Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ils étaient trois qui voulaient pas...

Groupuscule X, Y ou Z (il manquerait des lettres à l'alphabet pour les citer tous) ne se livre jamais à une véritable analyse critique de ses pratiques politique et organisationnelle. Comment ne pas penser à la campagne qui permit au PCF de surmonter une grave crise et de mobiliser les masses populaires dans un grand mouvement historique : "Pas de mannequins dans le parti !" , "Que les bouches s'ouvrent !". Cela n'existe pas chez groupuscule.

Groupuscule X,Y ou Z ne rend jamais compte de ses actions. Il annonce telle ou telle campagne, il annonce tel ou tel tractage, il annonce la présence de candidats à telle ou telle élection, il annonce telle ou telle pétition. Et puis plus rien. Aucun bilan critique (et encore moins auto-critique). Régulièrement telle ou telle action remplace la précédente etc.  mais sans jamais faire le bilan qui serait connu des militants et qui confronterait les résultats réels aux objectifs annoncés. On pourrait penser que la réalité est telle, que le bilan serait tellement médiocre ou insignifiant, que groupuscule ne peut supporter une telle confrontation avec les faits trop têtus, comme disait l'autre. 

Groupuscule X, Y ou Z débite le rôle du journal selon l' Evangile de Saint Vladimir mais jamais il ne confronte la réalité à cette définition. Cela voudrait dire constater l'inanité d'affirmation dépourvue de toute traduction concrète. Et prendre un poussiéreux  bulletin paroissial ignoré de tous pour l'Iskra.

Groupuscule X, Y ou Z a l'habitude, pour cacher (à lui-même) son insignifiance, de se coller aux initiatives des autres, de déployer 1 banderole, 4 drapeaux et 15 militants en se proclamant avant-garde en construction. Groupuscule est grand fan de la méthode du Docteur Coué. Très amateur de photos "à la soviétique" qui camouflent ce qu'il ne faut pas voir en particulier les salles vides, les manifs et rassemblements qui deviennent des "prises de parole symboliques" pour éviter l'exhibition de l'asthénie de groupuscule. 

Groupuscule X, Y ou Z ignore ce que Lénine appelait "l'âme vivante du marxisme : l'analyse concrète de la situation concrète". Puisqu'il s'agit de la découverte du réel, avec ses contradictions, ce que groupuscule déteste plus que tout au monde. Il a sa théorie. Qu'on l'applique. Cette attitude est la négation pure et simple de "l'analyse concrète". Rien de plus anti-marxiste et anti-léniniste. Se mettre à l'écoute des masses et donc de ce qui change est impossible pour groupuscule car pour lui ce sont les masses qui doivent l'écouter. Or comme les masses ne savent pas qu'il existe, les choses ne vont pas bien loin...

Groupuscule X, Y ou Z se voit comme une forteresse. Forteresse assiégée par l'ennemi qui d'ailleurs parvient régulièrement à y infiltrer ses agents. Forteresse menacée d'interdiction, fantasme qui valorise le moustique qui se croit la cible de la Bombe H. Forteresse où il s'enferme pour échapper à la réalité. Ce faisant groupuscule s'isole encore plus. Et finit par prendre ses désirs pour une réalité alternative. Ce qui explique que groupuscule n'évolue pas, qu'il stagne et finisse donc par disparaître sans que personne ne s'en rende même compte.

Groupuscule X, Y ou Z se pose en organisation de la classe ouvrière. Mais en ce domaine comme dans les autres affirmer n'est pas démontrer. Quand on connaît groupuscule on sait qu'il faut une grosse loupe ou même un microscope  pour repérer des ouvriers. Comme dans la tradition social-démocrate ce sont les profs et les petits-bourgeois qui dirigent, camouflant avec des mots théoriques creux et faux leur mépris bien réel pour les ouvriers. Groupuscule, qui adore les mots qui cachent les faits,  aime se référer à la bolchevisation oubliant qu'elle signifia surtout que les directions de l'organisation communiste passe aux mains des ouvriers. Et que les cellules d'entreprise étaient centrales dans la vie de l'organisation. Si vous voulez taquiner groupuscule, et si vous parvenez à le voir, demandez lui combien de cellules d'entreprise compte son organisation?

Groupuscule X, Y ou Z connaît avec ses homologues une succession de polémiques virulentes et de phases de réconciliation qui se succèdent comme les vagues sur le rivage. Groupuscules  débattent entre eux comme s'ils étaient de grandes organisations, comme
si ces incessantes polémiques avaient un sens. On s'envoie à la figure des accusations de
"menchévisme", "opportunisme", "Gauchisme" ou autres noms d'oiseaux , comme si l'utilisation de tels mots avaient le pouvoir magique de donner un peu de lustre à des comportements lilliputiens sans portée sur le réel politique ou social.

Groupuscule X, Y ou Z,  privé d'action sur le réel, sur les réalités sociales, politiques et idéologiques, sans audience de masse produit des... textes. C'est une constante dans les groupes déconnectés du "vrai monde et des vrais gens". Textes forcément longs et répétitifs, textes surtout que personne ne lit même dans l'organisation.

Groupuscule X, Y ou Z réagit à toute proposition de changement comme une mise en cause des petits chefs. Avec ce qu'il y a de pire dans notre histoire : insultes paléolithiques, amalgames, religiosité et pour couronner le tout attaques personnelles où l'on discrédite, rabaisse et condamne les "camarades" en voie d'excommunication. C'est avec des procédés de ce genre qu'on forge l'unité de groupuscule. Et cela sans débat démocratique, les conclusions étant données avant la discussion parfaitement encadrée par la direction.
 

Que conclure? Clairement que groupuscule X, Y ou Z ne sera pas la solution à la construction d'une alternative progressiste dans ce pays, à l'expression politique autonome et à l'organisation des prolétaires. Et que l' état d'esprit et les comportements de groupuscule sont nuisibles et caducs. Il faudrait au contraire proposer une critique et une réforme de l'organisation sans fétichisme obsolète, avec des formes nouvelles et inédites, "les yeux ouverts en grand sur le réel".

Répétons Pier Paolo Pasolini "faut toujours parler et agir en fonction du concret" et ne jamais devenir "l’ennemi de la réalité".

 

Antoine Manessis.

Tag(s) : #Opinions
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :