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 Là-bas si j'y suis

Août 2003 : une vague de chaleur exceptionnelle recouvre l’Europe. L’inaction des pouvoirs publics français et la passivité des médias en plein cœur des vacances coûtera la vie à 19 490 personnes cet été-là en France. La surmortalité est telle que les autorités sont contraintes de réquisitionner un entrepôt réfrigéré de Rungis pour le transformer en chambre mortuaire.

Cette crise sanitaire aurait dû être une première alerte devant un système de santé soumis à des critères de rentabilité et des contraintes budgétaires irréalistes, qui ne peut plus remplir son rôle. Il n’en a rien été, et on connaît la suite.

Le hasard veut que le journaliste Jean Stern ait passé l’été 2003 à l’hôpital Tenon, à Paris. Il y a vécu cette canicule au milieu d’un sytème hospitalier débordé : le patient qu’il était s’est retrouvé au milieu des vieilles personnes seules, frappées d’hyperthermie, abandonnées dans leur agonie.

En 2020, les soignants ont fait face à un tel afflux de malades Covid-19 que les places en réanimation ont manqué : il a fallu choisir, dans l’urgence, qui sauver. Et qui ne pas sauver. Et à nouveau, il a fallu avoir recours aux entrepôts de Rungis pour entreposer les corps autant victimes de la Covid que du cynisme méprisant des élites.

Un entretien de Jonathan Duong avec Jean Stern, auteur du livre Canicule. En souvenir de l’été 2003 (2020, Libertalia).

 

 

Tag(s) : #Santé
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