Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Parti communiste et la colonisation au début des années 30 | Histoire et  analyse d'images et oeuvres Le Parti Communiste français - 5e partie : Le Front populaire |  lesmaterialistes.com

                NBH-pour-un-nouveau-bloc-historique.over-blog.com

-pour-un-nouveau-bloc- istorique

par ANTOINE MANESSIS

 

Classe contre classe et Front populaire sont deux mots d'ordre exprimant les stratégies mises en place par le mouvement communiste international alors organisé au sein du Komintern (l'Internationale Communiste-IC) autour de 1928 pour le premier puis à partir de 1935 pour le second.

Notons d'abord que ces choix sont l'objet de débats politiques intenses au sein de l'instance internationale et des partis communistes.

Préalablement encore, et même si le dire peut sembler évident, les circonstances historiques, la conjoncture économique (situation du capitalisme, perspectives révolutionnaires) déterminent ces choix et/ou leur abandon, les inflexions et les changements de cap. Comment ne pas constater que la crise du capitalisme (1929) ou les débuts de l'industrialisation en Russie entretiennent la croyance en une nouvelle vague révolutionnaire ?

Mais il faut souligner aussi que ces grandes orientations, la manière dont elles sont mises en oeuvre, sont aussi largement déterminées par les débats et les choix de la direction du parti soviétique qui aura de plus en plus de poids dans ces orientations stratégiques.

La politique de Front unique reste une référence théorique mais celle-ci est tellement délestée de toute consistance pratique qu'elle ne sert plus que de fétiche. Il est amusant d'ailleurs de constater qu'adversaires et partisans de la stratégie de Front populaire se référent tous au Front unique. Alors que le Front populaire est un saut qualitatif, qu'il n'est pas une simple déclinaison du Front unique mais une vraie innovation politique qui répond à une situation créée par la victoire du nazisme en 1933.

 

Adoubée par le VIe congrès de l'IC en 1928, la stratégie Classe contre classe s'épanouit les années suivantes, en particulier en Allemagne, portée par le KPD, le puissant et dynamique parti communiste allemand. Surtout, sa dynamique interne et les impulsions qu'elle reçoit de la part de la direction soviétique, de plus en plus décisives, vont dans le sens d'une accentuation de la lutte contre les "droitiers". Le fascisme, la social-démocratie ou l'intervention de l'Etat sont analysés comme signes d'affaiblissement du capitalisme et de façon à conforter l'idée qu'une nouvelle vague révolutionnaire est proche. Il s'agit donc de préparer les partis et leurs militants au choc.  La social-démocratie (surtout de gauche) est considérée comme l'obstacle principal à l'adhésion de la classe ouvrière à la révolution. C'est ainsi que naît le qualificatif de social-fasciste qui sera par la suite critiqué. Pour relayer ces positions, l'IC promeut et s'appuie sur des directions sectaires et dogmatiques : Barbé et Celor remplacent Pierre Sémard à la tête du PCF. Au KPD, Staline intervient en faveur d'Ernst Thälmann. Le pouvoir des Soviets est présenté comme la seule alternative au fascisme. C'est la défaite du mouvement ouvrier en Allemagne qui confirme l'échec de la ligne stratégique Classe contre classe.

Palmiro Togliatti, un des dirigeants de l'IC, raconte : "Il y avait peu de connaissances et d'évaluation des conditions concrètes de son propre pays et une tendance à proclamer de manière externe et superficielle sa volonté de "faire ce qui a été fait en Russie", sans comprendre ce que cela, dans chaque pays, pourrait et devrait signifier. La rupture avec l'opportunisme conduit facilement à des formes de sectarisme qui isolent les communistes, souvent peu nombreux, des grandes masses organisées en syndicats ou désorganisées. En effet, il y avait ceux qui ont théorisé cet isolement, disant qu'il s'agissait d'attendre que les masses "viennent à nous". Enfin, il y a ceux qui ont construit une doctrine de "l'offensive", selon laquelle une petite minorité, même isolée des masses, pourrait mener avec succès l'assaut contre la forteresse du pouvoir. L'incompréhension des revendications nationales était répandue : l'opinion était que, ayant ouvert une période révolutionnaire, les revendications démocratiques n'avaient plus de valeur" '(In Quelques problèmes dans l'histoire de l'Internationale communiste. Rinascita. Août 1959)

Seuls les petits bourgeois désorientés, les faux théoriciens pleins de prétentions peuvent refuser une critique du Classe contre classe. Cela ne veut évidemment pas dire que tout ce que les partis communistes ont fait durant cette période était erroné. Cela veut dire que les "conciliateurs", ceux qui veulent ménager la chèvre et le choux, manquent soit de lucidité, soit de courage. Il faut pouvoir dire, par exemple, que la définition de la social-démocratie comme social-fascisme fut une grave erreur, et que les conséquences politiques qui ont suivi étaient incorrectes voir catastrophiques. Un peu de clarté quand règne la confusion ne fait pas de mal.

La stratégie de Front populaire fut donc un virage à 180 degrés.

Prétendre concilier les deux lignes stratégiques, c'est nier l'aspect novateur du FP. Il ne s'agit pas d'idéaliser la stratégie du VIIe congrès de l'IC mais de saisir la place  de l'antifascisme, de l'unité d'action avec la social-démocratie, la défense des libertés démocratiques, la thématique républicaine (en France) et patriotique et la réinsertion du PC dans la vie nationale. Ce n'est pas rien. Sans compter que cette stratégie sera remise en mouvement durant l'occupation hitlérienne et à la Libération. 

Pourquoi cette question historique est-elle d'actualité ?

POUR LIRE LA SUITE
CLIQUEZ CI-DESSOUS 

Tag(s) : #Histoire