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Porte-parole de l'intersyndicale de Mecafi, Stéphane Le Bihan (à droite ici) annonce une grève illimitée à partir du 21 septembre.

Porte-parole de l'intersyndicale de Mecafi, Stéphane Le Bihan (à droite ici) annonce une grève illimitée à partir du 21 septembre.
© Anthony Floc'h

Lundi, les salariés de Mecafi Nexteam à Châtellerault, se sont lancés dans une grève reconductible face à la menace de suppression de 242 emplois sur les 500 que compte la filiale. Cette grève a été votée vendredi par les salariés, à la suite d’un comité d’entreprise extraordinaire, et s’accompagne aujourd’hui du blocage des trois sites de la production.

Licenciements dans l'aéronautique
 

Dans l’entreprise aéronautique, les salariés entendent bien faire pression sur leur direction alors que les syndicats discutent actuellement du plan de sauvegarde de l’emploi, qui doit se clore le 20 octobre. Lundi 20 juillet, les salariés de l’entreprise, avaient suspendu 242 croix en bois aux grilles de l’entreprise, action symbolique illustrant la mise en danger des 242 familles des salariés menacés de licenciement.

Pour l’intersyndicale CGT-CFDT, les conditions offertes par l’employeur sont inacceptables : des primes supra-légale à 0 euros, six mois de congés de reclassement alors qu’ils estiment qu’il en faudrait 12 à 17, mais également un nombre d’emplois sauvegardés bien en deçà des chiffres préconisés par le rapport de l’expert Secafi, qui défend la possibilité de la préservation de 86 postes quand seulement 13 sont prévues. Plus scandaleux encore, Stephane le Bihan, secrétaire syndical, avance que même si la filiale Mecafi pourrait être en difficulté financière, son groupe Nexteam lui se porte très bien.

En août, Nexteam avait annoncé aux Echos qu’un défaut de sécurité ainsi que la diminution des carnets de commande avec la crise du coronavirus avait entraîné « un arrêt total de la production des moteurs d’avion en France comme à l’international », ajoutant que ces deux crises successives avaient placé l’entreprise dans une situation critique. Pour Stéphane le Bihan, cette situation est due en partie à un mauvais choix de l’entreprise qui ne se serait pas diversifiée : « On est dépendant à 80 % d’un seul donneur d’ordre, Safran, et c’est dangereux. La direction n’a pas pris conscience qu’il y avait d’autres possibilités, notamment dans le naval ou le médical. »

La filière aéronautique tout entière est marquée par des attaques contre les travailleurs, par des licenciements ou des dégradations durables des conditions de travail par des accords de performance collective comme à AAA, Derichbourg Aéronautique Services ou encore dans les Ateliers de Haute Garonne. Les travailleurs ne doivent pas être la variable d’ajustement d’entreprises dont les choix montrent le mépris qu’elles ont pour leurs salariés. La 17 septembre,une rencontre des salariés de l’aéronautiquea eu lieu à la Bourse du Travail de Toulouse. Les salariés participants ont défendu la nécessité de se coordonner à l’échelle de l’ensemble du secteur. Ils entendent rompre avec l’isolement des salariés dans leur entreprise pour établir un rapport de force qui leur permettra, bien au-delà de négocier des contreparties dérisoires face aux licenciements, de revendiquer zéro baisse de salaire, zéro licenciement, et la transparence de l’entreprise sur ses livres de compte contre le chantage à la faillite. Si l’entreprise est si en difficulté, qu’elle ouvre ses comptes !

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Tag(s) : #Lutte de classes

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