollars afin de passer 5 mois à New York pour étudier leurs pratiques sociales afin de les adapter dans le 93.
Ces projets soutenus par l’ambassade américaine rejoignent les aspirations d’un Majid El Jarroudi, un entrepreneur français, qui a fondé l’Agence pour la Diversité, et voit dans le 93 un « département monde », connectés avec tous les pays, et dont le multiculturalisme est un atout qu’il faudrait encourager pour booster l’économie française.
Passé à En Marche, Majid El Jarroudi eut l’oreille d’Emmanuel Macron qui, en septembre 2017, vantait le « territoire le plus jeune et le plus innovant de France ». Les investissements massifs - chiffrés en milliards - qui doivent avoir lieu pour les Jeux Olympiques découlent de cette conception d’un territoire que l’on rêve une enclave américaine à côté de Paris. En mai 2018, La Croix s’enthousiasmait avec Macron qui, lorsqu’il annonça ses mesures en faveur des quartiers prioritaires, révéla que la banlieue serait une zone test de la fameuse start-up nation.
Les ambitions françaises rejoignent celles des investissements américains. C’est ainsi que la banque d’affaire américaine JP Morgan va investir 30 millions de dollars sur cinq ans dans les quartiers populaires d’Île-de-France - 26 pour le seul 93 /
La nouvelle avait fait l’objet d’un article dans Marianne en janvier 2019 signé d’Erwan Seznec. On y apprenait qu’il existe un programme baptisé Advancing Cities, doté de 500 millions dollars, et qui permettait à la banque de faciliter l’accès des quartiers populaires aux opportunités économiques. Les investissements de JP Morgan bénéficient notamment à Mozaïk RH, un cabinet de recrutement créé par le français Saïd Hammouche et destiné à faire des jeunes de banlieues des startupers à l’américaine.
Parallèlement à ces investissements américains qui viennent en appui de la politique économique de LREM, les États-Unis continuent leur travail d’influence.
L’ambassade organise ainsi des déplacements officiels de différents acteurs des banlieues qu’il s’agit alors de rassembler en des « délégations » pour aller leur faire rencontrer différents acteurs de la vie américaine. En octobre dernier, une délégation d'acteurs culturels de Saint-Denis s'est déplacée à Oakland, en banlieue de San Francisco. Le lycée Suger de Saint-Denis, qui avait fait l’actualité en 2017 pour de violentes émeutes, reçoit régulièrement la visite de diplomates venus présenter des sujets typiquement US. En février, l’ambassade offrait à l’académie de Créteil un voyage d’étude dans l’Utah pour permettre aux équipes éducatives d’aller observer leur système scolaire.
Le secteur éducatif n’est qu’une cible parmi d’autres, la culture des communautés est également un objectif.
Sur le budget de 30 millions de dollars que JP Morgan va investir en banlieues, 150 000 € ont bénéficié au Conseil Représentatif des Association Noires. Uzra Zeya, l’ambassadeur des Etats-Unis en France est invité au repas de l'Iftar — rupture du jeûne du Ramadan — à la grande mosquée de Paris, où il rencontre alors le ministre des cultes. Des Iftar sont également organisés à l’ambassade américaine ; tel celui du 9 juin 2017. C’est l’occasion pour les Etats-Unis de mettre en valeur certaines associations qu’ils soutiennent, comme les Scouts Musulmans de France. Eric Schirmacher, de l'association Villes des musiques du monde, basée à Aubervilliers, a pu emmener 30 ados d'Aulnay et La Courneuve peaufiner leur jazz à la Nouvelle Orléans ; ceci grâce à l'ambassade et un don de 25 000 dollars. Dans le huitième, l’ambassade accueille ainsi régulièrement une foule d’associatifs des quartiers que, quelques mètres plus loin, l’Élysée n’invite jamais. Le maire de Sevran y fut aussi un hôte régulier. Enfin, l’ambassade applaudit régulièrement sur twitter les bons élèves qu’elle forme.
 
C’est tout simplement de l’ingérence dans nos affaires intérieures /
Argent, coteries, programmes, investissement, rencontres... les américains ne peuvent pas se permettre de bombarder la Syrie sans avoir une bonne image dans les banlieues. Ils préfèrent investir et soigner l’image de la Maison Blanche. Ne se cachant pas de voir le 93 comme un territoire musulman, ils ont décidé, à la suite du ‪11 septembre, d’en faire un territoire à conquérir.
Plus de dix ans après, les États-Unis récoltent les fruits de leurs investissements. Camelia Jordana chante un slogan des Black Panthers dans une manifestation parisienne, des jeunes français s’agenouillent et s’approprient les slogans américains, nos intellectuels de gauche s’engouffrent dans les concepts d’importation comme celui de l’appropriation culturelle, du privilège blanc, de la blanchité, du blackface et la commune libre de Tolbiac a voulu importer Evergreen au cœur du 13e arrondissement.
JP Morgan et la startup nation furent les chevaux de Troie de l’oncle Sam. Ce que la république française y perd de son modèle, la CIA y gagne. Nous n’avons plus qu’à dire au revoir à notre modèle républicain et bonjour au séparatisme ethnique des États-Unis.
Tag(s) : #Etats-Unis Seine StDenis
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :