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Dix-sept postiers des Alpes-de-Haute-Provence sont menacés de mise à pied par leur direction. Celle-ci leur reproche d’avoir pris part en décembre dernier au blocage de leur site. Ils sont actuellement entendus en conseil de discipline.

La répression patronale a décidément de beaux jours devant elle. Cette fois-ci, c’est au tour de postiers de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) d’en faire les frais. Alors qu’ils ont été érigés en héros au plus fort de l’épidémie, en continuant à travailler pour acheminer courrier et colis, dix-sept d’entre eux sont menacés de sanction par leur direction.

Leur tort ?

Avoir tenu un piquet de grève contre un projet de réorganisation de la branche courrier de la Poste, au même moment que les mobilisations contre le projet de réforme des retraites. Leur direction les accuse d’avoir activement pris part au blocage de leur site.

Pourtant, selon les syndicats, l’initiative de l’action serait venue de manifestants extérieurs - gilets jaunes, militants syndicaux et associatifs - en signe de solidarité aux postiers. « La direction de la Poste a mandaté un huissier de justice pour constater les faits et a décidé de porter plainte contre les postiers en grève alors même que l’huissier avait noté que ceux-ci ne prenaient pas part au blocage. Un juge a également ordonné à quatorze de ces facteurs de faire cesser le blocage sous peine d’astreintes, alors qu’ils n’avaient rien à voir dans tout ça », résume, amer, Yann Remlé, délégué syndical SUD PTT 13.

Inter

Une fois le blocage terminé, les postiers grévistes de Digne-les-Bains n’étaient pas encore au bout de leurs peines. Dix-sept d’entre eux ont en effet reçu une convocation à comparaître devant un conseil de discipline en mars. Après avoir été reportées à cause de l’épidémie, les audiences se tiennent en ce moment même à Avignon, les postiers étant entendus à la chaîne. « On avait espoir pendant un moment qu’après avoir salué ses agents comme des héros de la crise, la Poste abandonnerait les convocations, mais non… », déplore Yann Remlé. « À l’origine, quatre personnes devaient passer en audience par jour entre le 22 et le 28 juillet.

Finalement, elles sont beaucoup plus longues que prévu, il est probable que cela prenne du retard, peut-être même durer jusqu’à fin août », observe-t-il. Sauf si la direction de la Poste se rend enfin compte que les griefs retenus contre les postiers ne tiennent pas la route, espère le syndicaliste.

Alors qu’elle requérait initialement quinze jours de mise à pied sans maintien du salaire, la direction s’est finalement ravisée pour les premiers postiers entendus en audience, mercredi dernier. « La Poste n’a demandé que sept jours de mise à pied pour la première personne qui a comparu. Jeudi, un autre facteur n’était même pas cité dans l’ordonnance, ce qui a conduit la direction à abandonner toute idée de sanction contre lui », explique Yann Remlé. La preuve pour lui qu’aucun élément tangible ne peut être retenu contre les postiers. En effet, parmi les personnes convoquées compte notamment… une postière en congé maternité au moment du blocage. Celle-ci, non-gréviste, était simplement venue témoigner son soutien à ses collègues au piquet de grève.

Pour les syndicats, la Poste tente par cette « mascarade scandaleuse » de faire taire toute forme de contestation et de faire passer un message de fermeté, alors que de nombreux emplois sont mis en danger par le projet de réorganisation de l’entreprise. Un rassemblement de soutien s’est tenu jeudi dernier à Avignon devant le siège de la Poste pour demander l’arrêt des procédures disciplinaires à l’encontre des agents.

par  Marie Toulgoat ,

À Digne-les-Bains, la Poste sanctionne ses agents grévistes...Et la loi alors ?
Tag(s) : #Lutte de Classe, #Répression

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